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Survivre, Underground railroad, Taba-Taba

Littérature : "Pour un taiseux, ce roman relève presque de l'exhibitionnisme."

55 min
À retrouver dans l'émission

Gros plan sur trois romans de la rentrée littéraire : "Underground railroad" de Colson Whitehead, prix Pulitzer 2017, celui de Frederika Amalia Finkelstein "Survivre" et "Taba-Taba" de Patrick Deville.

Survivre, Underground railroad, Taba-Taba
Survivre, Underground railroad, Taba-Taba Crédits : Gallimard, Albin-Michel, Seuil

Nous serons comme chaque soir en compagnie de trois critiques : Philippe Chevilley (Les Echos), Jean-Christophe Brianchon (IO Gazette) et Grégoire Leménager (L' Obs)

Taba-Taba de Patrick Deville, (Seuil)

Grégoire Leménager :

Son livre est à la fois bougon et narquois. Ce n'est pas un livre commode, comme son auteur."

Il essaie de s'affranchir de la linéarité du récit : ça rend le livre très accidenté (parfois ennuyeux).

Pour un taiseux, ce roman relève presque de l'exhibitionnisme.

Philippe Chevilley :

Ce livre almanach m'a ennuyé. Les personnages sont étouffés par le contexte politique.

C'est un roman encyclopédique. J'ai l'impression qu'on rentre dans un système qui flirte avec l'académisme.

Quatrième de couverture. Le roman commence à Mindin, en face de Saint-Nazaire, au début des années 1960, dans un lazaret devenu hôpital psychiatrique : un enfant boiteux, dont le père est administrateur du lieu, se lie d'amitié avec un des internés, un ancien de la marine qui, se balançant d'arrière en avant, répète sans cesse la même formule énigmatique : Taba-Taba. À partir de là, Patrick Deville déroule le long ruban de l'Histoire, en variant le microscope et le macroscope. Car la France, ce n'est pas seulement l'Hexagone : le narrateur se promène autour de la planète, pour rappeler l'épopée coloniale avec ses désastres mais aussi ses entreprises audacieuses (canal de Suez, de Panamá).

Cette grande fresque romanesque va de Napoléon III aux attentats qui ont ensanglanté récemment le pays, en passant par la Grande Guerre et ses tranchées, puis par le Front populaire, la Débâcle, l'Occupation, la Résistance, le Vercors, la Libération.

Taba-Taba de Patrick Deville
Taba-Taba de Patrick Deville Crédits : Seuil

Underground railroad de Colson Whitehead (Albin Michel)

Jean-Christophe Brianchon :

Le livre échappe de justesse au manichéisme.

Ce livre peut être vu comme le récit d'une histoire utile à la société.

Grégoire Leménager :

Le roman est traversé d'un symbolisme hollywoodien, lourd mais très efficace.

Quatrième de couverture. Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d'avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu'elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s'enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les états libres du Nord. De la Caroline du Sud à l'Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d'esclaves qui l'oblige à fuir, sans cesse, le « misérable coeur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L'une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l'« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d'aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. à la fois récit d'un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l'Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd'hui plus que jamais nécessaire.

Underground Railroad de Colson Whitehead
Underground Railroad de Colson Whitehead Crédits : Albin Michel

Survivre de Frederika Amalia Finkelstein (Gallimard - L'arpenteur)

Grégoire Leménager :

Ce livre est obscène car elle ne fait rien de la violence qu'elle évoque.

Jean-Christophe Brianchon :

A force d'emphase, son écriture revêt un certain charme.

Philippe Chevilley :

Frederika Amalia Finkelstein cherche son livre durant tout le livre.

Quatrième de couverture. "Le soir du 13 novembre, j’ai compris que la guerre pouvait éclater en bas de chez moi – une forme inouïe de guerre. La peur et la méfiance sont devenues normales : je vis en attendant le prochain attentat. Le soir du 13 novembre, ma génération s’en est prise à elle-même : les assassins avaient le même âge que les assassinés. Survivre est un hommage à cette génération, née avec les écrans, ultraconnectée, et pourtant en proie à une immense solitude. Nous voulons être libres : parfois pour le meilleur, parfois pour le pire." Frederika Amalia Finkelstein.

Survivre de Frederika Amalia Finkelstein
Survivre de Frederika Amalia Finkelstein Crédits : Gallimard

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