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Littérature: Crâne chaud et Easter Parade

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la littérature traitera l'actualité littéraire avec les critiques suivants:

- Nathalie Crom (Télérama)- Raphaël Sorin (Libération)- Emily Barnett (Les Inrockuptibles)sur les romans suivants:

- Crâne chaud , Nathalie Quintane (POL) Raphaël Sorin: Ce livre m’a beaucoup amusé. C’est de la pornographie joyeuse. Elle parle de sexe de façon ludique et non culpabilisante. C’est culotté.

Emily Barnett:

Où veut en venir l’auteur ?

Ce roman dissimule son handicap, une absence totale de sujet à l’intérieur d’un emballage poétique.

Ce livre me donne le sentiment de passer du coq à l’âne sans l’ériger en esthétique. On est face à une écrivaine qui se regarde écrire.

Nathalie Crom:

Je trouve ce livre extrêmement amusant. Mais je me demande si ce n’est pas simplement malin. Qu’est ce que je tire intellectuellement de cette lecture ? Je ne suis pas sûr d’aimer plus que ça …

Arnaud Laporte: Nathalie Quintane écrit des livres extrêmement stimulants, aussi bien intellectuellement qu’artistiquement, mais aussi socialement. Je ressens une grande jubilation intellectuelle à sa lecture.

- Menteurs amoureux , Richard Yates (Robert Laffont) Raphaël Sorin:

Ces nouvelles me font penser au cinéma et particulièrement au film « The Swimmer » de Frank Perry (1968).

Malgré la non-singularité des thèmes, la construction et son talent littéraire sont originaux.

Chez lui, le paysage américain a l’air fermé, sans ouverture, ni ligne de fuite.

Emily Barnett:

Richard Yates est entre la désillusion et la posture quasi entomologiste. Ces nouvelles retracent la vie de l’écrivain fracassé que représente Richard Yates. Cela rend le livre particulièrement attachant.

Ce qui est toujours étonnant, c’est ces personnages qui acceptent cet état de fait. C’est un écrivain de la solitude. Il adopte un regard acéré sur la classe moyenne américaine et rentre dans la matière et le vie politique américaine.

Nathalie Crom:

En lisant ces nouvelles, on ne ressent jamais de frustration. La notion de bonheur n’existe par chez Richard Yates. Il y a une incommunicabilité totale. La solitude, c’est son thème. Ce sont des histoires intimes qui tirent vers la solitude intrinsèque de l’être humain, presque métaphysique.

Arnaud Laporte: Il y a une force implacable du récit chez Richard Yates, chaque mot semblant si précisément choisi pour en dire le plus possible avec le moins d’effet possible.

Les coups de coeurs:

Raphaël Sorin:

- Paris 1926 , Ludwig Hohl (Attila) Ludwig Hohl a été révélé dans les années 1980. Ce livre est un journal inédit jamais publié de son vivant.

Il nous présente un Paris de la prostitution, de la misère avec un côté presque expressionniste.

Il a une vision hallucinée de Paris qui est très forte. Il est poignant.

Nathalie Crom:

- Lettres de 1897 à 1949 , Robert Walser (Zoé) C’est un écrivain majeur admiré de son vivant. Il a donné 4 romans, des centaines de poèmes et des milliers de petites proses.

Cette correspondance dessine l’autoportrait de Walser. C’est une très belle édition.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot Et le coup de fil de Seham Boutata à Gaëlle Pairel , coordinatrice communication de la Fédération des cafés-librairies de Bretagne à l'occasion du Festival Les Singularités du 29 octobre au 1er décembre.

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