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Littérature : Journal, vol. 2 & Géologies

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir la littérature occupe La Dispute en présence des critiques suivants :

  • Nathalie Crom (Télérama)

  • Daniel Martin (La Montagne)

  • Emily Barnett (Les Inrocks)

Seront abordés les livres suivants :

-Journal (volume 2) de Susan Sontag (Ed. Bourgois).

Journal volume 2
Journal volume 2

Ouvrons cette émission avec le deuxième volume du journal de Susan Sontag.Un troisième et dernier paraîtra dans quelques temps.Le premier volume était titré « Renaître », et a paru il y a trois ans.Il était une sélection des journaux et carnets tenus par Susan Sontag de 1947 à 1963.Né en 1933, elle avait 12 ans quand elle commença à tenir des carnets intimes, et elle garda cette habitude quasiment jusqu’à la fin de sa vie.L’écrivain n’avait laissé aucune consigne concernant ses carnets, alors même qu’elle était extrêmement soucieuse de tout ce qu’elle publiait. On peut s’étonner qu’elle ne se soit donc pas inquiétée de ce qu’il adviendrait de ces notes éparses, de cette auto-analyse constante, de ces pages qui consignent cette volonté farouche de Sontag devenir un grand écrivain.Quoi qu’il en soit, le fils de Susan Sontag, David Rieff, s’est plongé dans la centaine de carnets que constitue ce corpus, et a fait une sélection, dont on imagine, à la lecture des deux premiers volumes, que s’il y a des choix, il ne s’agit pas de ne garder que ce qui flatte le plus la mémoire de sa sœur, pas plus que ce qui l’écornerait, de même que sont conservées de nombreuses notes relevant de l’intimité sentimentale et sexuelle de sa mère, de même que des écrits se rapportant aussi à lui-même, un fils qu’elle a eu très jeune, s’étant mariée à 17 ans, et ayant donné naissance à David alors qu’elle avait 19 ans, et divorçant à 26 ans.Le premier volume nous montrait la construction patiente de Susan Sontag par elle-même, se prenant pour sujet et objet, à la fois, comme si sa vie n’avait d’autre but que de nourrir sa pensée.Et puis il y avait cette détermination, je l’ai dit, à devenir un grand écrivain, détermination contenue dans cette phrase écrite dans son journal alors qu’elle n’a que 15 ans : « Une pensée m’est venue aujourd’hui – si évidente : il n’y a rien, rien qui puisse m’empêcher de faire quoi que ce soit, à part moi ! ».Le deuxième volume du Journal, qui parait en France chez Christian Bourgois éditeur, dans une traduction d’Anne Rabinovitch, couvre les années 19964 à 1980, c’est-à-dire les années au cours desquels Susan Sontag va en effet s’imposer dans le monde intellectuel, des deux côtés de l’Atlantique, puisqu’elle sera aussi un pont entre la France et les Etats-Unis essentiel dans l’histoire intellectuelle récente. Arnaud Laporte

-Géologies, de Pierre Bergounioux (Ed. Gallilée).

Géologies
Géologies

« Géologies », de Pierre Bergounioux, est un texte court, d’un auteur dont j’ai souvent aimé les formes courtes, comme « Une chambre en Hollande », paru il y a trois ou quatre ans chez Verdier, mais là, autant vous le dire tout de suite, je suis resté tout à fait extérieur à ce texte, et même pire que ça, j’ai ressenti à sa lecture une certaine irritation, dans la mesure où il me semble, et je trouve que l’on vient de l’entendre, que Bergounioux complique avec une possible complaisance des phrases qui n’auraient peut-être pas besoin de l’être tant, si le sujet n’avait été si mince.Au départ de ce texte, il y a une belle idée, qui me séduit, m’intéresse : nos humeurs sont pour grande partie liées au sol que nous avons sous les pieds. Nous ne sommes pas dans le même état sensoriel, émotionnel, affectif, selon que nous nous trouvons sur un sous-sol granitique, argileux ou calcaire. La psychologie, selon Bergounioux, s’explique pour partie dans notre rapport physique à la terre, au sens littéral.L’idée est intéressante, mais Bergounioux tourne autour, me semble-t-il, en mêlant souvenir de jeunesse, apprentissage de la géologie en même temps que du marxisme, et méditation sur l’inspiration de l’écrivain. Pour moi, cela ne fait pas un livre, et n’intéressera, et encore, que les lecteurs fervents de Pierre Bergounioux, qui penseront trouver quelques clés relatives à l’univers créatif de l’auteur. Mais je ne suis pas, pour ma part, convaincu, et conseille, sur le même sujet, et puisque l’on évoquait Susan Sontag, le « Carnet de notes » de Bergounioux, couvrant les dix premières années du siècle, un livre lui aussi paru chez Verdier, et vraiment passionnant…

Arnaud Laporte

Ainsi que les coups de cœur :

-de Daniel Martin : Le café du coin, de Saint Fait Abasiyanik (Ed. Bleu autour).

Le café du coin
Le café du coin

-de Nathalie Crom : Contre tout espoir : souvenirs vol. 1 & 2, de Nadejda Mandelstam (Ed. Gallimard).

Contre tout espoir
Contre tout espoir

Sans oublier, l’irremplaçable revue de presse culturelle d’Antoine Guillot

Et la chronique d'André Chabin.

Pastille introductive: Ernesto SABATO

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