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Littérature : Entre amis et Une fille de la campagne

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir la littérature occupe La Dispute en présence des critiques suivants :

- Daniel Martin (La Montagne)

  • Florent Georgesco (Le Monde)

- Raphaël Sorin (Libération)

Seront abordés les livres suivants :

  • Entre amis, d'Amos Oz (Gallimard)

Lecture par Anna Sigalévitch :

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Entre amis
Entre amis

Musique diffusée: Teddy Lasry “Kibboutzim”

Faut-il encore présenter Amos Oz ? Peut-être le plus grand écrivain israélien vivant, l’auteur notamment d’Une histoire d’amour et de ténèbres, éternel pronostiqué pour le Prix Nobel, et pas seulement de littérature, mais aussi de la paix, puisqu’il est un des fondateurs en 1978 du mouvement La paix maintenant.

Pour son nouveau livre, sans doute parce qu’il se souvient d’une jeunesse passée à un moment, contre l’avis paternel, dans un kibboutz, Amos Oz a situé l’action dans une de ses communautés agricoles fondatrices d’Israël. Le kibboutz, fictif, du livre s’appelle Yikhat, on est quelque part dans les années 50, sous un des gouvernements Ben Gourion, et l’écrivain s’intéresse à quelques uns des habitants de ce microcosme, qui n’est déjà plus la communauté utopique telle que créée par ses fondateurs, et pas encore une de ces « cités-jardins peuplées de propriétaires vautrés dans les plaisirs matériels » du devenir petit-bourgeois que prophétise un des personnages.

Le livre prend donc la forme de huit nouvelles, des fragments qui forment très naturellement un roman très cohérent, où les personnages principaux deviennent secondaires dans l’histoire qui suit. Huit nouvelles, et donc huit personnages, et huit points de vue. Il y a Tsvi Provizor, le jardinier, surnommé l’Ange de la Mort pour son goût à annoncer des catastrophes. Ariella, qui se prend d’affection pour la femme dont elle a chipé le mari. L’électricien, Nahum Asherov, bien embarrassé que le mentor et Don Juan du kibboutz, David Dagan, ait jeté son dévolu sur sa fille unique, la jeune Edna, de dix-sept ans à peine. Un lycéen, Moshe, qui demande l’autorisation d’aller voir son père malade, hospitalisé hors du kibboutz. Un petit garçon, Youval, terrorisé par ses camarades de chambrée, dont il est le souffre-douleur, et qui aimerait bien pouvoir dormir chez papa et maman. Le secrétaire du kibboutz, qui n’est pas insensible aux charmes de la jeune Nina, surtout quand il la croise dans ses rondes nocturnes. Une mère, qui voudrait bien que la communauté autorise son fils à faire des études à l’étranger. Et enfin un vieux cordonnier, un des pionniers du kibboutz, qui veut consacrer ses derniers jours à enseigner l’espéranto.

Le tout donne un roman sur le vivre-ensemble, qui laisse un grand goût de tristesse, tant la solitude et le manque d’amour semblent le lot commun de ce petit monde.

Antoine Guillot

  • Une fille de la campagne: mémoires , d'Edna O'Brien (Sabine Wespieser)

Lecture par Anna Sigalévitch:

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Une fille de la campagne : mémoires
Une fille de la campagne : mémoires

Musique diffusée: Robert Mitchum « Ballad of Thunder Road »

Ces souvenirs qu’elle s’était juré de ne jamais écrire, Edna O’Brien ne les a pas appelés "Fille de la campagne" pour rien, puisque le titre renvoie au livre qui l’a fait connaître en 1960, "Country Girls, Les Filles de la campagne", premier volet d’une trilogie interdite en Irlande, où on alla jusqu’à brûler l’ouvrage en place publique pour sa description bien trop franche des mœurs sexuelles des jeunes filles dans la très catholique campagne irlandaise.

Avec ces mémoires, l’auteur du "Saints et Pêcheurs" paru l’an dernier chez le même éditeur, revient donc sur son parcours de jeune campagnarde née en 1930 dans le comté de Clare, mariée contre l’avis de ses parents à un écrivain, Ernest Gébler, qui la quitte quand il ne supporte pas le début de son succès littéraire. De Dublin, elle part à Londres, où elle devient une figure éminente du Swinging London des années 60. On croise alors dans le livre quelques grands noms, des amants ou des frères : Robert Mitchum, qu’on entendait chanter il y a un instant, Paul McCartney, Marlon Brando, Richard Burton, Sean Connery, Gore Vidal, et encore Roger Vadim et Jane Fonda, Marianne Faithfull ou encore Peter Brook, la liste est longue (c’est peut-être le problème). Sans oublier, à New York, celle dont elle devient la meilleure amie : Jackie Onassis.

Antoine Guillot

Ainsi que le coup de cœur :

de Florent Georgesco : L'écriture du monde, François Taillandier (Stock)

L'écriture du monde
L'écriture du monde Crédits : François Taillandier

Après son cycle sur la France contemporaine, "La Grande Intrigue", François Taillandier repart très loin en arrière. Son roman commence à la fin du V° siècle et traverse tout le VI°. On se réjouit d'être ignorant et de découvrir cette époque. C'est, depuis la déposition de Romulus Augustus, dernier empereur romain d'Occident, en 476, une période de longs troubles. Le roman raconte la vie de Cassiodore, un homme qui a voulu préserver ce qu'il restait de la civilisation romaine. Taillandier a choisi cette époque car elle ressemble à la nôtre. Quelque chose finit, on ne sait pas ce qui va suivre. Un très beau roman, qui montre que le désespoir politique n'empêche pas l'espoir intellectuel.

Florent Georgesco

Et un coup de griffe de Raphaël Sorin : "Guy Debord: Un art de la guerre", une exposition à la Bibliothèque Nationale de France du 27 mars au 13 juillet sous la direction de Laurence Le Bras et Emmanuel Guy.

Les archives de Guy Debord, qui ne sont que quelques vieux bouquins, ont été déclarées trésor national, et la BNF a acquis l'ensemble. Il y a un énorme mensonge dans cette exposition et dans son catalogue: la revue "Champs libres" a été créée par Gérard Lebovici, et Guy Debord a ensuite réécrit l'histoire de cette revue. Tout ça est totalement mensonger!

Raphaël Sorin

Sans oublier la revue de presse culturelle de Christophe Payet.

Et la chronique mensuelle d'André Chabin

Pastille: Raphaël CONFIANT

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