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"D'os et de lumière", "Des balles et de l'opium"', "Les modifications" © Electre

Littérature : D'os et de lumière, "une méditation superbe, métaphysique et pragmatique"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute littéraire : "D'os et de lumière", de Mike McCormack (Grasset), "Les modifications" de Sayed Kashua (Editions de l'Olivier) et "Des balles et de l'opium", de Liao Yiwu (Globe). Enfin, un coup de cœur de Laurent Nunez pour "Rupture(s)" de Claire Marin.

"D'os et de lumière", "Des balles et de l'opium"', "Les modifications" © Electre
"D'os et de lumière", "Des balles et de l'opium"', "Les modifications" © Electre

"D'os et de lumière", de Mike McCormack (Grasset)

"D'os et de lumière" de Mike McCormack (© Electre)
"D'os et de lumière" de Mike McCormack (© Electre)

Présentation de la maison d'édition : 

Mike McCormack raconte avec tendresse et émotion l’histoire d’un homme. En suspension durant cette heure hors du temps, les souvenirs de Marcus Conway s’agrègent avec grâce pour mettre en regard l’intime et la société, le monde rural et l’économie globalisée, la tradition et les grandes questions contemporaines – la démocratie ou encore l’écologie. Il y a une lumière singulière dans ce texte, une langue qui bat au rythme d’un cœur en peine et qui nous immerge dans les profondeurs de l’âme celtique. Écrit d’un seul souffle, D’os et de lumière est un livre qui fera certainement date dans l’histoire de la littérature anglo-saxonne.  

Traduit de l'anglais (Irlande) par Nicolas Richard

L'avis des critiques : 

Une méditation superbe, métaphysique et pragmatique sur notre appartenance au monde. Raphaëlle Leyris 

Un long monologue intérieur qui imite très bien une vie ordinaire dans ce qu’elle peut avoir d’informe et de désordonné à tel point qu’il court un peu le risque de lui ressembler. Grégoire Leménager 

Je pense que ce livre pâtit beaucoup de sa forme. (…) J’ai été contrarié dans ma lecture car je n’avais aucun plaisir à lire cette forme-là mais beaucoup de choses m’intéressaient dans ce qui était raconté. Arnaud Laporte

Mis à part cette idée d’un effondrement global, j’ai eu l’impression d’un produit d’atelier d’écriture américain. (...) On est submergé par un flux. Même le retournement final ne m'a pas convaincu de cette utilité.  Laurent Nunez 

"Les modifications" de Sayed Kashua (Editions de l'Olivier)

"Les modifications" de Sayed Kashua (© Electre)
"Les modifications" de Sayed Kashua (© Electre)

Présentation de la maison d'édition : Qu’est-ce qu’un Arabe israélien ? Une contradiction vivante.

En s’expatriant aux États-Unis avec sa femme et leurs enfants, le héros de ce roman pensait résoudre le problème une bonne fois pour toutes. Mais sa nouvelle vie est hantée par ses souvenirs de jeunesse, et le mal du pays ne le quitte plus.

Rappelé d’urgence en Israël au chevet de son père hospitalisé pour un infarctus, il se trouve soudain confronté aux multiples mensonges dont sa vie est tissée. Devenu « nègre », spécialisé dans la rédaction d’autobiographies, il ne cesse en effet de mêler sa propre histoire à celle de ses clients, au point que le réel et l’imaginaire se confondent dans son esprit. Sa jeunesse a-t-elle vraiment été l’âge d’or qu’il décrit ? Comment peut-on demeurer attaché à un pays qu’on a fui volontairement ?

Sayed Kashua explore cette situation riche en paradoxes dans un roman déchirant bien que non dépourvu d’humour. Car l’ironie est parfois le seul remède à la mélancolie.

Traduit de l'hébreu par Jean-Luc Allouche

L'avis des critiques : 

Une belle réflexion sur le roman, sur ce qu'il emprunte aux autres, sur ce qu’on donne de soi et sur le prix à payer pour l’ensemble. Raphaëlle Leyris

Le livre, qui pourrait être plombé par cette mélancolie légitime et très compréhensible pour des raisons biographiques, ne l’est pas car il y a toujours quelque chose d’intelligent et un grand sens de l’ironie. Grégoire Leménager 

Il y a chez Sayed Kashua une très grande lucidité au service du récit dont on peut souligner la complexité et la drôlerie. (…) C’est un livre que j’ai lu avidement tout du long. Arnaud Laporte

Il y a quelque chose d’assez compliqué sur le traitement de la mémoire. C’es très bien traité d’un point de vue romanesque. Laurent Nunez

"Des balles et de l'opium" de Liao Yiw (Editions Globe)

"Des balles et de l'opium" de Liao Yiwu © Electre
"Des balles et de l'opium" de Liao Yiwu © Electre

Présentation de la maison d'édition : 1989. La colère monte depuis des mois en Chine. Ce jour-là, le 4 juin, elle éclate. Des millions de citoyens se rassemblent dans les rues et sur la place Tian’anmen, pour réclamer davantage de démocratie et de justice. Le pouvoir répond par des balles, des baïonnettes et des chars d’assaut, et, aussitôt après, propose au peuple défait un nouvel opium : l’argent, à tout prix.

Traduit du chinois par Marie Holzman

L'avis des critiques :

Un texte bouleversant parce qu’il est peut-être le geste qui se rapproche le plus d’une justice rendue aux victime de Tian'anmen. Raphaëlle Leyris

Il arrive à dépasser l’anecdotique, le témoignage pour en faire une métaphore de ce qu’est devenue la Chine. Il montre bien à quel point Tian'anmen est le point de bascule entre la Chine communiste et la Chine que l'on connaît aujourd’hui. Grégoire Leménager

Je mets un petit bémol sur la forme. On est dans une structure beaucoup plus classique, ce qui n’enlève rien du tout à l’importance du témoignage. En matière littéraire, j’y trouve moins mon compte. Arnaud Laporte

C’est un livre nécessaire parce que d’autres tentatives ont échoué. Laurent Nunez 

>> LE COUP DE CŒUR DE LAURENT NUNEZ POUR : "Rupture(s)" de Claire Marin (Editions de l’Observatoire)

"Rupture(s)" de Claire Marin (© Electre)
"Rupture(s)" de Claire Marin (© Electre)

Présentation de la maison d'édition : Qu’elles soient joyeuses ou tragiques, visibles ou non, les ruptures rythment notre existence, nous transforment, nous remettent profondément en question.

Comment conjuguer ces « bifurcations » de nos vies que sont les ruptures avec l’idée de notre identité, une et constante ? Nous révèlent-elles la multiplicité de nos identités possibles, ou le fait que nous nous affirmions progressivement, au fur et à mesure de ces « accidents » de la vie ? Nous épurent-elles ou nous démolissent-elles ?

C’est un livre très beau car c’est le contraire d'un "feel good book". C’est le premier livre qui parle vraiment de la vie et qui ne cite que des écrivains. (…) C’est un livre très court et très franc sur le bonheur, peut-être, de connaître la rupture. Laurent Nunez 

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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