LE DIRECT
A gauche : Jean Echenoz ; en haut à droite : Christian Garcin ; en bas : Ivan Jablonka

Littérature : "C'est l'écrivain français qui lorgne le plus vers l'Amérique"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, littérature avec Ivan Jablonka et son "En camping-car", une exposition consacrée à jean Echenoz à la bibliothèque du centre Pompidou et "Les Oiseaux morts de l'Amérique" de Christian Garcin.

A gauche : Jean Echenoz ; en haut à droite : Christian Garcin ; en bas : Ivan Jablonka
A gauche : Jean Echenoz ; en haut à droite : Christian Garcin ; en bas : Ivan Jablonka Crédits : Hélène Bamberger / CC / Corinne Amar

En camping-car, Ivan Jablonka (Seuil)

Présentation officielle : Le camping-car nous a emmenés au Portugal, en Grèce, au Maroc, à Tolède, à Venise. Il était pratique, génialement conçu. Il m’a appris à être libre, tout en restant fidèle aux chemins de l’exil. Par la suite, j’ai toujours gardé une tendresse pour les voyages de mon enfance, pour cette vie bringuebalante et émerveillée, sans horaires ni impératifs. La vie en camping-car. - I. J.

Ivan Jablonka est historien et écrivain. Il a publié au Seuil, dans "La Librairie du XXIe siècle", Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus prix du Sénat du livre d'histoire 2012) et Laëtitia ou la fin des hommes (prix Médicis 2016).

Dans ce livre, Ivan Jablonka esquisse une socio-histoire de son enfance, transformant l'autobiographie en récit collectif, portrait d'une époque.

C'est un récit initiatique, le roman d'amour de ses parents et la tentative de retrouver le bonheur après la Shoah grâce au voyage. Philippe Chevilley

Ce livre est un travail de socio-histoire et reprend les souvenirs de l'auteur pour voir ce qui s'y noue de l'histoire collective. Florent Georgesco 

C'est un livre solaire. Raphaëlle Leyris

Couverture
Couverture Crédits : Seuil

Les Oiseaux morts de l'Amérique, Christian Garcin (Actes sud)

Présentation officielle : Las Vegas. Loin du Strip et de ses averses de fric “ha­bitent” une poignée d’humains rejetés par les courants contraires aux marges de la société, jusque dans les tunnels de canalisation de la ville, aux abords du désert, les pieds dans les détritus de l’histoire, la tête dans les étoiles. Parmi eux, trois vétérans désassortis vivotent dans une relative bonne humeur, une soli­darité tacite, une certaine convivialité minimaliste. Ici, chacun a fait sa guerre (Viêtnam, Irak) et chacun l’a perdue. Trimballe sa dose de choc post-trauma­tique, sa propre couleur d’inadaptation à la vie “nor­male”.
Au cœur de ce trio, indéchiffrable et silencieux, Hoyt Stapleton voyage dans les livres et dans le temps, à la reconquête patiente et défiante d’une mémoire muette, d’un langage du souvenir.

À travers la détresse calme de ce vieil homme-enfant en cours d’évaporation arpentant les grands espaces de l’oubli, Christian Garcin signe un envoûtant roman américain qui fait cohabiter fantômes et réalisme, sourire et mélancolie, ligne claire et foisonnement. Et migrer Samuel Beckett chez Russell Banks.

« QU’EST-CE QUE LE PASSÉ ? Le modifions-nous en le revisitant ? Quels souvenirs oubliés ont fait de nous ce que nous sommes ? Nous est-il jamais arrivé de nous tenir à côté de l’enfant que nous avons été, et de lui chuchoter quelques mots à l’oreille pour qu’il puisse se souvenir, plus tard, de cette scène ?

C’est en faisant des recherches, pour un roman précédent, sur les molesmen, ces milliers d’hommes et de femmes qui vivent dans les sous-sols du métro de New York, que j’en ai rencontré d’autres, pour la plupart des vétérans des guerres d’Irak et d’Afghanistan, qui vivaient par centaines dans les tunnels d’évacuation des eaux de Las Vegas. Et c’est en me rendant là-bas que je les ai vus : ils faisaient l’aumône sur le Strip, au milieu des paillettes et du fric qui dégoulinait, assis sur de petits tabourets ou à genoux sur le trottoir, engloutis dans le flot des passants qui passaient sans les voir. Le soir ils réintégraient leurs tunnels, en périphérie. Quelles avaient été leurs vies ? Leurs enfances ? Quels enfers avaient-ils côtoyés ? Ces questions, j’aurais pu me les poser partout ailleurs, en France, en Angleterre, en Russie – je me les suis posées, d’ailleurs, dans un roman publié il y a longtemps. Partout ailleurs j’aurais pu m’interroger sur ces destins brisés qui peuplent notre monde urbain. Mais j’étais à Las Vegas, et le contraste était particulièrement saisissant. J’ai alors pensé à un vieil homme, un ancien du Viêtnam, un « rat des tunnels », comme on les appelait, un de ceux qui risquaient leur vie dans les étroites galeries qu’occupaient les combattants viêt-côngs. Et j’ai imaginé cet homme, un vieillard à présent, qui vivrait dans d’autres galeries en ayant oublié des pans entiers de son passé – lequel un jour se manifesterait à nouveau, et dénouerait peu à peu les fils qui lui manquaient. Le roman est né de tout cela. C’est une histoire d’anamnèse sur fond de guerre, de tunnels, d’amours perdues et de fraternité.” - C. G.

Couverture
Couverture Crédits : Actes sud

C'est l'histoire de trois types broyés par le rêve américain. 

Christian Garcin continue d'explorer les profondeurs, les terriers... Raphaëlle Leyris

C'est l'écrivain français qui lorgne le plus vers l'Amérique. Philippe Chevilley 

J'ai senti une composition trop élaborée qui finit par écraser : est-ce une peur du vide, de sombrer dans la banalité ? Florent Georgesco

Jean Echenoz - Roman, rotor, stator, exposition jusqu'au 31 mars à la BPI du centre Pompidou

Présentation officielle : Écrivain à l'univers jubilatoire, ayant exploré, à travers dix-sept romans, les différents genres littéraires jusqu’à les détourner - du roman d’aventure au roman d’espionnage ou au roman biographique - Jean Echenoz nous entraîne dans une course audacieuse contre l’ennui, et organise avec le lecteur une apparente complicité qui se révèle également manipulation, dérivation, renversement. 

Poursuivant sa présentation des œuvres littéraires, après les récentes expositions et programmations consacrées à Claude Simon (2013) et Marguerite Duras (2014), la Bibliothèque publique d’information a choisi de consacrer une exposition à cet écrivain contemporain majeur qui poursuit son travail littéraire depuis près de 40 ans. 

À travers tapuscrits et manuscrits originaux, carnets de notes, repentirs et réflexions sur l’écriture, mais également photographies, archives et documents audiovisuels, extraits cinématographiques, l’exposition nous entraine dans le foisonnement de l’écriture et la vivacité du romanesque qui surgissent de l’univers de Jean Echenoz.

Conçue avec le concours de Gérard Berthomieu, spécialiste de langue et littérature françaises contemporaines (Université de Paris IV Sorbonne), en partenariat avec la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet et les éditions de Minuit, l’exposition élaborée par la Bpi sera accompagnée d’une riche programmation associée (rencontres, conférences, ateliers…).

Affiche
Affiche Crédits : centre Pompidou

Il y a des choses passionnantes dans cette exposition, mais pas l'exposition elle-même. Florent Georgesco 

Le côté "on soulève le capot pour voir comment ça fonctionne" ne me passionne pas. Raphaëlle Leyris

Pour Echenoz, le monde est fait pour nourrir ses romans. Philippe Chevilley

Interludes musicaux

  • Sunday, Bing Crosby
  • Alma Fadista, Timothy Hagelstein
  • Jean Echenoz : Ravel, lecture d'Olivier Cadiot

Vos commentaires

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebookde la Dispute.

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......