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A gauche : Daniel Mendelsohn ; en haut à droite : Patrick Modiano ; en bas : Marie Darrieussecq

Littérature : "C'est un livre d'errance et de rencontres dans un Paris languide"

56 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de l'émission littéraire, un trio de critiques et trois livres : le dernier roman du prix Nobel Patrick Modiano, "Souvenirs dormants", "Une odyssée" de Daniel Mendelsohn et "Notre vie dans les forêts" de Marie Darrieussecq.

A gauche : Daniel Mendelsohn ; en haut à droite : Patrick Modiano ; en bas : Marie Darrieussecq
A gauche : Daniel Mendelsohn ; en haut à droite : Patrick Modiano ; en bas : Marie Darrieussecq Crédits : Matt Mendelsohn, Gallimard, POL

Souvenirs dormants, Patrick Modiano (Gallimard)

Présentation de l'éditeur :

«"Vous en avez de la mémoire..."

Oui, beaucoup... Mais j'ai aussi la mémoire de détails de ma vie, de personnes que je me suis efforcé d'oublier. Je croyais y être parvenu et sans que je m'y attende, après des dizaines d'années, ils remontent à la surface, comme des noyés, au détour d'une rue, à certaines heures de la journée.»

Elisabeth Philippe :

C'est un livre modianesque : un livre d'errance et de rencontres dans un Paris languide.

Toutes ces femmes sont autant d'Eurydice sur lesquelles il se retourne pour les faire disparaître.

Florent Georgesco :

Le registre du livre est le conditionnel traversé par la méditation sur ce qu'aurait pu être nos vies.

Raphaëlle Leyris :

C'est un texte profondément proustien.

Couverture du livre
Couverture du livre Crédits : Gallimard

Une odyssée, Daniel Mendelsohn (Flammarion)

Présentation de l'éditeur : Lorsque Jay Mendelsohn, âgé de quatre-vingt-un ans, décide de suivre le séminaire que son fils

Daniel consacre à l'Odyssée d'Homère, père et fils commencent un périple de grande ampleur. Ils s'affrontent dans la salle de classe, puis se découvrent pendant les dix jours d'une croisière thématique sur les traces d'Ulysse.

À la fascinante exploration de l'Odyssée d'Homère fait écho le récit merveilleux de la redécouverte mutuelle d'un fils et d'un père.

Raphaëlle Leyris :

Cette manière de tresser l'analyse de texte et la réalité forme un magnifique péan.

Florent Georgesco :

Il réussit à nouer très profondément sa relation à l’œuvre antique : ce rapport n'a rien d'artificiel.

Daniel Mendelsohn nous dit qu'il n'y a de magie que dans le temps et ses métamorphoses.

Elisabeth Philippe :

C'est un voyage qui n'a pas de fin car on ne connait jamais vraiment son père.

Arnaud Laporte :

Quel livre l'auteur va-t-il pouvoir écrire après cette odyssée ?

Couverture
Couverture Crédits : Flammarion

Notre vie dans les forêts, Marie Darrieussecq (P.O.L.)

Présentation de l'éditeur : « Il faut que je raconte cette histoire. Il faut que j’essaie de comprendre en mettant les choses bout à bout. En rameutant les morceaux. Parce que ça ne va pas. C’est pas bon, là, tout ça. Pas bon du tout. »

Ces mots sont parmi les premiers du nouveau roman de Marie Darrieussecq (roman qui s’est imposé à elle alors qu’elle travaillait sur un autre projet et qu’elle a écrit d’une seule traite, comme poussée par une nécessité impérieuse). De ce roman, ils indiquent la tonalité et le mode narratif. C’est un roman à la première personne, où l’héroïne découvre au fur et à mesure qu’elle la raconte toutes les causes et les conséquences de son histoire. Nous sommes donc dans une forêt (« nous » car la manière dont le livre est écrit impose une identification du lecteur). Le personnage principal, une femme qui fut autrefois psychothérapeute, s’y cache avec d’autres. D’autres ? Des compagnons de fuite, loin d’un monde qu’on devine menaçant pour eux et qui les traque. Mais aussi avec des êtres étranges, comme flottants, mais qui leur ressemblent de manière frappante, des sosies ? Leurs clones, en fait qu’ils ont emmenés avec eux dans leur fuite.

Cette dystopie, qui se situe dans la postérité de Le meilleur des mondes, comme dans celle de 1984 ou de Fahrenheit 451, nous raconte une histoire de trafic d’organes, de gérontocratie, de totalitarisme sanitaire et politique. Marie Darrieussecq, avec ce personnage très légèrement en retard sur les événements, et à ce titre bouleversant, renoue avec la veine de Truismes.

Florent Georgesco :

Le livre passe à côté de son sujet : c'est un problème de langue et de paresse.

La recherche de l'oralité n'est jamais dans cette prose terne qui manque de rythme: le livre est rongé par les tics.

Le livre pêche par balourdise de moyens.

Raphaëlle Leyris :

Ce livre est un corps qui se disloque dans un monde en lambeaux : l'oralité a un sens.

Elisabeth Philippe :

La simplicité du langage fait la force du texte car le livre pose une question : qu'est-ce qui fait de nous des humains ?

Couverture du livre
Couverture du livre Crédits : POL

Interludes musicaux

  • Ta tzitzikia, Katherine Fotinaki
  • Les amants de Paris, Edith Piaf
  • The road and final – Fahrenhelt 451, Bernard Hermann

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