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Littérature: Retour sur les prix

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute traitera de l'actualité littéraire avec les critiques suivants:

  • Frédéric Ferney (Le Point)- Sabine Audrerie (La Croix)- Philippe Delaroche (Lire)- Nathalie Crom (Télérama)sur les prix suivants:

- Le Fémina : Peste et Choléra , de Patrick Deville (Seuil) Fémina étranger: Certaines n'avaient jamais vu la mer , Julia Otsuka (Phébus)

Sabine Audrerie: J’ai été bluffée par ce roman. Le travail de Patrick Deville évolue depuis ses premiers livres chez Minuit. Il a intégré peu à peu des éléments documentaires, et passe avec ce livre au "je", se glissant dans la narration sous la forme d'un "fantôme du futur" grâce auquel il est physiquement avec son personnage. Les allers-retours temporels et géographiques sont très réussis.

Philippe Delaroche:

Patrick Deville était mon favori. Je suis très heureux de ce Fémina. Il provoque un dépaysement tout en usant du présent de l’indicatif. Le personnage me rappelle l’aventure oblative.

Frédéric Ferney: L’originalité du livre, c’est de l’avoir écrit au présent. Il est plein de charme au sens fort du terme. Le ressort de la fiction est documentaire.

Arnaud Laporte: A partir de la vie d'un homme ayant bien existé, Patrick Deville crée un grand personnage romanesque.

- Le Médicis : Féérie générale , Emmanuelle Pireyre (Editions de l'Olivier) Médicis de l'essai : Congo, une histoire , David Van Reybrouck (Actes Sud)

Arnaud Laporte : Ce livre m'a réjoui en brossant le portrait accablant de notre époque. Le talent singulier d'Emmanuelle Pireyre est de faire rire en regardant notre monde d'aujourd'hui avec une acuité et un sens du décalage et du télescopage des idées. C'est une jubilation.

Nathalie Crom:

Je suis un peu désarçonnée. C’est une lecture conceptuelle. J’ai été très amusée. Elle arrive à capter certaines choses. La limite de ce livre qui fonctionne pourtant bien, c’est le côté astucieux.

Sabine Audrerie: Emmanuelle Pireyre vient de la poésie contemporaine et je crois qu'il y a dans sa démarche une volonté de décomplexer, de dire que la littérature, même ambitieuse, peut-être lisible par n’importe qui. Il y a beaucoup d'humour. Au demeurant, je n’arrive pas à l’attraper.

Frédéric Ferney: Il m’a laissé perplexe à la fois par son ambition et par sa forme. Ce n’est qu’astucieux. Je vois l’idée, je sens l’ironie mais le monde me manque.

  • Le Renaudot: Notre Dame du Nil , Scholastique Mukasonga (Gallimard)

Nathalie Crom: J’ai appris des choses avec ce roman. C’est un bon livre mais pas inoubliable.

Sabine Audrerie: Malgré un classicisme de départ, il y a au fil du livre une tension croissante qui s’installe. Maintenant, j’ai envie de me plonger dans ses précédents livres autobiographiques.

Philippe Delaroche: C’est une heureuse surprise. On se laisse prendre.

Frédéric Ferney: J’ai été très étonné par le choix de ce livre sorti en printemps dernier. Je m’en réjouis. C’est une écriture assez sage et classique. Mais cette absence de prétention me plait.

Scholastique Mukasonga est une conteuse.

**- Le Goncourt : Le Sermon sur la chute de Rome , Jérome Ferrari (Actes Sud) Nathalie Crom: * C’est un des très beaux livres de cette rentrée. J’admire la phrase Ferrarienne. Dès les premières pages, son livre nous capte. C’est un livre intelligent et sensuel. L’humour est la seule qualité qui lui manque.*

Sabine Audrerie: Jérôme Ferrari reprend avec ce livre le thème déjà exploré de l'attachement au monde. Ce roman peut-être moins saisissant d'emblée que le précédent, mais non moins subtil. Il incarne ses personnages de manière concrète dans une histoire plus complexe qu’il n’y paraît, où la pensée de Saint Augustin vient comme point de départ philosophique.

Philippe Delaroche:

J’ai beaucoup aimé ce roman car j’ai confiance dans le talent de Jérôme Ferrari. Je me permets une petite réserve pour la deuxième partie du livre qui est curieusement relâchée et pas à la hauteur de la première partie. Sa singularité me plaît beaucoup.

Frédéric Ferney:

Dans ses livres précédents, j’avais l’impression qu’il était prisonnier d’une forme. C’est un styliste mais il a brisé son armure pour ce roman. Il a pris de l’ampleur et c’est beaucoup plus fort, ancré et humain.

Bien sûr, la revue de presse d'Antoine Guillot Et le coup de fil de Seham Boutata au libraire Dimitri Devillers à l'occasion du Prix Wepler/ Fondation La Poste.

Le Prix Wepler a été decerné à Leslie KAPLAN pour le roman Millefeuille (POL).

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