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Littérature: "La voix sombre" & "Une vie entière"

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir Arnaud Laporte fait appel aux spécialiste littéraire Eric Loret et Philippe Chevilley, ils se disputent deux romans, La Voix sombre de Ryoko Sekiguchi & Une vie entière de Robert Seethaler.
- La Voix sombre de l'auteure et poétesse japonaise Ryoko Sekiguchi, paru aux éditions P.O.L.

"La voix sombre"
"La voix sombre"

Il faut entendre le titre La Voix sombre dans les deux sens possibles. La tristesse, mais aussi la disparition. Ce livre est en effet une suite de pensées sur ce qu'il reste d'une voix quand celle ou celui à qui elle appartenait n'est plus. Qu'est-ce qu'une voix enregistrée ? Qu'est ce que la trace que laisse une voix ? est-elle matérielle, corporelle ? Et de là, le livre s'étend à l'image, aux odeurs, et puis il devient une réflexion sur l'absence, la mort.

Extrait sonore: « La voix de maman » Berthe SYLVA

- Une vie entière de Robert Seethaler, Sabine Wespieser Editeur.

"Une vie entière"
"Une vie entière"

Bien souvent dans le restant de sa vie, Andreas Egger repensera à ce matin de février dix-neuf cent trente-trois où il a découvert le chevrier Jean des Cornes agonisant sur sa paillasse. Dans une hotte arrimée à son dos, il l’a porté au village, sur un sentier de montagne de plus de trois kilomètres enfoui sous la neige. Pour se remettre d’aplomb après cette course hallucinée, il fait halte à l’auberge : quand le corsage de Marie, la jeune femme qui lui sert son schnaps, effleure son bras, une petite douleur l’envahit tout entier. Andreas Egger a déjà trente-cinq ans alors, et il a construit sa vie tout seul : orphelin, il a été recueilli à quatre ans par une brute dont les coups l’ont rendu boiteux. Malgré cela, comme il le dit à Marie au moment de lui demander sa main : un homme doit « élever son regard, pour voir plus loin que son petit bout de terre, le plus loin possible. »

Aussi prend-il part à l’aventure des téléphériques, qui vont ouvrir sa vallée à la modernité, avant d’être envoyé sur le front de l’Est, dans les montagnes du Caucase.

À son retour, « le maire n’est plus nazi, à la place des croix gammées les géraniums ornent de nouveau les fenêtres des maisons » et les étables vidées de leurs bêtes abritent les skis des touristes. Pris par la force visuelle de certaines scènes – la déclaration d’amour à Marie est un morceau d’anthologie –, et par une langue sobre et rythmée où chaque mot est pesé, on ne lâche pas ce saisissant portrait d’un homme ordinaire, devenu bouleversant parce qu’il ne se donne d’autre choix que d’avancer.

Extrait sonore: « Chanson dramatique » MIOSSEC (extrait de « Chansons ordinaires » PIAS)

Ne ratez pas la chronique d'André Chabin
Concernant la revue de presse culturelle quotidienne d'Antoine Guillot, elle porte sur: Le masque de la plume - Mario Vargas Llosa se plaint de le meute de paparazzis qui le harcèle depuis qu'il a quitté sa femme pour Isabel Preysler, "perle de Manille" et "reine du glamour". Ce qui lui a inspiré quelques pages de son dernier roman.

  • Tollé aux Etats-Unis, depuis que le poète Yi-Fen Chou, publié dans l'anthologie Best American Poets , s'avère s'appeler Michael Derrick Hudson, et n'être pas du tout chinois.

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