LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
en haut : "Le Chant des revenants" de Jesmyn Ward (© Jesmimi). au milieu : Sasha Marianna Salzmann, auteure de "Hors de soi" (© Don Manfredo) et "Dans le faisceau des vivants" de Valérie Zenatti. en bas : "Carnets" de Goliarda Sapienza

Littérature : Le Chant des revenants, "un texte entre poésie et sordide"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute, nous évoquons la relation entre Valérie Zenatti et le romancier Aharon Appelfeld, dans "Le faisceau des vivants". Il est également question des "Carnets" de Goliarda Sapienza et du livre "Le Chant des revenants" de la double lauréate du National Book Award, Jesmyn Ward.

en haut : "Le Chant des revenants" de Jesmyn Ward (© Jesmimi). au milieu : Sasha Marianna Salzmann, auteure de "Hors de soi" (© Don Manfredo) et "Dans le faisceau des vivants" de Valérie Zenatti. en bas : "Carnets" de Goliarda Sapienza
en haut : "Le Chant des revenants" de Jesmyn Ward (© Jesmimi). au milieu : Sasha Marianna Salzmann, auteure de "Hors de soi" (© Don Manfredo) et "Dans le faisceau des vivants" de Valérie Zenatti. en bas : "Carnets" de Goliarda Sapienza

"Dans le faisceau des vivants" de Valérie Zenatti (Editions de l'Olivier)

"Dans le faisceau des vivants" de Valérie Zenatti (Editions de l'Olivier)
"Dans le faisceau des vivants" de Valérie Zenatti (Editions de l'Olivier) Crédits : Electre

Présentation de la maison d'édition : Leur relation n’était pas seulement celle d’un romancier et de sa traductrice, c’était aussi celle de deux amis qui se parlaient sans cesse.

De quoi parlaient-ils ? D’écriture, de langues, d’amour, d’animalité, d’enfance. De la terreur d’être traqué.  Ils partageaient également quelques silences. Lorsqu’il disparaît en janvier 2018, la jeune femme ne peut se résoudre à perdre cette voix dont l’écho résonne si puissamment en elle. Après un temps de sidération, elle cherche à la retrouver, par tous les moyens. Sa quête la conduira jusqu’en Ukraine, à Czernowitz, la ville natale de l’écrivain. Il pourra alors prendre sa place, dans le faisceau des vivants.

C’est un récit de deuil mais il serait dommage de le restreindre à cette définition. Ce texte est bouleversant et tonique, incroyablement vivifiant. C’est un roman de gratitude et un récit d’apprentissage. Ce livre est tissé autant dans la mort que dans la vie et tant dans les mots de Valérie Zennati que ceux d'Aharon Appelfeld. Raphaëlle Leyris

J'ai été très impressionné par ce livre qui transforme la mort et la vie. C’est une biographie idéale car cela n'en n'a pas la forme. C’est vu par le prisme de l’intime, de l’amour et de l’osmose entre Valérie Zenatti et Aharon Appelfeld. Cela permet de redécouvrir l’auteur et l’homme, amoureux de la vie et de l’humanité. Philippe Chevilley

C’est un livre éclairant et lumineux sur Aharon Appelfeld. Cette histoire de femme privée d’un être très cher est presque une lettre d’amour.  Ce roman est beau, troublant, émouvant et également extrêmement instructif sur Aharon Appelfeld. Arnaud Laporte

"Carnets" de Goliarda Sapienza (Le Tripode)

"Carnets" de Goliarda Sapienza (Le Tripode)
"Carnets" de Goliarda Sapienza (Le Tripode) Crédits : Electre

Traduction : Nathalie Castagné

Présentation de la maison d'édition : En 1976, Goliarda Sapienza en a fini avec l’écriture de L’Art de la joie : dix ans de sa vie viennent de trouver leur conclusion. Réduite à une grande précarité financière, l’écrivaine ressort de cette aventure épuisée.

Commence alors pour elle, tout d’abord de façon anodine, le projet d’écrire au fil des jours ses pensées dans un carnet. Ce qu’elle ignore, c’est qu’elle poursuivra ce projet durant vingt ans, jusqu’à sa mort en 1996, remplissant ainsi près de 8 000 pages réparties sur plus d’une quarantaine de carnets.

Et c’est un chemin de vie, fuyant l’arrogance des certitudes, qu’elle choisit d’emprunter et que l’on voit se dessiner au gré des pages, à mille lieues de toute sensiblerie : « Si tu ne travailles pas, ça veut dire que tu es une conne comme tant d’autres, qui lisent des choses, en tirent des idées de vie positives et puis n’en font rien. Et toi, Goliarda, l’histoire de Modesta, tu l’as lue, ou pas ? Apprends d’elle, et suis ton chemin. » (Carnets, janvier 1979)

Ces Carnets débordent de vie et d’énergie. Il y a quelque chose de très pulsatil dans sa langue et sa voix est extrêmement singulière. Je crois que, lorsqu’on a lu Sapienza une fois, on ne cherche qu’à renouveler l’enchantement que procure cette lecture. Ce livre déborde de soleil, de chaleur et de sensualité. Elisabeth Philippe

J’ai été conquis par ce livre. La réflexion politique est passionnante, et tout ce qu’elle peut dire sur l’amour ainsi que sur l’homosexualité masculine et féminine est très intéressant. Phillipe Chevilley

"Le Chant des revenants" de Jesmyn Ward (Belfond)

"Le Chant des revenants" de Jesmyn Ward (Belfond)
"Le Chant des revenants" de Jesmyn Ward (Belfond) Crédits : Electre

Traduction : Charles Recoursé

Présentation de la maison d'édition : Jojo n’a que treize ans mais c’est déjà l’homme de la maison. Son grand-père lui a tout appris : nourrir les animaux de la ferme, s’occuper de sa grand-mère malade, écouter les histoires, veiller sur sa petite sœur Kayla. De son autre famille, Jojo ne sait pas grand-chose. Ces blancs n’ont jamais accepté que leur fils fasse des enfants à une noire. Quant à son père, Michael, Jojo le connaît peu, d’autant qu’il purge une peine au pénitencier d’État. Et puis il y a Leonie, sa mère. Qui n’avait que dix-sept ans quand elle est tombée enceinte de lui. Qui aimerait être une meilleure mère mais qui cherche l’apaisement dans le crack, peut-être pour retrouver son frère, tué alors qu’il n’était qu’adolescent. Et puis il y a Leonie, sa mère. Qui n’avait que dix-sept ans quand elle est tombée enceinte de lui. Qui aimerait être une meilleure mère mais qui cherche l’apaisement dans le crack, peut-être pour retrouver son frère, tué alors qu’il n’était qu’adolescent.

C’est un roman que j’ai trouvé impressionnant parce qu’il mélange la force et la grâce dans des proportions très réussies. La poésie et le sordide, la magie et le réalisme social cohabitent très bien dans le texte. Et ce roman, d’une noirceur terrible, ménage toutefois des interstices à la lumière. Raphaëlle Leyris

Cette façon de superposer les temporalités m’a rappelé le film « Get Out » de Jordan Peele. J'ai toutefois des réserves. Il y a certes une efficacité narrative indéniable mais on sent aussi trop le travail et les effets. La symbolique est souvent un peu surlignée. Bien que cela n’enlève rien à la beauté du texte, tout cela est un petit peu appuyé. Elisabeth Philippe

C’est une vision saisissante du Deep South qui nous ait offerte par Jesmyn Ward. Le roman brasse aussi bien les problèmes sociaux d’aujourd’hui que le passé. C’est un récit très riche, narratif, romanesque mais pas à l’eau de rose. On a tout d’un best-seller américain mais cette dimension d’écriture et de force du propos en fait vraiment un roman qui sort du lot. Philippe Chevilley

Je suis resté complètement à l’extérieur. Il y a un parler faussement enfantin et gouailleur dans les différentes voix du récit. Je ne sais pas si la langue de Jesmyn se prête à une traduction. J’ai lu qu’on la tenait pour l’héritière de Toni Morrison et les bras m’en tombent. Il y a certes une efficacité mais beaucoup de choses m’ont empêché d’entrer dans la vie de ses personnages. Arnaud Laporte

>> LE COUP DE CŒUR DE RAPHAËLLE LEYRIS : "Hors de soi" de Sasha Marianna Salzmann (Grasset)

"Hors de soi" de Sasha Marianna Salzmann (Grasset)
"Hors de soi" de Sasha Marianna Salzmann (Grasset) Crédits : Electre

Traduction : Claire de Oliveira

Présentation de la maison d'édition : Alissa part à la recherche d’Anton, son frère jumeau disparu. Comme seul indice, une carte postale envoyée d’Istanbul. Elle a déjà abandonné ses études de mathématiques pour se consacrer à la boxe, et rien ne la retient plus à Berlin. Elle débute son enquête dans les lieux interlopes de la métropole turque, se cherchant elle-même autant que ce frère avec qui elle a grandi dans un minuscule appartement à Moscou, juste après la chute du régime soviétique.

Si la famille a réussi à émigrer en Allemagne, son périple avait commencé dans les années 1920 à Odessa, avant de les conduire à Czernowicz, Volgograd, puis Moscou. Les histoires d'amour, de rencontres fortuites ou de mariages arrangés traversent quatre générations d’une famille marquée par la guerre et l’antisémitisme, mais aussi l’alcool et la violence – un héritage complexe et des questions laissées sans réponse pour Alissa, hantée par l’absence de ce frère mal aimé. C’est donc dans une ville tentaculaire secouée par une violence politique inédite – les événements de la place Taksim – qu’Alissa se plonge dans le passé familial tout en s’interrogeant sur la femme qu’elle est, sur la culture qu’elle porte en héritage et sur les contours d’un avenir encore incertain. Chronique familiale autant que roman de formation, Hors de soi est un livre irrigué par une langue puissante, un texte d’une grande modernité.

Ce premier livre lorgne le roman russe mais sur un mode très déjanté et sans excès de respect pour son modèle. Il emprunte beaucoup de routes connues du lecteur : la saga familiale et le roman générationnel. Mais il brouille astucieusement les pistes. C’est désarçonnant, passionnant et d’une grande maîtrise. C’est à mon avis une belle révélation. Raphaëlle Leyris

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......