LE DIRECT
"L'Outsider" de Stephen King, "Un appartement sur Uranus" de Paul B Preciado © Electre, "Les Ombres sur la Tamise" © Les éditions du Boréal

Littérature : Un appartement sur Uranus, "une odyssée dopée à la testostérone"

56 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute : « Les ombres sur la Tamise » de Michael Ondaatje (Editions de L’Olivier), "Un appartement sur Uranus" de Paul B. Preciado (Grasset) et "L'Outsider" de Stephen King (Albin Michel) . Enfin, un coup de coeur d'Elisabeth Philippe pour "On dirait que je suis morte".

"L'Outsider" de Stephen King, "Un appartement sur Uranus" de Paul B Preciado © Electre, "Les Ombres sur la Tamise" © Les éditions du Boréal
"L'Outsider" de Stephen King, "Un appartement sur Uranus" de Paul B Preciado © Electre, "Les Ombres sur la Tamise" © Les éditions du Boréal

« Les ombres sur la Tamise » de Michael Ondaatje (Editions de L’Olivier)

"Ombres sur la Tamise" de Michael Ondaatje © Electre
"Ombres sur la Tamise" de Michael Ondaatje © Electre

Présentation de la maison d'édition : "En 1945, nos parents partirent en nous laissant aux soins de deux hommes qui étaient peut-être des criminels."

Dans le Londres de l’après-guerre encore meurtri par les séquelles du Blitz, deux adolescents, Nathanael et Rachel, sont confiés par leurs parents à de mystérieux individus. L’un d’eux, surnommé « Le Papillon de Nuit », va se charger de leur éducation, et les entraîner progressivement dans un monde interlope, aux marges de la légalité. On y conduit des bateaux, la nuit, en utilisant un code étrange fait de chants d’oiseaux. On y fréquente le milieu des paris clandestins et des courses de lévriers. On n’y est jamais sûr de rien… Mais ces gens qui les initient et les protègent sont-ils vraiment ceux qu’ils prétendent être ?
Bien des années passeront avant que Nathanael fasse toute la lumière sur son enfance, et comprenne enfin ce qui s’est vraiment passé.

Avec ses zones obscures, ses épisodes féériques et ses péripéties dignes d’un roman noir, Ombres sur la Tamise est à la fois un admirable roman de formation et une réflexion sur les troubles de l’Histoire.

L'avis des critiques : 

On trouve là, architecturé, de manière parfaite et extrêmement efficace sur le plan romanesque, tout un tas d’univers forts du roman de la littérature anglaise. (..) Il y a une habilité à tirer les ficelles et à transformer un roman d'initiation sentimentale et mélancolique en thriller historique qui est absolument diabolique. François Angelier

La langue de Michael Ondaatje est d’une précision, d’une clarté et d’une élégance absolue. Chaque phrase est absolument parfaite. C’est un plaisir de se perdre avec lui dans ce Londres un peu malfamé. Elisabeth Philippe 

C’est un grand roman brumeux, suspendu, chargé d’histoires et de sens. C’est un peu le roman suprême qui croise plusieurs styles: le roman initiatique, le roman noir presque fantastique, le roman d’espionnage, le roman historique et un roman sur la littérature. Il est d’une richesse infinie. Philippe Chevilley 

"Un appartement sur Uranus"  de Paul B. Preciado (Grasset)

"Un appartement sur Uranus"  de Paul B. Preciado © Electre
"Un appartement sur Uranus" de Paul B. Preciado © Electre

Présentation de la maison d'édition : Au XIX siècle, lorsque l’homosexualité est inventée comme crime et maladie mentale en Europe, l’écrivain Karl Heinrich Ulrich est le premier à se déclarer «  uraniste  » et à affirmer les droits de «  ceux qui aiment différemment  ». Après lui, Preciado refuse le protocole médico-légal de changement de sexe et entreprend un projet de transformation de son corps et de sa subjectivité via l’auto-administration de testostérone. Il relate cette traversée, ce devenir «  homme-trans  »,   au fil de chroniques dans Libération entamées comme Beatriz et poursuivies une fois devenu Paul.
Il y développe une philosophie politique dépassant les questions de sexualité et évoque des questions politico-sociales comme le devenir néo-fasciste en Europe, la crise grecque, les luttes zapatistes au Mexique, le conflit en Catalogne.
En devenant Paul, Preciado, «  dissident du système genre-genre  », met en pratique la révolution sexuelle et politique qu’il appelle de ses vœux. Il propose ainsi une cartographie de technologies du pouvoir aussi bien qu’une guide des nouvelles stratégies de résistance à la norme.

L'avis des critiques : 

On est face à un propos fort, qui nous bouscule. Le style de Paul B. Preciado est très brillant parfois même poétique. Mais ce sont des chroniques qui restent journalistiques et inégales. Je perdais un peu de l’attention. Même si c’est très cohérent, il y a aussi une forme de redondance dans le côté militant radical. (…) Le discours politique me déçoit. Philippe Chevilley

L’éternel problème des chroniques est qu’il y a un effet choc qui a tendance à s’émousser et à sombrer dans la redondance à partir du moment où on les lit sans attente. C’est un peu le cas pour les textes théoriques. Je n’ai pas senti cet effet de redondance dans le témoignage intime et les récits de vie. François Angelier 

Ces chroniques forment un tout assez homogène qui constitue finalement le récit de la transition de Beatriz P. Préciado et d’un monde en transition. Il peut y avoir des répétitions mais il y aussi une transition formelle qui permet d’éviter la monotonie. Là où Préciado se distingue de la pensée queer est que sa volonté est de sortir totalement de la logique d’identité. C’est vraiment la force de son propos.  Elisabeth Philippe 

"L'Outsider" de Stephen King (Albin Michel)

"L'Outsider" de Stephen King © Electre
"L'Outsider" de Stephen King © Electre

Présentation de la maison d'édition : Parfois, le mal prend le visage du bien.

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.

Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.

Et si c’était vrai ?

L'avis des critiques : 

Ce roman se lit très bien. Il y a une belle exploitation des mythes de l’horreur enfantine. J’ai été beaucoup marqué par cette volonté très appuyée d’être le plus hyperréaliste possible pour essayer de faire passer le message que l’on pouvait basculer dans l’irrationnel. C’est parfois un peu maladroit car un peu appuyé. Philippe Chevilley

Il y a une dimension parodique dans ce texte et je me suis demandée si Stephen King ne se moquait pas un peu de nous. Ce roman s’étire. Il y a une mise en place extrêmement longue de l’intrigue avant qu’on bascule dans le surnaturel. Les scènes se répètent, on part dans des tunnels de dialogues. Cela a été un frein à la lecture. Elisabeth Philippe 

>> LE COUP DE COEUR D'ELISABETH PHILIPPE : "On dirait que je suis morte" de Jen Beagin (Buchet Chastel)

"On dirait que je suis morte" de Jen Beagin © Electre
"On dirait que je suis morte" de Jen Beagin © Electre

Présentation de la maison d'édition : Mona a vingt-quatre ans, une vie cabossée, une âme pure et une intuition désastreuse lorsqu’il s’agit de se construire une vie meilleure. Le jour, Mona fait des ménages pour gagner sa vie, vidant au passage les tiroirs d’anxiolytiques de ses riches clients. Le soir, elle distribue des seringues aux junkies de Lowell, Massachusetts. C’est là qu’elle tombe amoureuse de M. Dégoûtant, un artiste raté et sans dents.

C’est le début d’une odyssée trash et burlesque qui la mènera jusqu’au Nouveau-Mexique. Là-bas, au milieu de loufoques en tout genre, elle s’évertuera, à force de cuvettes à récurer, de drogues plus ou moins douces et d’introspections un brin erratiques, à trouver sa place dans le monde.

C’est un roman d’aventures ratées, extrêmement drôle, désenchanté. Ce livre est bourré de charme, situé entre le « Manuel à l’usage des femmes de ménage » de Lucia Berlin avec un coté très David Foster Wallace dans la façon de parler de l’ennui, des addictions. Il parle de notre époque à travers un personnage extrêmement attachant et dans une langue qui réserve des surprises à un peu près chaque phrase. Elisabeth Philippe

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......