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Littérature: Joseph Anton et L'usage des ruines

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité littéraire avec les critiques suivants:

  • Sabine Audrerie (La Croix)- Nathalie Crom (Télérama)- Raphaël Sorin (Blog Libération) sur les livres suivants:

  • Joseph Anton , Salman Rushdie (Plon)

Sabine Audrerie:

Ce livre m’a captivée, il se lit comme un roman, et l’usage de la troisième personne est intéressant. Cette narration lui autorise beaucoup de choses.

Il rend compte d'un évènement à la fois personnel et collectif, qui a des implications à la fois personnelles et mondiales.

C’est peut-être un livre sur l’arrogance nécessaire et sur la honte:sur l’arrogance nécessaire pour affronter un tel événement.

Arnaud Laporte: Rushdie relit son histoire personnelle par le prisme du développement de l'islamisme radical. Il y avait une forme d’impensable, à l’époque, de ce qui se produisait.Y revenir aujourd’hui permet de le comprendre, car le monde a changé, et nous avec.

Nathalie Crom:

Je trouve ce livre formidable. Au fil des pages, on se rend compte que son arrêt de mort était le prélude de quelque chose d’assez inimaginable à l’époque. Cela se dessine parfaitement dans le livre. Il y a de la nervosité, un ton que j’apprécie énormément. C’est extrêmement détaillé et c’est passionnant. Il a un esprit vif et pointu.

Ce livre existe comme objet littéraire.

Raphaël Sorin:

C’est un livre impressionnant. Il est fait de cercle concentrique. Tout ce qui est raconté passe par une pointe d’humour. On découvre de manière progressive tout un univers qui gravite autour de lui.

- L'usage des ruines , Jean-Yves Jouannais (Verticales)Sabine Audrerie:

La démarche de Jouannais m’a vraiment plu. On voit qu'il s'inscrit dans la lignée de travaux précédents, sur les identités factices et mouvantes, le jeu sur les identités. Cette réflexion sur les ruines s’inscrit parfaitement dans cette idée d’une œuvre en perpétuelle construction, comme le cycle de conférence sur la guerre à Beaubourg : un travail uniquement oral, qui n'est pas figé dans le temps ni dans la forme.

Il y a cette idée de palimpseste.

Il distingue subtilement les ruines des décombres. Sa réflexion est vivante et illustrée.

Arnaud Laporte: J'ai des difficultés à transmettre le plaisir de lecture que j'ai eu avec ce livre, car ce plaisir est dans le livre et en-dehors. Il nourrit nos pensées, stimule notre imaginaire.

Nathalie Crom: J’aime énormément ce livre sans être certaine d’avoir compris ce roman. Je l’ai lu avec beaucoup de bonheur. L’idée de ruines renvoie à la mélancolie. J’ai du mal à en faire un objet intellectuel. C’est un livre poétique et mélancolique.

Raphaël Sorin:

Il a trouvé son sujet qu’est la guerre dans tous ses aspects. Il y une folie et un fil délirant qui traverse toutes ces histoires passionantes. Je ne suis pas surpris face à l’intelligence de Jouannais, même si il a mis du temps à trouver son sujet. Il y a une exaltation de l’intelligence et de l’écriture.

Les coups de cœurs :

Sabine Audrerie:

  • Sauvegarde: journal 2001-2003 , Imre Kertesz (Actes Sud)

J e place cet auteur très haut.

Il y a une ironie dans le titre de ce journal intitulé "Sauvegarde", alors que Kertész est en train d'écrire "Liquidation", un roman sur le suicide. Lui n'est pas taraudé par le suicide, mais par la honte d'être en vie et par le suicide de nombreux rescapés des camps.

Il est aussi beaucoup question du Nobel, qu'il recevra en octobre 2002 (il parle de "baiser de la mort"), de l'écriture, et de son départ de Hongrie pour Berlin fin 2001, décisif dans son existence. Ce journal est aussi plein d'humour.

Raphaël Sorin:

  • Seule , Danièle Rousselier (Ed. Léo Scheer)

C’est un livre sur la mort de sa mère. C’est un livre terrible, sans pathos et sans littérature. Les choses sont dites telles quelles. Ce livre est glaçant et émouvant. Il y a un remord final qui fait ressortir tout ça. C’est un modèle d’économie littéraire.

Bien sûr, la revue de presse d'Antoine Guillot: un Nobel prudent.

Et le coup de fil de Seham Boutata à Emmanuel Mosès , écrivain et traducteur du dernier livre de David Grossman, présent à la Fête du Livre à Aix-en-Provence, du 18 au 21 octobre.

Pastille introductive: Christa WOLF.

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