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"La Zone" de Markiyan Kamysh, "La Maison dans laquelle" Mariam Petrosyan

Littérature : "La Zone" de Markiyan Kamysh et "La Maison dans laquelle" de Mariam Petrosyan

59 min
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Deux lieux ont marqué Markiyan Kamysh et Mariam Petrosyan : Tchernobyl pour le premier, qui donne le récit de ses 200 jours passés sur "La Zone", et "La Maison dans laquelle" pour la seconde, qui a failli n'être jamais publié. Emily Barnett et Florent Georgesco sont nos critiques de ce soir.

"La Zone" de Markiyan Kamysh, "La Maison dans laquelle" Mariam Petrosyan
"La Zone" de Markiyan Kamysh, "La Maison dans laquelle" Mariam Petrosyan

"La Zone est mon lieu de détente. Elle remplace la mer, les Carpates, les terrils, la Turquie enduite de mojito frais et parsemée de putes bronzées. Une vingtaine de fois par an, j'y pars en visiteur clandestin. Je suis un stalker, un piéton, un passant, un idiot, appelez-moi comme vous voulez. On ne me remarque pas, mais je suis là. J'existe, un peu comme le rayonnement ionisant. Je prépare mon sac à dos, je passe sous les barbelés puis je disparais dans la profondeur noire des forêts de Polésie, dans les trouées et les odeurs de pin. Je me fonds dans ces épaisseurs étourdissantes et personne jamais ne pourra m'y débusquer. »

Markiyan Kamysh est un jeune Ukrainien, aventurier et journaliste. Né en 1988 deux ans après la catastrophe, il appartient à la « génération Tchernobyl ». Pour lui comme pour ses camarades d'errance, la Zone – cette Zone d'exclusion nucléaire où toute présence humaine est interdite sur un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale – est devenue « une terre de paix, figée et hors du temps ».

Depuis 2010, Markiyan Kamysh a passé plus de deux cents jours à explorer la Zone, « à renifler et toucher chaque débris de cette poubelle, chaque fragment du passé ». Il connaît les lieux comme sa poche et nous embarque à la découverte de « l'endroit le plus exotique du monde ».

La Zone, de Markiyan Kamysh, aux éditions Arthaud.

"La Zone" de Markiyan Kamysh
"La Zone" de Markiyan Kamysh

À 18 ans, Mariam Petrosyan (née en 1969 à Erevan) ébauche les personnages qui deviendront les héros d’un livre qu’elle mettra plus d’une dizaine d’années à écrire, sans jamais chercher à le faire publier : La Maison dans laquelle. Dans les années 1990, elle finit par laisser un exemplaire du manuscrit à des amis. Quinze ans plus tard, après être passé de lecteurs en lecteurs, celui-ci tombe entre les mains d’un éditeur, qui y jette un œil poli avant de le dévorer en quelques jours. Dès sa sortie, en 2009, le livre est lauréat de nombreux prix, et devient un best-seller intergénérationnel et international (250 000 exemplaires vendus en Russie, traductions en italien, polonais, danois, letton, macédonien, norvégien, espagnol et hongrois), dont la communauté de fans ne cesse de grandir. Mariam Petrosyan est aujourd’hui considérée (bien qu’elle soit toujours arménienne) comme l’une des écrivaines russes les plus novatrices. La Maison dans laquelle est son seul roman. Selon ses propres dires, elle ne l’a pas écrit ; elle y a vécu.

"Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d’avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l’amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l’existence, et même quand vous serez seul, ce ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s’écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l’idée de devoir la quitter.Ensorcelante évocation de l’enfance et de l’adolescence, La Maison dans laquelle est un chant d’amour fantastique à cet âge ingrat et bienheureux, à ses exaltations et ses tragédies, au sentiment de frustration et de toute-puissance qui le traverse." Mystère...

La Maison dans laquelle, de Mariam Petrosyan, aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

La maison dans laquelle, de Mariam Petrosyan
La maison dans laquelle, de Mariam Petrosyan

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Alors que Yann Moix est en difficulté avec Grasset pour avoir dénigré les auteurs maison à la télévision, et Richard Millet mis à pied à Gallimard pour avoir écrit ce qu'il pense de Maylis de Kerangal, Emmanuel Carrère fait le succès de L'Homme-Dé de Luke Rhinehart après l'avoir vanté à "La Grande Librairie". Le mieux pour promouvoir un livre reste encore, comme Actes Sud, pionnier en la matière, d'en faire la publicité dans le métro ou au cinéma.

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Une femme chez les chasseurs de têtes, de Titaӱna
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Une vie de paysages, de Béatrice Commengé
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