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"Floride" de Lauren Groff (© Editions de l'Olivier), "Dites-lui que je l'aime"de Clémentine Autain (© Grasset), « Je ne sais rien d’elle » de Philippe Mezescaze (© Edition Marest).

Littérature : Dites-lui que je l'aime, "délicat, émouvant, intimiste et digne"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute littérature : "Floride" de Lauren Groff (Editions de l'Olivier), "Dites-lui que je l'aime"de Clémentine Autain (Grasset) et « Je ne sais rien d’elle » de Philippe Mezescaze (Edition Marest). Enfin, un coup de coeur de Philippe Chevilley.

"Floride" de Lauren Groff (© Editions de l'Olivier), "Dites-lui que je l'aime"de Clémentine Autain (© Grasset), « Je ne sais rien d’elle » de Philippe Mezescaze (© Edition Marest).
"Floride" de Lauren Groff (© Editions de l'Olivier), "Dites-lui que je l'aime"de Clémentine Autain (© Grasset), « Je ne sais rien d’elle » de Philippe Mezescaze (© Edition Marest).

"Floride" de Lauren Groff (Editions de l'Olivier)

"Floride" de Lauren Groff © Editions de l'Olivier
"Floride" de Lauren Groff © Editions de l'Olivier

Présentation de la maison d'édition : Tout n’est pas si facile dans l’« État ensoleillé » qu’est la Floride. Derrière les images de carte postale se cachent des situations souvent ambiguës comme l’attestent les nouvelles de ce recueil.

On y croise une famille dont la vie se voit brutalement perturbée par la présence hypothétique d’une panthère, une femme qui, durant une tempête, reçoit la visite de fantômes venus de son passé, deux petites filles abandonnées sur une île qui doivent réinventer leur vie à l’état sauvage, une écrivaine floridienne de passage en Normandie pour écrire sur Maupassant, ou encore une femme qui décide soudain de changer de vie et de devenir vagabonde…

La faune et la flore, les ouragans déchaînés propres à la Floride influent sur le destin de tous ces personnages. Mais Lauren Groff semble nous dire ceci : les menaces les plus dangereuses, et les perturbations les plus puissantes viennent rarement de l’extérieur, mais des recoins les plus isolés de notre intimité.

L'avis des critiques : 

Il y a cette idée de montrer la Floride telle qu'elle n'est pas sur les cartes postales. Pour autant, il n'y a pas d'attention réaliste dans le livre. Une inquiétante étrangeté se propage partout sans que l'on bascule dans le fantastique pur. Son écriture a un pouvoir de suggestion très fort. Cela la conduit pour moi, sur certaines nouvelles, vers une écriture un peu trop baroque pour laquelle il faut avoir de l'appétit. Grégoire Leménager 

Il y a une météorologie des sentiments et des états qui me passionne assez et un travail stylistique qui me touche à chaque instant. Arnaud Laporte

Après "Les Furies" qui l'avait révélée, on s'aperçoit avec "Floride" que Lauren Groff a une  grande puissance de réflexion et d'écriture. Il y a quelque chose d'assez cruel dans sa façon d'écrire qui est intéressante. Philippe Chevilley

C'est un livre extrêmement calibré et contemporain qui aborde le portrait de femme, la collapsologie ou encore les questions environnementales. Je souffre suffisamment de cet aspect à travers les médias pour je cherche autre chose en art. Laurent Nunez 

"Dites-lui que je l'aime" de Clémentine Autain (Grasset)

"Dites-lui que je l'aime" de Clémentine Autain © Grasset
"Dites-lui que je l'aime" de Clémentine Autain © Grasset

Présentation de la maison d'édition : 

Il aura fallu trente ans pour que Clémentine Autain écrive sur sa mère, la comédienne Dominique Laffin, morte en 1985. Clémentine en avait 12 et déjà un long et douloureux chemin avec cette mère en souffrance, égarée, incapable de prendre soin de sa fille. Clémentine Autain s’est construite en fermant la porte aux souvenirs, en opposition avec cette mère dont, petite fille, elle avait parfois dû s’occuper comme d’un enfant. Aujourd’hui, elle n’occulte rien, dit avec justesse le parcours tragique d’une femme radieuse et brûlée, passionnée de vie, actrice magistrale, féministe engagée mais dévorée par ses angoisses et prise au piège d’une liberté dangereuse.

Dites-lui que je l’aime  : dans ce récit poignant dont le titre rappelle le film éponyme, Clémentine Autain rend justice à une figure oubliée des uns, culte pour les autres. Elle retrouve ce qu’elle lui doit, son féminisme, sa propre maternité peut-être. Et malgré l’âpreté des souvenirs, elle écrit un récit d’une grande douceur, une lumineuse lettre d’amour.

L'avis des critiques : 

Un livre sensible, délicat, intéressant, émouvant, intimiste et digne à la fois. Elle réussit à raconter son enfance et la destinée tragique de sa mère sans jamais tomber dans le misérabilisme. Il y a une dignité, une pudeur et une retenue assez remarquable. Grégoire Leménager

Clémentine Autain aurait pu verser dans un empêchement mais elle ne tombe pas dans le pathos, elle reste elle-même. Il y une clarté, une limpidité dans l'exposé de cette détestation qu'elle a pu avoir. C'est touchant car il n'y a pas l'effet de trop. J'ai toutefois une petite réserve concernant la résolution finale qui est amenée presque un trop rapidement. Philippe Chevilley 

C'est un livre d'une pudeur assez incroyable. Bien qu'elle n'épargne personne, il n'y a aucun voyeurisme dans ce livre. Le portrait de la mère dessine aussi le portrait de Clémentine Autain. Tout est clair. Laurent Nunez

« Je ne sais rien d’elle » de Philippe Mezescaze (Editions Marest)

« Je ne sais rien d’elle » de Philippe Mezescaze © Editions Marest
« Je ne sais rien d’elle » de Philippe Mezescaze © Editions Marest

Présentation de la maison d'édition : À l’occasion de l’adaptation de l’un de ses romans au cinéma, Philippe Mezescaze est invité sur le tournage à La Rochelle. Cette expérience, profondément bouleversante, l’amène à croiser les acteurs qui interprètent sa mère, sa grand-mère, et lui-même. Entre jeux de miroirs et métamorphose de sa propre enfance, les souvenirs ressurgissent au gré des scènes et des rencontres avec son jeune alter ego, Noah, enfant perspicace et sensible. Cet épisode a amené le romancier à écrire une dernière confession sur Irène, sa mère encore enveloppée d’un mystère.

Je ne sais rien d’elle retrace à la fois la construction d’une identité et l’épopée du tournage de Du soleil dans mes yeux (Nicolas Giraud, 2017, adapté de L’Impureté d’Irène, Arléa, 1987). Ce récit autobiographique, inspiré par l’enfance de Philippe Mezescaze, est un témoignage émouvant et troublant.

L'avis des critiques : 

C'est une magnifique mise en abyme littéraire, cinématographique et existentielle d'un douloureux souvenir maternel. J'ai été totalement emballé. Il se lit comme un livre à énigme. Tout se révèle petit à petit de façon extraordinaire dans ce rapport au cinéma et la littérature. C'est un livre très humaniste et universel. Philippe Chevilley 

Très vite la qualité du style de Philippe Mezescaze nous attrape (...) C'est d'une grande beauté et très émouvant. Grégoire Leménager 

Philippe Mezescaze est un auteur à retenir. C'est un texte très beau. (...) J'ai été subjugué par son écriture. C'est un condensé de sa mère qu'il nous offre. Laurent Nunez 

LE COUP DE COEUR DE PHILIPPE CHEVILLEY : "Dracula et autres écrits vampiriques" (Bibliothèque de la Pléiade)

"Dracula et autres écrits vampiriques" © Bibliothèque de la Pléiade
"Dracula et autres écrits vampiriques" © Bibliothèque de la Pléiade

Édition et trad. de l'anglais par Alain Morvan

Ce volume contient : Samuel Taylor Coleridge : Christabel. John William Polidori : Le Vampire. Lord Byron : Fragment. Joseph Sheridan Le Fanu : Carmilla. Bram Stoker : Dracula - L'Invité de Dracula. Florence Marryat : Le Sang du vampire. Robert Southey : Thalaba le destructeur (extrait). Lord Byron : Giaour (extrait).

Une belle lecture cathartique et un grand moment de poésie pendant 1000 pages. Philippe Chevilley

♪ Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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