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Littérature: Le club des gourmets et La pirouette

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, La Dispute présentée par Antoine Guillot portera sur l’actualité littéraire avec les critiques :

-Nathalie Crom (Télérama)

-Daniel Martin (La Montagne)

-Emily Barnett (Les Inrockuptibles)

A propos des livres suivants :

Lecture par Anna Sigalevitch:

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La pirouette
La pirouette

Je complète la lecture d’Anna Sigalevitch par une autre citation, page 118 de "La Pirouette" : « Il y avait une fois un garçon à moitié serbe et à moitié tsigane qui voulait devenir un musicien tsigane, alors il a quitté sa famille, fait une pirouette au milieu d’un bois et disparu pour toujours entre les arbres de Belgrade.”

Le garçon en question, à moitié serbe et à moitié tsigane, c’est Milan Rakic, un pianiste de talent, spécialiste de Liszt et de l’improvisation, avec qui le narrateur du livre, Eduardo, et sa compagne Lia, qui l’appelle Dudú, et n’aime rien tant que dessiner ses orgasmes, ont passé deux jours au festival d’Antigua, au Guatemala. A force de boire des verres et de parler musique, notamment de Thelonious Monk, une amitié sincère s’est créée, entretenue par les cartes postales qu’envoie Milan à Eduardo au fur et à mesure de ses déplacements, cartes postales qui sont autant de petits contes sur la culture tsigane. Jusqu’à une dernière carte, énigmatique, qu’Eduardo interprète comme un adieu. Il se met alors en tête de partir en Serbie à la recherche de son ami. S’ensuit une enquête dans le Belgrade interlope des musiciens tsiganes, notamment sur la signification énigmatique du mot « pirouette », qui prend vite les allures d’une quête identitaire.

Car comme Milan est serbe et tsigane, Eduardo, comme l’écrivain Eduardo Halfon, est guatémaltèque et juif, et pour compliquer le tout, sépharade par son père et ashkénaze par sa mère. "La Pirouette" n’est que son deuxième livre traduit en français, par Albert Bensoussan, après "Saturne" en 2011. Et pourtant, le quadragénaire, installé aujourd’hui dans le Nebraska, a déjà une demi-douzaine de livres derrière lui. Il était donc plus que temps qu’on découvre enfin sa prose sensuelle et entêtante comme une improvisation de Monk : « Il existe des choses qui n’ont aucune signification et qui pour autant sont belles, fait dire Eduardo Halfon à son pianiste. Epistrophy, a-t-il dit, et le mot est tombé comme une libellule morte sur une soupe tiède de lentilles. »

Antoine Guillot

Lecture par Anna Sigalevitch:

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Le texte lu par Anna Sigalevitch est tiré de la première nouvelle du recueil, "Souvenirs de saké ", d’Osamu Dazai. Il y a du saké dans ce livre, mais aussi des sushis, du tofu, du canard et des champignons. Dix textes, du XIIe siècle à nos jours, dont les neuf premiers avaient fait l’objet d’une publication hors commerce en petit format A6, tirée à 500 exemplaires, dans le cadre de la résidence d’écrivain « Raconte-moi une histoire de cuisine » qu’a effectué la poétesse Ryoko Sekiguchi entre septembre 2011 et juin 2012 à La Cocotte, dans le XIe arrondissement de Paris.
« Qu’est-ce que ça bouffe alors, dans les romans japonais ! , constate Ryoko Sekiguchi en introduction de ce livre. Les personnages mangent. Beaucoup. Souvent. La scène de table, ou plus largement l’acte d’absorber aliments et breuvages, fait figure de motif immanquable de la fiction moderne et contemporaine. […] Les scènes de table sont pour ainsi dire la marque de fabrique de la création japonaise » , écrit-elle plus loin. A l’appui de ses dires, la poétesse nous propose donc ces textes, nouvelles, essais, poèmes, contes médiévaux et autres listes des 100 façons d’assaisonner le tofu, qui sont autant de hors-d’œuvre pour la pièce maîtresse du livre, qui le conclut et lui donne son nom : "Le Club des gourmets" , de Jun’ichirô Tanizaki, le premier écrivain japonais à posséder un tome à son nom dans la Pléiade, qui rassemble toutes les thématiques exposées précédemment dans le livre, avec cette histoire de cinq gastronomes en quête du goût ultime, ou comment, pour atteindre à l’Art, la gastronomie doit recourir aux cinq sens, être un art total de la sensualité.

« La cuisine , écrit un autre des auteurs rassemblé dans le livre, Kôzaburô Arashiyama, c’est à la fois conceptuel et existentiel. Mettre des aliments dans sa bouche, mâcher, avaler, cette cuisine-là appartient incontestablement aux plats de l’existence, mais l’essence du goût, c’est comme la chaleur résiduelle qui demeure après la lecture d’un livre. »

Antoine Guillot

Ainsi que les coups de cœurs :

  • d'Emily Barnett :

La poupée de Daphné du Maurier (Albin Michel)

La poupée
La poupée
  • de Daniel Martin :

Comment vivre? Une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponse de Sarah Blakewell (Albin Michel)

Comment vivre?
Comment vivre?

Sans oublier la revue de presse culturelle de Christophe Payet.

Et la chronique d'André Chabin.

Pastille introductive : Marek HALTER

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