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Littérature: A moi seul bien des personnages et Au nom de la loi

57 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir La Dispute portera sur l’actualité littéraire avec les critiques :

-Nathalie Crom (Télérama)

-Sabine Audrerie (La Croix)

-Florent Georgesco (Le Monde)

A propos des livres suivants:

-Au nom de la loi de Samuel Blumenfeld (Grasset)

Lecture par Marie Richeux:

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Au nom de la loi
Au nom de la loi

Samuel Blumenfeld est critique de cinéma au quotidien Le Monde depuis 1997, et grand reporter au Monde 2. Il a précédemment publié « L’Homme qui voulait être prince, les vies imaginaires de Michal Waszynski », biographie de Michal Waszynski qui réalisa le chef-d’œuvre du cinéma yiddish "Le Dibbouk" (1937). Mais Samuel Blumenfeld est aussi un spécialiste du cinéma américain et a notamment publié un livre d'entretiens avec Brian de Palma, en 2001.« Au nom de la loi » est donc le premier roman de Samuel Blumenfeld, et il s’attache à suivre les années d’apprentissage du petit David Bergelson, dont l’environnement familial est constitué de son père, Isaac, qui cherche fortune, que ce soit par des magouilles plus ou moins grandes, qui lui vaudront un séjour en prison, ou par de réelles quêtes de mine d’or au fin fond du Vénézuela, et la mère de David, Hannah, écrivain d’un seul et interminable livre, dont tous les éditeurs refusent, année après année, la publication.Il y a aussi l’oncle Bernard, véritable escroc, qui devra s’exiler en Israël pour échapper à la justice, non sans avoir converti le jeune David à son goût pour les combats de boxe.Mais la figure centrale du livre, celle à l’aune de laquelle David tente de s’émanciper, de devenir adulte et de trouver un sens à une vie particulièrement chaotique, c’est le frère de David, l’acteur Steve Mc Queen. Un frère aussi réel qu’imaginaire, pourrait-on dire, car la relation de David à l’acteur américain, plus grande star mondiale dans les années 70, est une relation extrêmement forte, extrêmement riche, nourrie d’abord par la série télé qui donne son titre au livre, « Au nom de la loi », puis par le visionnage des différents films de Steve Mc Queen.Mais « Au nom de la loi », cela renvoie aussi très directement à la loi juive, puisque la judéité de David occupe elle aussi une place importante dans le récit. Arnaud Laporte

-A moi seul bien des personnages de John Irving (Seuil)

Lecture par Marie Richeux:

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A moi seul bien des personnages
A moi seul bien des personnages

John Irving est "entré dans la carrière" en 1968, avec un roman intitulé « Liberté pour les ours ! », roman que les éditions du Seuil ne publièrent qu’en 1991, 11 ans après la parution française du « Monde selon Garp », qui révéla véritablement l’écrivain américain dans le monde entier.Suivront notamment « Hotel New Hampshire », « Une prière pour Owen », « Un enfant de la balle », ou, plus près de nous, « Je te retrouverai », ou « Dernière nuit à Twisted River ».Sur la page Wikipédia consacré à John Irving, un tableau très amusant, qui se propose de pointer les éléments récurrents dans les romans de l’écrivain, et leurs occurrences dans les différents romans.Les lecteurs familiers d’Irving ne seront pas étonnés par cette liste : Nouvelle-Angleterre /Prostituées / Lutte /Vienne /Ours / Accident létal /Parent absent /Cinéma /et enfin le diptyque Jeune homme - femme adulte.Et l’on peut dire tout de suite que le nouveau roman d’Irving, qui emprunte son titre, « A moi seul bien des personnages », à un vers du Richard II de Shakespeare, est quasiment un carton plein des thématiques chères à l’auteur.
La question du genre est une des questions centrales du livre, puisque le narrateur, William Marshall Abott, dit Billy, né le même mois de la même année que John Irving, en mars 1942, se sent autant sexuellement attirée par les hommes, les femmes, et surtout, découvrira-t-il plus tard, par les transsexuels, chez qui il aime tout !Mais ce roman, c’est aussi la difficulté de ces goûts-là, de ces pulsions là, dans l’Amérique des années 50 et 60, et la haine de soi que le puritanisme ambiant génère chez le jeune homme.Heureusement, il y a les livres, qui peuvent changer une vie, nous dit une fois encore John Irving, et heureusement il y aura ce voyage à Vienne, où il pourra commencer à assouvir ses désirs. Mais avant cela, il y a cette attirance complexe pour Miss Frost, mademoiselle Gel, en vf, mais aussi pour sa petite amie, Elaine, mais aussi pour le sublime Kittredge, le champion de lutte du collège, mais aussi pour son beau-père, qui lui transmet le goût du théâtre, et de Shakespeare, avec la petite troupe locale dans laquelle le grand-père du narrateur n’aime rien tant que de tenir des rôles féminins…Beaucoup d’humour, aussi, derrière le mal-être de l’adolescent.Et plus tard, le livre changera aussi de tonalité, pour aborder les années SIDA, le silence meurtrier de l’administration Reagan, les proches qui meurent les uns après les autres, et un Billy se rendant compte, à l’approche de la vieillesse, que si les désirs nous façonnent, comme il est dit dans le premier paragraphe du roman, les désirs ne nous construisent pas pour autant...

Arnaud Laporte

Ainsi que les coups de cœur :

de Nathalie Crom :

-J'aimerais tellement que tu sois là de Graham Swift (Gallimard)

J'aimerais tellement que tu sois là
J'aimerais tellement que tu sois là

C’est très bien traduit. Graham Swift est un romancier anglais qui fait partie de cette génération talentueuse née à la fin des années 40 qui compte entre autres Julian Barnes, Ian Mc Millan, Martin Amis ... Il n’est pas le plus connu en France, car son talent est moins spectaculaire que celui de Martin Amis ou de Ian Mc Ewan. Swift est un romancier de l’intime. Il a une vraie justesse dans sa façon de raconter des histoires sous l’angle de l’intimité, tout en englobant le collectif, le moment historique d’un pays. Ce roman raconte l’histoire de deux frères pendant la crise de la paysannerie anglaise, à la toute fin du 20ème siècle. Il arrive à tisser des personnages (et des liens entre les personnages) tout en dressant un décor qui est plus qu’en trois dimensions. C’est un très beau roman sur la succession des générations et sur le temps.

Nathalie Crom

de Florent Georgesco :

-La Puissance discrète du hasard de Denis Grozdanovitch (Denoël)

La puissance discrète du hasard
La puissance discrète du hasard

Cet essai est le 11ème livre de Grozdanovitch, depuis le "Petit traité de désinvolture", qui avait fait de lui une révélation très singulière dans le champ littéraire français. Ceux qui le connaissent sont habitués au grand plaisir que procurent ses promenades, à sa manière de déambuler à travers les pensées des autres pour peu à peu forger un univers très personnel, une manière unique de se lancer dans une aventure qu'il rend extraordinaire : la découverte du réel, qu'il sait montrer sous un jour presque fantastique, plus fort, plus envoûtant que tout ce que l’imagination peut nous offrir. Florent Georgesco

Sans oublier l'irremplaçable revue de presse culturelle d'Antoine Guillot.

Et le coup de fil passé à Marie-Rose Guarniéri, libraire et fondatrice de la fête de la librairie par les libraires indépendants le samedi 27 avril dans toute la France et la Belgique francophone.

Pastille introductive : Steve MC QUEEN

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