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 "Comme la chienne" de Louise Chennevrière, "Les Pierres" de Claudio Morandini © Electre

Littérature : Les Pierres, "un drame social et surréaliste"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute littéraire : "Comme la chienne" de Louise Chennevrière, "Les Pierres" de Claudio Morandini et Le Petit Salon de Jean-Christophe Brianchon. Enfin, un coup de coeur de François Angelier pour "Les Intellectuels français et la Guerre d'Espagne" de Pierre-Frédéric Charpentier

 "Comme la chienne" de Louise Chennevrière, "Les Pierres" de Claudio Morandini © Electre
"Comme la chienne" de Louise Chennevrière, "Les Pierres" de Claudio Morandini © Electre

"Comme la chienne" de Louise Chennevière (P.O.L)

"Comme la chienne" de Louise Chennevière © Electre
"Comme la chienne" de Louise Chennevière © Electre

Présentation de la maison d'édition : « La destinée de la femme est d’être comme la chienne, comme la louve : elle doit appartenir à tous ceux qui veulent d’elle. » (Sade, La philosophie dans le boudoir).

Une femme parle. Elle accuse. Elle raconte. Elle prend la voix de plusieurs femmes. Récit fragmenté, éclaté comme les mille images entre lesquelles est tiraillé le corps de la femme. Chaque récit est un instant arraché à l’intime, une voix sauvée du silence, ce silence qui est l’histoire des femmes. Ce texte est une tentative de faire entrer par effraction dans la parole ce qui en a été toujours exclu, dire l’immense violence et les infimes douleurs. Et comment cet intime, le corps, la honte, appartient toujours déjà au monde, par les fantasmes, les discours et toutes les violences qui l’ont façonné et qui le hantent.

L'avis des critiques : 

J’ai compris le geste littéraire et la nécessité pour cette autrice d'écrire ce livre. On sent une véritable sincérité. Mais cela a été une lecture douloureuse. Clémence Pouletty 

Elle écrit bien, ses phrases sont belles, les mots sont choisis, c’est toujours très émouvant. (…) Mais le fait de ne pas s’ancrer dans une histoire de femme nous emmène dans une sorte d’exercice de style. Jean-Christophe Brianchon

On a l’impression que c’est un enchaînement de cauchemars, d'hallucinations, de visions, d’angoisses qui s’incarnent à chaque fois dans un aspect particulier des turpitudes féminines. (…) Une fois le livre terminé, cette espèce de tournoiement retombe même si les phrases sont belles et que c’est assez virtuose. François Angelier

“Les Pierres” de Claudio Morandini (Anacharsis)

“Les Pierres” de Claudio Morandini © Electre
“Les Pierres” de Claudio Morandini © Electre

Traduit de l’italien par Laura Brignon

Présentation de la maison d'édition : Dans un pays de montagnes, les habitants des villages jumeaux de Sostigno (en bas) et Testagno (en haut) sont confrontés à un phénomène étrange : les pierres, rocs, cailloux, gravillons et autres galets de rivière se meuvent de par une volonté qui leur semble propre. Non sans malice parfois, ou suivant la logique énigmatique d’un aléatoire complet, les mouvements et apparitions inopinées des pierres ont chamboulé de fond en comble le monde des villageois.

Afin de conjurer leurs angoisses, ils tentent de remonter à la source du mystère.
Une fable qui n’est pas sans évoquer Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock, parcourue d’un humour féroce et traversée par l’inquiétude sourde de toute société face au surgissement de l’inexplicable.

L'avis des critiques :

J’ai lu ce livre comme une espèce de petit conte. J’ai eu l’impression qu’on me racontait une histoire, une légende de village. C’était un peu régressif, un petit peu enfantin (…) J’ai passé un très bon moment en le lisant. Clémence Pouletty 

C’est à la fois un humour qui se développe mais aussi un drame social et surréaliste où l’auteur marche toujours sur un fil sans jamais en tomber. (...) C’est assez rare d’avoir un auteur qui prend autant de plaisir et nous donne autant de plaisir à faire vraiment de la littérature. Jean-Christophe Brianchon 

C’est un roman qu’on fait un peu jouer comme on fait jouer une boîte à musique. Il y a une espèce de narration parfaite très agréable. François Angelier 

LE COUP DE COEUR DE FRANCOIS ANGELIER : "Une guerre civile par procuration : les Intellectuels français et la Guerre d'Espagne" de Pierre-Frédéric Charpentier aux éditions du Félin

"Une guerre civile par procuration : les Intellectuels français et la Guerre d'Espagne" de Pierre-Frédéric Charpentier © Electre
"Une guerre civile par procuration : les Intellectuels français et la Guerre d'Espagne" de Pierre-Frédéric Charpentier © Electre

Présentation officielle : Une réflexion consacrée à l'attitude des penseurs, écrivains et journalistes français engagés lors de la guerre civile espagnole. Sujet d'un vif débat, le conflit agite la vie intellectuelle française des deux côtés de l'échiquier politique à l'heure où la notoriété internationale des intellectuels français atteint des sommets.

C’est un livre qui synthétise en suivant de manière très précise et très rigoureuse toute la chronologie mois par mois de tout ce que les intellectuels français ont investi d’énergie, de fureur politique, de passion intellectuelle et de génie littéraire dans cet évènement. On a là un portrait précis, rigoureux, factuel, chronologique et très ouvert. François Angelier 

LE PETIT SALON DE JEAN-CHRISTOPHE BRIANCHON : la littérature peut-elle encore transgresser ?

"White" (Crédits : Robert Laffont) et Bret Easton Ellis ( Crédits : Casey Nelson)
"White" (Crédits : Robert Laffont) et Bret Easton Ellis ( Crédits : Casey Nelson)

Pour transgresser il faut qu’il y ait encore des frontières reconnues et gardées. Aujourd’hui, vous ne trouveriez aucun auteur qui serait le gardien de la frontière de la bienséance, d’une espèce de dignité culturelle. On est dans une sorte de tout transgressif, ce qui est totalement aberrant. On arrive à une sorte de littérature qui s’arrondit, végète et qui sommeille. Le travail de la forme devient de plus en plus plat malgré que beaucoup d’auteurs veulent nous communiquer cette impression qu’ils ont écrit avec leurs tripes. François Angelier 

Le tout transgressif prévaut maintenant. Nous ne pouvons pas être choqué par quoi que ce soit puisque tout est possible. Une fois que l’on a pu dire tout ce que l’on souhaite, tout a été plus ou moins été dit sur la réalité de nos vies. Continuer d’essayer à transgresser par le fond et non par la forme est, selon moi, chose un peu vaine. Jean-Christophe Brianchon 

La tâche de transgresser la littérature est complexe. Beaucoup de transgressions ont été faites. Arnaud Laporte

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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