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à gauche : Guillaume Sire (© Osweb), Pauline Delabroy-Allard et Philippe Vasset (© Babelio), à droite : Peter Stamm (© Claudia Below)

Littérature : "C’est bien de parler de ce livre, puisque tout ce qu’on va dire sera décevant"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, dans une Dispute consacrée à la littérature nous aborderons : "La Douce Indifférence du monde" de Peter Stamm, le livre de Philippe Vasset "Une vie en l'air, "Ça raconte Sarah" de Pauline Delabroy-Allard et enfin "Réelle" de Guillaume Sire.

à gauche : Guillaume Sire (© Osweb), Pauline Delabroy-Allard et Philippe Vasset (© Babelio), à droite : Peter Stamm (© Claudia Below)
à gauche : Guillaume Sire (© Osweb), Pauline Delabroy-Allard et Philippe Vasset (© Babelio), à droite : Peter Stamm (© Claudia Below)

"La Douce Indifférence du monde" de Peter Stamm (Bourgeois)

"La Douce Indifférence du monde" de Peter Stamm (Bourgeois)
"La Douce Indifférence du monde" de Peter Stamm (Bourgeois)

Présentation de la maison d'édition :

Un homme donne rendez-vous à une femme prénommée Lena dans le grand cimetière de Stockholm. Cette femme est une inconnue, mais elle rappelle intensément au narrateur la jeune femme dont il a été très amoureux il y a une vingtaine d'années. Cette dernière s'appelait Magdalena, était comédienne, elle aussi avait joué Strindberg. Après leur rupture, le narrateur a écrit un livre sur les trois années qu'ils ont vécues ensemble et il veut en donner les détails à l'inconnue de Stockholm.

Ce récit de Peter Stamm ciselé en 37 petits chapitres, dont le titre rappelle "la tendre indifférence du monde" évoquée par Albert Camus à la fin de L'Etranger, est d'une vertigineuse intelligence. 

Peter Stamm décrit avec des mots simples, étudiés, ce moment de tourbillon fondamental où le sens de notre identité vacille, un théâtre de l'intime où le trouble règne.

L'avis des critiques :

Stamm ne parle de rien, il créé un dispositif imaginaire, fictionnel qui ne lui permet, non pas de dire quoi que ce soit, mais de créer les conditions d’une expérience intime pour chaque lecteur. Il fait éprouver. Ce qui est en jeu, c’est la nature de la littérature. C’est un livre sur l’impossible, on contemple dans la vie la puissance de l’irrévocable. Florent Georgesco

On peut absolument dire qu’il induit le destin du jeune homme dont il décide que c’est lui-même 26 ans plus tôt. C’est prodigieux et c’est immense. Un conseil si vous le pouvez, lisez-le comme on voit un film, ne vous interrompez pas pour le lire de la première à la dernière page. Arnaud Laporte

La difficulté qu’on a à résumer le livre montre bien qu’il y a un talent. C’est un livre très profond, peut-être un livre fantastique. On pourrait voir dans ce livre une forme de film à la David Lynch. Il y a une richesse de signification dans ce petit livre qui donne envie de le conseiller. A coup de double, à coup de transferts, c’est pour moi un roman qui a des liens avec la psychanalyse. Laurent Nunez

Un homme pense rencontrer un autre homme qui est son double. Mais pour moi le livre traite avant tout de la désespérance d’un homme qui a été déçu en amour. C’est pour moi la divagation d’un vieillard qui vit avec un mal être, une mélancolie certaine. J’ai trouvé à tout instant du livre qu’il s’agissait d’une construction cinématographique. Jean-Christophe Brianchon

"Une vie en l'air" de Philippe Vasset (Fayard)

"Une vie en l'air" de Philippe Vasset (Fayard)
"Une vie en l'air" de Philippe Vasset (Fayard)

Présentation de la maison d'édition : C’est une ligne de béton tendue à dix mètres au-dessus de la Beauce, qui barre depuis toujours le paysage de son enfance. Elle devait servir de rampe à un véhicule révolutionnaire, un monorail propulsé à 430 kilomètres à l’heure sur coussins d’air : l’aérotrain, invention futuriste née de l’imagination de l’ingénieur Jean Bertin et conçu pour relier, à très grande vitesse, les centres urbains de la France pompidolienne. Si le projet fou de Bertin a fait long feu, cette ruine du futur, elle, est restée debout, absurde, au milieu des champs. Enfant, puis adolescent, le narrateur a fait de ce môle abandonné un domaine, passant des heures, des jours entiers à scruter le paysage comme s’il s’agissait d’un diorama, à observer la vie alentour et les allées et venues en contrebas.

Jamais il n’est descendu de ce perchoir. Cette existence suspendue s’est poursuivie pendant trente ans, en parallèle à la vie réelle. Le paysage a changé, le rail aérien s’est effondré en plusieurs endroits mais le narrateur a continué d’habiter la jetée, songeant même à l’acquérir, et à en déclarer l’indépendance. 

Que faire de la hantise ? Comment vivre habité ? L’écriture peut-elle ressaisir un lieu, et faire d’une retraite un monument ?

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L'avis des critiques :

C’est bien de parler de ce livre puisque tout ce qu’on va dire sera décevant. C’est 200 pages sur 18 kilomètres de rail d’un train qui n’a jamais existé. Philippe Vasset nous raconte qu’il est tombé en pâmoison devant un OVNI dans la Beauce : un rail immense. Pour moi c’est un livre sur la manière que quelqu’un a de s’émerveiller du réel et de le fétichiser. Laurent Nunez

Le livre de Philippe Vasset sur les zones blanches m’avait fasciné. C’est une littérature que j’aime et qui est exactement dans la filiation de ce livre-là. Pour moi on a une réflexion détournée sur la littérature et sur ce qu’est la littérature. Il s’empare d’un réel pas très intéressant pour en faire fiction. C’est un livre assez passionnant aussi dans sa construction temporelle. C’est un anti-livre théologique. Jean-Christophe Brianchon

Cette histoire de l’aérotrain est absolument fascinante. On est presque chez Peter Stamm, devant l’un des possibles du destin totalement abandonné. Et il y a devant cela une rêverie absolue passionnante. Pour le reste je me suis malheureusement beaucoup ennuyé. C’est une tentative dont l’objet m’intéresse mais il n’a pas une force suffisante dans l’écriture pour faire passer ce que vous lui prêtez. Florent Georgesco

Philippe Vasset explore les marges. On a un mouvement de balancier entre sentiment de possession et de dépossession. Lorsqu'il voit des photos faites par d’autres que lui de ce monorail, on a un sentiment amoureux et obsessionnel qui s'exprime. Arnaud Laporte

"Ça raconte Sarah" de Pauline Delabroy-Allard (Minuit)

"Ça raconte Sarah" de Pauline Delabroy-Allard (Minuit)
"Ça raconte Sarah" de Pauline Delabroy-Allard (Minuit)

Présentation de la maison d'édition :

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

L'avis des critiques :

C’est son premier livre, le seul de la rentrée littéraire aux éditions de Minuit. Tout est fait pour qu’on ne s’ennuie pas. On a un style qui a mon sens est très intéressant, très vif, très incisif, qui parfois s’essouffle au cours des 200 pages. Mais il est présent et au service d’une certaine idée de l’amour. Le livre permet de créer un décalage entre tristesse fondamentale et la façon dont cette jeune fille envisage la vie qui est la sienne. C’est effroyablement efficace.

Le souffle est incontestable et l’essoufflement aussi. C’est un premier roman et un livre extrêmement prometteur d’une fille qui a beaucoup de talent, c’est tout à fait incontestable. Le maniérisme produit l'essoufflement. Le problème c’est la volonté de rester toujours à ce degré d’intensité, or débarrassé de tous ses tiques, il y a une vraie force. Florent Georgesco

Je ne sais pas encore si j’ai aimé ce livre. C’est un livre paradoxal, à la fois un tombeau lesbien et un livre sans grande originalité puisque moi j’ai été très déçu dans la mesure où c’est un livre où tout se voit. Tout vient au moment où on l’attendait, c’est un ouvrage très calibré, mais je ne sais pas si c’est un compliment. Laurent Nunez

Je me demande s’il y a encore un éditeur aux éditions de Minuit. Pour moi il y a tellement de scories, j’y vois un décalque, un pastiche. Je suis admiratif des gens qui publient de beaux livres à un si jeune âge. Ce n’est pas Pauline Delabroy-Allard qui est cause, mais pour moi un livre doit m’arriver fini entre les mains. Arnaud Laporte

LE COUP DE CŒUR DE LAURENT NUNEZ : "Réelle" de Guillaume Sire (Editions de l’Observatoire)

"Réelle" de Guillaume Sire (L'Observatoire)
"Réelle" de Guillaume Sire (L'Observatoire)

Présentation de la maison d'édition :

Enviée, choisie, désirée : Johanna veut être aimée. La jeune fille ne croit plus aux contes de fée, et pourtant… Pourtant elle en est persuadée : le destin dans son cas n’a pas dit son dernier mot.

Les années 1990 passent, ses parents s’occupent d’elle quand ils ne regardent pas la télé, son frère la houspille, elle danse dans un sous-sol sur les tubes à la mode, après le lycée elle enchaîne les petits boulots, et pourtant…

Un jour enfin, on lui propose de participer à un nouveau genre d’émission. C’est le début d’une étrange aventure et d’une histoire d’amour intense et fragile. Naissent d’autres rêves, plus précis, et d’autres désillusions, plus définitives.

L’histoire de Johanna est la preuve romanesque qu’il n’y a rien de plus singulier dans ce monde qu’une fille comme les autres.

C’est un roman qui m’a étonné car ce n’est pas le genre de roman que je pensais apprécier. C’est de la fiction négative, de la fiction mauvaise où les êtres humains ne sont que des personnages intégrés à un script. Ici l’écrivain inverse la fiction mauvaise pour en faire de la fiction bonne qui engendre une part de réalité. Laurent Nunez

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