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De gauche à droite : J-M Coetzee, Julia Deck, Eric Chevillard

Littérature : "Il fait partie de ces écrivains qui pensent que le sommet de la littérature est philosophique"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, littérature de l'espionnage avec "Sigma" de Julia Deck, l'ironie mordante d'Eric Chevillard dans "Défense de Prosper Brouillon" et "L'éducation de Jésus" de J-M Coetzee.

De gauche à droite : J-M Coetzee, Julia Deck, Eric Chevillard
De gauche à droite : J-M Coetzee, Julia Deck, Eric Chevillard Crédits : Creative Commons, Minuit, Noir sur blanc

L'éducation de Jésus, John Maxwell Coetzee (Seuil)

Présentation de l'éditeur : Après Une enfance de Jésus, premier volet d’une suite romanesque, nous retrouvons, réfugiés anonymes dans la nouvelle ville d’Estrella, David et ses protecteurs, Simon et Inés.

David est un petit garçon de six ans précoce et indépendant, qui pose sans cesse des questions. Il apprend la langue, il se fait des amis. Le grand chien Bolívar veille sur lui.
Mais il faut scolariser l’enfant de plus en plus rétif à l’enseignement de Simon. Il entre alors à l’Académie de danse, où les élèves s’ébattent en chaussons dorés ; où la belle Ana Magdalena, ballerine, et son mari compositeur mêlent les nombres à la chorégraphie et à la musique pour créer une métaphysique inédite, qui séduit David et déconcerte Simon, les éloignant l’un de l’autre. Mais un événement violent met un terme abrupt à la scolarité du garçon et suscite en lui des questionnements sur ce que les adultes font aux adultes.

Cette fable allégorique envoûtante nous entraîne dans un univers étrange, dépouillé, parfois absurde et évocateur de celui d’un Samuel Beckett, où J. M. Coetzee explore ce que signifient grandir, apprendre, être parent, et le duel incessant entre esprit et émotion. Ici s’imposent une fois encore l’habileté étourdissante du styliste et la vision novatrice de l’intellectuel.

La simplicité linguistique confine à la platitude et rend la lecture fastidieuse. 

J'ai été déboussolée par ce conceptualisme creux et l'intertextualité biblique. Elisabeth Philippe

Ce livre m'a profondément ennuyé : c'est une écriture morne et vide. Coetzee fait partie de ces écrivains qui pensent que le sommet de la littérature est philosophique. Laurent Nunez

J'ai été séduit par cet espace-temps indéfini. Arnaud Laporte

C'est un roman abstrait dans ses grandes lignes et également très concret dans les sujets abordés. Philippe Chevilley

Couverture du livre
Couverture du livre Crédits : Seuil

Sigma, Julia Deck (Minuit)

Présentation de l'éditeur : 

Messieurs,

Vous avez confié à notre Organisation le soin de lutter contre les œuvres indésirables. Quand il est impossible de les éliminer à la source, nous les faisons entrer dans des musées, où leur potentiel de nuisance s'épuise de lui-même. Aucune pièce majeure n'échappe à notre vigilance.

Nous apprenons aujourd'hui qu'une œuvre disparue du peintre Konrad Kessler referait surface aux alentours de Genève. La fâcheuse influence de cet artiste n'étant plus à démontrer, notre bureau suisse déploie immédiatement ses agents auprès de toutes les parties prenantes – galeriste, collectionneur, banquier, scientifique – afin de mettre hors de nuire le tableau.

Sigma, New York, le 31 mars

C'est un roman d'espionnage décalé et intéressant dans sa forme. Philippe Chevilley

C'est un livre qui place la subversion au cœur du récit mais qui demeure un peu trop sage. Elisabeth Philippe

Couverture du livre
Couverture du livre Crédits : Minuit

Défense de Prosper Brouillon, Eric Chevillard (Noir sur blanc)

Présentation de l'éditeur : « Ce livre s’adresse aux désespérés, aux nostalgiques convaincus que nous nous essoufflons, que les plus belles pages de notre littérature ont été tournées depuis longtemps et jaunissent derrière nous et qu’il ne reste plus rien à écrire. »

Ce livre se présente à première vue comme une exploration de l’œuvre merveilleuse d’un écrivain répondant au nom de Prosper Brouillon, dans le but d’en faire l’éloge. Mais ce n’est qu’un leurre : il s’agit en réalité d’un féroce réquisitoire contre une certaine littérature institutionnalisée, pantouflarde et satisfaite d’elle-même. Qu’en est-il quand on y regarde de plus près ? Voilà à quoi répond Éric Chevillard dans ce livre aussi jouissif et frais que caustique et assassin. Prosper Brouillon est le nom donné à l’ensemble des écrivains chez qui ont été collectées les phrases, exemplaires, à partir desquelles Chevillard s’est amusé à reconstruire un faux roman délirant. Fruit de la collaboration au journal Le Monde entre Éric Chevillard et Jean-François Martin, qui en illustre le Feuilleton tous les quinze jours, ce livre comprend également une vingtaine d’images qui viennent ajouter un supplément de sens et d’humour à l’ensemble, pour un résultat des plus savoureux.

Toutes les citations du livre sont parfaites dans leur nullité. Philippe Chevilley

Je ne remercierai jamais assez Eric Chevillard de me venger de ces heures passées à lire ces livres... Elisabeth Philippe

Chevillard attaque ces écrivains au style ampoulé, suranné, hérité du XIXe siècle. Laurent Nunez

Couverture
Couverture Crédits : Noir sur blanc

Interludes musicaux

  • Le tango de la pieuvre, Jean-Pascal Audiffren
  • Sexual Healing,  Marvin Gaye 
  • Happy Jazz Song,  After in Paris

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