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A gauche : Laura K. ; en haut à droite : A. A. Olafsdottir ; en bas : J. Dee

Littérature : "La tension flotte comme un nuage inquiétant et se diffuse au compte-goutte"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, littérature, avec un recueil de nouvelles, "Si un inconnu vous aborde" ; un roman de Jonathan Dee, "Ceux d'ici" et "Ör"de l’islandaise Audur Ava Olafsdottir.

A gauche : Laura K. ; en haut à droite : A. A. Olafsdottir ; en bas : J. Dee
A gauche : Laura K. ; en haut à droite : A. A. Olafsdottir ; en bas : J. Dee Crédits : Creative Commons

Si un inconnu vous aborde, Laura Kasischke (Page à Page)

Extrait du recueil : 

« Un couple âgé entre dans le bureau d’un avocat. Ils lui expliquent qu’ils sont mariés depuis soixante-dix ans et qu’ils veulent divorcer. L’avocat prend des notes pour lancer la procédure, puis lève la tête et dit : "Je peux vous poser une question ? Pourquoi vouloir divorcer après soixante-dix ans de mariage, pourquoi maintenant ?" À quoi ils répondent : "On voulait attendre que les enfants soient morts." »

Couverture
Couverture Crédits : Page à Page

Elisabeth Franck Dumas : 

La tension flotte comme un nuage inquiétant et se diffuse au compte-goutte dans le récit.

Elle a une maîtrise exemplaire du suspens.

Lucile Commeaux : 

J’ai préféré les nouvelles courtes dans lesquelles il y a quelque chose de la poésie en prose baudelairienne. 

Raphaëlle Leyris :  

Lire Laura Kasischke est une expérience physique qui met tous les sens en éveil. 

L’inconnu qui vous aborde est généralement soi-même.

Ör, Auður Ava Ólafsdóttir (éditions Zulma)

Présentation officielle : Se décrivant lui-même comme un « homme de quarante-neuf ans, divorcé, hétérosexuel, sans envergure, qui n’a pas tenu dans ses bras de corps féminin nu – en tout cas pas délibérément – depuis huit ans et cinq mois », Jónas Ebeneser n’a qu’une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur est en crise et la crise est profonde. Et guère de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie – son ex-femme, sa fille, spécialiste de l’écosystème des océans, un joli accident de jeunesse, et sa propre mère, ancienne prof de maths à l’esprit égaré, collectionneuse des données chiffrées de toutes les guerres du monde… Doit-il se faire tatouer une aile de rapace sur la poitrine ou carrément emprunter le fusil de chasse de son voisin pour en finir à la date de son choix ? Autant se mettre en route pour un voyage sans retour à destination d’un pays abîmé par la guerre, avec sa caisse à outils pour tout bagage et sa perceuse en bandoulière.

Ör est le roman poétique et profond, drôle, délicat, d’un homme qui s’en va, en quête de réparation.

Raphaëlle Leyris  :  

Je reconnais une écriture délicate mais suis très perplexe devant la morale peu subtile. 

Lucile Commeaux:  

La naïveté assumée m’a beaucoup plu

Elisabeth Franck Dumas : 

Le style est précieux, démonstratif. Le personnage est factice. Le récit est fléché à chaque seconde vers la rédemption...

--
-- Crédits : Zulma

Ceux d'ici, Jonathan Dee (Plon)

Présentation officielle : Jonathan Dee, « l'un des meilleurs décrypteurs de l'Amérique contemporaine », livre un roman magistral sur la middle class et ses désillusions. Captivant et terriblement actuel.

Howland, petite ville du Massachusetts, est un havre de paix pour les vacanciers venus de New York. Mark, lui, fait partie des locaux. Entrepreneur en bâtiment, il peine à joindre les deux bouts. Engagé par Philip Hadi, New-Yorkais richissime, bien décidé à s'installer à Howland, il est fasciné par cet homme qui brasse des millions. Et si le moment était venu pour lui de tenter sa chance ? Avec son frère, Mark décide de se lancer dans les placements immobiliers.
Lorsque Hadi devient maire de la ville, utilisant ses fonds privés pour faire la pluie et le beau temps, le fossé se creuse encore un peu plus entre le New-Yorkais et les habitants de la petite ville...
Mettant en scène la montée d'un nouvel autoritarisme, c'est la fin du rêve américain que Jonathan Dee décrypte ici de main de maître. Un roman social non seulement brillant, mais aussi inquiétant de réalisme.

Couverture
Couverture Crédits : Plon

Raphaëlle Leyris  : 

Ceux d’ici est un roman sur le ressentiment.

Elisabeth Franck Dumas : 

C’est un portrait visionnaire de l’Amérique des « petits blancs » qui mérite d’être lu.

Lucile Commeaux :  

C’est un roman de mœurs assez classique dont l’analyse politique est décevante. 

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