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Littérature: Ladivine et Station Rome

58 min
À retrouver dans l'émission

Au programme du vendredi, c'est littérature avec les critiques suivants :

  • Nathalie Crom (Télérama)

  • Étienne de Montéty (Le Figaro)

  • Karine Papillaud (Le Point)

Sur les livres suivants :

- Ladivine , Marie NDiaye (Gallimard) *Il y a toujours une certaine appréhension à découvrir le roman d’un écrivain que l’on admire –c’est mon cas avec Marie NDiaye-. La chose se complique quand le livre précédent a rencontré un très grand succès critique et public, comme ce fut le cas de « Trois femmes puissantes », dont le succès s’est trouvé bien sûr renforcé par l’attribution du Prix Goncourt.De plus, il s’est passé pas mal de temps, 3 ans et demi, entre la parution de « Trois femmes puissantes » et celle de « Ladivine », sorti en libraire le 15 février dernier.Dans mon souvenir, c’est aussi un 15 février, en 2007, qu’était sorti « Mon cœur à l’étroit », livre qui précédait « Trois femmes puissantes ».Y a-t-il une vérité cachée dans les chiffres, une magie secrète ? Peut-être bien, et en tous cas, ce sont à nouveau trois femmes qui sont au cœur de Ladivine, un prénom porté par deux d’entre elles, dans ce livre qui s’intéresse à une lignée de femmes : Ladivine Sylla, Malinka-Clarisse Rivière, et Ladivine Rivière.On rencontre au début du livre Malinka-Clarisse, fille de Ladivine Sylla, future mère de Ladivine Rivière, qui, elle-même, épousera Marko Berger. Berger, un berlinois, un allemand, berger allemand. Oui. C’est assez drôle, car jamais souligné, comme ne sera jamais expliqué la présence récurrente de personnages de chiens dans ce livre. Je dis bien de « personnage », car les chiens présents dans Ladivine sont chargés d’une âme, et sans doute d’une mission. La qualité d’écriture de ce livre m’impressionne à chaque page, par le choix extrêmement précis, subtil, de certains mots, à des moments souvent déroutants, mais toujours, on le sent, et plus encore, on le ressent, des moments extrêmement choisis et bien choisis par l’auteur.Cela explique en partie pourquoi la lecture de ce livre met dans un certain état, très particulier, entre fascination et malaise. Fascination, parce qu’elle nous offre une plongée tout à fait incroyable dans l’esprit de Malinka, comme plus tard dans celui de sa fille, et que l’on est comme emportée dans ce flux de pensée.Malaise, car tout ce qui est dit fait résonner en nous des cordes très sensibles, dans la question de la relation à nos parents, sur le sens profond de nos vies, sur notre aspiration à une vie « autre ».Tout cela faisait que j’ai lu ce livre avec avidité, avec une extrême lenteur, aussi, de peur de manquer un mot, un adjectif, d’en rater la richesse, la polysémie, l’ambiguïté, le secret. Et puis j’avais hâte de savoir ce qui allait se passer dans la vie de ces femmes, jusqu’à ce que, au troisième tiers environ, j’ai eu envie de ralentir mon rythme de lecture, parce que je ne voulais pas que ça s’arrête, d’une part, et parce que j’avais peur de la fin, aussi.* Arnaud Laporte

- Station Rome , Vincent Pieri (Mercure de France) « Station Rome » est le premier roman de Vincent Pieri, professeur de lettres âgé de trente ans, qui avait précédemment publié un essai, « Les enfants du Mékong. La force du don ».On entend dans ce livre la voix d’un homme, un homme qui nous parle, ou plutôt qui se parle, puisque nous lisons son journal intime. Ce que l’on comprend vite, c’est qu’il s’agit de ce qu’on appelle aujourd’hui un SDF. Autrefois, on aurait dit un clochard.Dans ce livre, Vincent Pieri ne nous épargne rien du quotidien le plus concret de cet homme, mais retisse peu à peu la toile d’une vie passée, d’une vie d’avant la cloche, d’avant la déchéance. Car avant d’avoir perdu pied, cet homme-là, Raphaël Coulanges, qui a 37 ans aujourd’hui, a vécu pour la musique, la musique classique. C’est dans ce monde-là qu’il aurait dû vivre. Dans ce monde-là qu’il a connu l’amour, qu’il a connu Ariane, avant de perdre le fil… Arnaud Laporte

Les coups de cœur :

Nathalie Crom:

  • Œuvre de Claude Simon en Pléiade (Second volume)

Parler de Claude Simon est difficile. Avec cette œuvre, on prend la mesure de cet écrivain qui a été critiqué et qui n’a pas fait l’unanimité.

C’est une des grandes voix littéraire de la deuxième partie du XXème siècle.

Étienne de Montéty:

  • Appelle-moi Stendhal , Gérard Guégan (Stock)

Gérard Guéguan est un personnage inclassable de l’édition contemporaine.

Il s’intéresse de manière très personnelle à Stendhal, presque déroutante. Il débute son roman par la mort de Stendhal et va enquêter.

Il parle de tout sauf de Stendhal lui-même.

  • C’est un livre incroyablement vivant, spontané et inclassable, porté par une énergie et un ton fraternel à l’égard de Stendhal. *

Bien sûr, la revue de presse culturelle d’Antoine Guillot: "Les sulfureux tontons flingueurs des lettres françaises"

Et le coup de fil de Seham Boutata passé à Nadia Champesme , libraire à la Salle des Machines à Marseille, ouverte depuis le 12 janvier.

Pastille introductive : Harold COBERT

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