LE DIRECT
De gauche à droite : Violaine Huisman, H. M. Enzensberger et Aleksandra Lun

Littérature : "C’est un livre hilarant sur le multiculturalisme"

55 min
À retrouver dans l'émission

Dans La Dispute ce soir, Violaine Huisman nous parle de l'amour inconditionnel liant une mère à ses deux filles avec "Fugitive parce que reine", Enzensberger vu par Enzensberger 50 ans plus tard dans "Tumulte" et le roman cosmopolite "Les palimpsestes" d'Aleksandra Lun.

De gauche à droite : Violaine Huisman, H. M. Enzensberger et Aleksandra Lun
De gauche à droite : Violaine Huisman, H. M. Enzensberger et Aleksandra Lun

"Fugitive parce que reine" de Violaine Huisman (Gallimard)

"Fugitive parce que reine" de Violaine Huisman (Gallimard)
"Fugitive parce que reine" de Violaine Huisman (Gallimard)

Présentation de la maison d'édition :
« Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l’alcool à 90 °, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l’éther, dans ce flacon d’un bleu céruléen comme la sphère vespérale. Cette couleur était la sienne, cette profondeur du bleu sombre où se perd le coup de poing lancé contre Dieu.» 

Ce premier roman raconte l’amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l’écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté.

L'avis des critiques :

C’est un portrait bouleversant par sa recherche de justesse. C’est un livre très beau et très courageux, qui parle d’amour mais aussi de luttes des classes. L’auteure fait de sa mère un personnage Proustien. Ça ne peut pas submerger car c’est un texte extrêmement maîtrisé du point de vue littéraire et émotif puisqu’elle distille intelligemment les émotions au lecteur. De plus ce n’est pas dépourvu d’humour. Raphaëlle Leyris

C’est un livre très triste, qu’on lit avec la gorge serrée, mais on peut être aussi très heureux en le lisant car enfin c’est un anti « En attendant Bojangles ». Son écriture traduit exactement le comportement bipolaire de sa mère. Laurent Nunez

J’ai été étouffé par ce livre. Je trouve que l’auteure nous soumet à un torrent de mots, comme si elle n’arrivait pas à se départir de l’histoire de cette femme. Comme lecteur je me suis senti voyeur d’une histoire qui ne m’appartient pas. Etienne de Montety

J’ai été à chaque instant touché et saisi par les différents registres d’écriture. Il y a un choix extrêmement précis du rythme et des mots. Arnaud Laporte

"Les palimpsestes" d'Aleksandra Lun (Editions du sous-sol)

"Les palimpsestes" d'Aleksandra Lun (Editions du sous-sol)
"Les palimpsestes" d'Aleksandra Lun (Editions du sous-sol)

Présentation de la maison d'édition :
Ça ne va pas très fort ces derniers temps pour Czesław Przęśnicki. À trente-cinq ans, cet autoproclamé “écrivain raté”, ressortissant polonais d’expression antarctique, se retrouve interné dans un hôpital psychiatrique liégeois. Vétérinaire contrarié, auteur d’un premier roman qui s’est vendu à six exemplaires, tenaillé par une sévère disette sexuelle et l’angoisse de la page blanche, Czesław sent que ses nerfs vont eux aussi bientôt le lâcher… Il erre dans les couloirs d’une étrange institution dont les patients se nomment Nabokov, Beckett, Cioran ou encore Ionesco. Vol au-dessus d’un nid de génies – tous autant de grandes figures de l’exil qui, accusées d’avoir renoncé à leur idiome maternel, doivent se soumettre à une énigmatique “thérapie bartlebienne” censée les remettre dans le droit chemin linguistique.

Roman cosmopolite étourdissant d’espièglerie et d’inventivité, Les Palimpsestes, sous les abords d’un hommage fantasque à la littérature, dresse le portrait aussi touchant que désopilant d’un personnage en crise. Tiraillé entre plusieurs langues, plusieurs identités, plusieurs masques, ce descendant déjanté des héros kafkaïens est le visage tragi-comique de notre époque, et sa folie est la nôtre.

L'avis des critiques :

Je me suis fait avoir par la couverture qui est formidable ! C’est un livre hilarant sur le multiculturalisme. Laurent Nunez

Ce que fait Aleksandra Lun de la folie est extraordinaire. Cela part du burlesque mais il y a une réelle et profonde réflexion sur la littérature. Etienne de Montety

Mieux vaut le lire plutôt que je m'exprime à son sujet, car tout me plait dans ce livre, j’ai envie de souligner chacune des phrases ! Raphaëlle Leyris

"Tumulte" de H. M. Enzensberger (Gallimard)

"Tumulte" de H. M. Enzensberger (Gallimard)
"Tumulte" de H. M. Enzensberger (Gallimard)

Présentation de la maison d'édition :
Lorsqu’on s’apprête à se retrouver soi-même après un demi-siècle, on doit s’attendre à des surprises. Hans Magnus Enzensberger s’est embarqué dans l'aventure. C’est d’une découverte fortuite dans ses archives qu’est née cette confrontation avec le passé, ce regard rétrospectif sur une décennie controversée et agitée, les années 1960.
Un premier voyage en 1963 le conduit en Russie, où le hasard voudra qu’il soit reçu dans la datcha de Khrouchtchev. Trois ans plus tard, le voici qui traverse l’URSS de part en part, de l’extrême Sud jusqu’en Sibérie. Durant ce périple se noue la relation avec celle qui deviendra sa deuxième femme, son «roman russe», véritable fil rouge de l’ouvrage. Les années 1968-1969 voient le poète en plein tumulte politique et personnel. Puis, la guerre du Vietnam le pousse à accepter un poste dans une université américaine, avant de se lancer dans les tourments de la révolution à Cuba. Mais les conflits entre factions de l’opposition extra-parlementaire à Berlin ne sont jamais bien loin, dans lesquels notre auteur aura aussi son rôle à jouer.
Avec le recul, quel jugement l’Enzensberger d’aujourd’hui porte-t-il sur le jeune homme qu’il fut? La réponse nous est donnée dans la conversation houleuse qu’il imagine entre les deux, et dans laquelle chacun défend chèrement sa peau.

L'avis des critiques :

C’est un livre extrêmement singulier : c’est une défiance à l’égard du genre des mémoires. Il allie la précision de la mémoire au jugement désabusé et triste qu’il pose sur sa vie. Cela construit la fresque de toute une époque. Etienne de Montety

J’ai eu une lecture un peu bipolaire : j’étais agacé par l’impression de textes de "fond de tiroir", mais intéressé par l’habilité de l’écrivain pour raconter sa vie d’une manière fragmentaire si singulière. Laurent Nunez

Je ne pense pas que les poèmes soient mineurs dans l’œuvre de Hans Magnus Enzensberger à chaque fois il y a des choses formidables. Raphaëlle Leyris

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......