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à gauche : "Federica Ber", à droite : "La femme à part", Adeline Dieudonné et "Répertoire des métiers imaginaires"

Littérature : "Ça faisait un peu Barbe Bleue pavillonnaire"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, Dispute littérature avec "La Femme à part" de Vivian Gornick, "La Vraie Vie" d'Adeline Dieudonné, "Federica Ber" de Mark Greene et enfin un coup de cœur pour "Répertoire des métiers imaginaires" de Rémy Leboissetier.

à gauche : "Federica Ber", à droite : "La femme à part", Adeline Dieudonné et "Répertoire des métiers imaginaires"
à gauche : "Federica Ber", à droite : "La femme à part", Adeline Dieudonné et "Répertoire des métiers imaginaires"

"La Femme à part" de Vivian Gornick (Rivages)

"La femme à part" de Vivian Gornick (Rivages)
"La femme à part" de Vivian Gornick (Rivages)

Présentation officielle : Après le décès de sa mère, l'écrivaine déambule seule dans la ville de New York, qui lui sert de confidente, d'amie et d'inspiration. Au fil des souvenirs, ce récit autobiographique évoque l'identité, la solitude et la vieillesse.

L'avis des critiques :

« La femme à part » reprend le même dispositif qu’« Attachement féroce », à savoir une déambulation dans l’espace et dans le temps. Elle fait du flâneur une figure féminine. C’est un livre constitué de petites scènes puisqu’on l’accompagne dans ses pérégrinations new-yorkaises dont Vivian Gornick parvient, avec très peu de mots, à rendre compte. C’est un prétexte pour dérouler une méditation sur sa vie et sa solitude, mais aussi sur la vieillesse, à travers des scènes bouleversantes. Elisabeth Philippe

La conversation est un sujet, mais aussi la forme et presque la morale des morales. Elle parle de manière extrêmement émouvante du fait de descendre dans la rue pour trouver une humanité. Il y a une sorte de quintessence de la parole humaine, c’est quelqu’un qui vous parle au plus près. Elle construit aussi son livre par associations d’idées jusqu’à un portrait assez intime à travers cette projection de soi. Florent Georgesco

C’est un livre qui est très réjouissant et en même temps assez amer. J’en suis ressortie avec une impression de tristesse, puisqu’il y a une sorte de nostalgie. C’est assez troublant de voir la distance que produit le texte de Vivian Gornick. Il y a quelque chose de l’édification dans ce livre avec beaucoup de formules. C’est vraiment un montage dans une structure extrêmement intelligente. Lucile Commeaux

"La Vraie Vie" d'Adeline Dieudonné (L'Iconoclaste)

"La Vraie Vie" d'Adeline Dieudonné (L'Iconoclaste)
"La Vraie Vie" d'Adeline Dieudonné (L'Iconoclaste)

Présentation officielle : La vie de la narratrice est lugubre et assommante. Son père, passionné de chasse, expose ses animaux empaillés. Sa mère est transparente, inexistante. Heureusement qu'avec son frère Gilles, ils trouvent de quoi passer le temps. Mais un grave accident trouble le quotidien de cette famille. Prix Première plume 2018, prix du roman Fnac 2018, prix Filigranes 2018. Premier roman.

L'avis des critiques :

J’ai été assez impressionnée par ce premier roman, qui est un roman à sensation et réussi dans ce domaine. C’est drôle quand on lit le résumé, on s’attend à un roman un peu naturaliste, en fait c’est plus une légende. Tous les personnages ont une fonction qui est une fonction du conte. Je suis très impressionnée par l’efficacité de la narration. On arrive à s’intéresser de manière assez primaire à ces personnages-là. Lucile Commeaux

Au départ j’étais un peu dubitative. Il y a deux parties dans ce texte. Au début la narratrice se réfugie dans les histoires et mise beaucoup dans le merveilleux et l’imaginaire. La seconde au contraire est beaucoup plus brutale et réaliste. Il y a un petit quelque chose dans l’écriture, des formules assez amusantes, une certaine forme de surréalisme. Il y a aussi des dissonances brutales assez efficaces. J'ai trouvé que ça faisait un peu Barbe Bleue pavillonnaire. Elisabeth Philippe

Ce petit machin vide, sec, joue avec quelques vagues archétypes. Quand il n’y a rien, il n’y a rien. Quel est l’intérêt et à quel moment peut-on être surpris par ce livre ? Y’a-t-il un moment où tout n’est pas téléphoné ? Je ne vois pas, ça n’a aucun intérêt. Florent Georgesco

"Federica Ber" de Mark Greene (Grasset)

"Federica Ber" de Mark Greene (Grasset)
"Federica Ber" de Mark Greene (Grasset)

Présentation officielle : En lisant un fait divers où une randonneuse est suspectée de meurtre, un homme solitaire a l'impression de reconnaître son nom, Federica Bersaglieri. La découverte d'un vieux carnet d'adresses lui rappelle ce qui s'est déroulé vingt ans plus tôt à Paris, en plein été, avec cette femme, qui est partie précipitamment sans explication. Il tente de faire la lumière sur cette histoire interrompue.

L'avis des critiques :

On a un univers unique qui apparaît par touches discrètes. Il a l’art de créer un espace qu’il fait circuler sous toutes ses formes. L’un des foyers du livre, ce sont ces scènes de toit. Tout rayonne à partir de ces scènes-là. Les circulations dans le livre sont faites autour de visions et de scènes imaginaires. On a plusieurs niveaux qui finissent par se mêler et il se projette au sens littéral dans la chute de ses personnages. Florent Georgesco

C’est un texte que j’aime plutôt bien, mais c’est un texte éminent modianesque. Je pense qu’il est conscient de marcher dans les pas de Modiano avec énormément d’allusions, de clins d’œil. On a affaire à une dérive dans ses souvenirs, dans son imagination. La description du couple enlacé au pied de la falaise, donne quelque chose de très nostalgique de très mélancolique. On est toujours au bord du vide, de l’abîme, c’est un roman qui se trouve sur une ligne de crête. Elisabeth Philippe

Je me suis beaucoup ennuyée à la lecture de ce roman. Son fonctionnement me semble très duel, manque un peu de mouvement. Je trouve cette idée selon laquelle la vie inspire le roman assez naïve. Sur les deux régimes de narration on a du mal à s’attacher à qui que ce soit et notamment à ce personnage de Federica Ber qui est désincarné. J’étais d’accord sur le qualificatif de délicat, mais la délicatesse ne suffit pas à faire un livre. Lucile Commeaux

"Répertoire des métiers imaginaires" de Rémy Leboissetier (Editions du Sandre)

"Répertoire des métiers imaginaires" de Rémy Leboissetier (Editions du Sandre)
"Répertoire des métiers imaginaires" de Rémy Leboissetier (Editions du Sandre)

Présentation officielle : Répertoire de 115 métiers inventés et insolites issus d’œuvres littéraires voire graphiques, qui se pratiquent en dehors du réel et à l'écart des activités officielles. Sont notamment présentés le chasseur de rêves, le dompteur de voix sauvages, l'essuyeur de tempêtes, le percepteur d'épouses ou le marchand d'échos.

C’est un très beau livre qui finit par faire une sorte de panorama assez curieux de la vie humaine. On découvre toutes les passions humaines, on est au cœur de cette expérience. C’est un livre présenté aux éditions du Sandre qui sont spécialisés dans les curiosités et qui ont l’art d’en dénicher. Florent Georgesco

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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