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"Les chemins de désir" de Claire Richard, "Terminus Berlin" d'Edgar Hilsenrath, "Vivre dans le désordre" d'Ismaël Jude (Crédits : Electre)

Littérature : Terminus Berlin, “un avertissement face au retour des extrémismes"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute littéraire : “Terminus Berlin” d’Edgar Hilsenrath (Le Tripode) et “Vivre dans le désordre” d'Ismaël Jude (Verticales), et un coup de cœur pour “Les Chemins du désir” de Claire Richard. Enfin, un Petit Salon de Lucile Commeaux.

"Les chemins de désir" de Claire Richard, "Terminus Berlin" d'Edgar Hilsenrath, "Vivre dans le désordre" d'Ismaël Jude (Crédits : Electre)
"Les chemins de désir" de Claire Richard, "Terminus Berlin" d'Edgar Hilsenrath, "Vivre dans le désordre" d'Ismaël Jude (Crédits : Electre)

“Terminus Berlin” d’Edgar Hilsenrath (Le Tripode)

"Terminus Berlin" d'Edgar Hilsenrath (© Electre)
"Terminus Berlin" d'Edgar Hilsenrath (© Electre)

Présentation de la maison d'édition : Écrivain de la Shoah et de l’exil, Edgar Hilsenrath livre avec Terminus Berlin son roman le plus poignant, celui du retour désenchanté en Allemagne. Son héros retrouve, comme lui, le pays natal près de trente ans après avoir quitté l’Europe et ses fantômes. Le temps est venu de faire le bilan d’une vie tourmentée.

Fidèle à son humour, Hilsenrath raconte avec un sens aigu de la dérision le destin de son alter ego littéraire. Lesche, traumatisé par son expérience du ghetto, peine à trouver sa place dans un Berlin marqué par le consumérisme et la chute du Mur. Les rencontres improbables et la résurgence glauque du fascisme forment la trame de ce roman publié en Allemagne en 2006.

Lapidaire et ironique, ce texte émeut par la figure de clown triste que l'auteur y révèle. Après l’avoir écrit, Edgar Hilsenrath décida que son œuvre était close. Il n’a plus rien publié depuis.

L'avis des critiques :

Ce livre est un avertissement face au retour des extrémismes. Il est bourré d’audaces tristes et en même temps cela est consubstantiel à l’idée même de ce livre lorsqu’il nous dit que l’Allemagne reste un monument de l’Holocauste. Ce qui a été est et sera. Le nazisme et l’antisémitisme reviennent.  Jean-Christophe Brianchon 

Son analyse en creux de la situation politique d’aujourd’hui me gêne presque car elle est beaucoup moins légere et fine que les grandes audaces qu’il a pu mettre en œuvre sur l’époque nazie. Cet esprit de  sérieux, d’avertissement entre en contradiction avec sa pratique de l’écriture. Lucile Commeaux 

“Vivre dans le désordre” Ismaël Jude (Verticales)

“Vivre dans le désordre” Ismaël Jude (© Electre)
“Vivre dans le désordre” Ismaël Jude (© Electre)

Présentation de la maison d'édition : À peine installé dans le XIIIe arrondissement de Paris, le narrateur de Vivre dans le désordre rencontre un personnage rocambolesque, Barbe, qui va l'initier aux mystères des bordures urbaines, évoquant son adolescence aventureuse en compagnie du charismatique Putsch, lui-même passionné par les mutations ancestrales du quartier. De fil en aiguille, on bascule dans un récit fantasmagorique, comme une zone d'autonomie onirique où se croisent, pêle-mêle, l'insolite nomade Cronche, des cataphiles de la Petite Ceinture, Jean Genet, les princes et princesses du royaume d'Argot, Victor Hugo ou les femmes fontaines de La Salpêtrière.

L'avis des critiques :

Les personnages vont avoir des destinées qui permettent au narrateur d’aller au-delà de la simple galerie de portraits pour nous délivrer un propos sur la transformation de l’espace et de la ville. Il met ensuite cela en récit de manière très complexe et intelligente. Même si j’ai l’impression qu’il perd de temps à autre le fil de son sujet, il trouve finalement, au détour de certaines pages, des choses fabuleuses. C’est très touchant de voir cette vitalité et ce panache dans l’écriture. Jean-Christophe Brianchon 

Il y a une forme de roman géographique qui m’a beaucoup fait pensé à la psychogéographie situationniste. On se balade dans le 13ème arrondissement de manière apparemment anarchique en mélangeant les époques, les personnages, les prises de paroles et les effets de narration. Mais il y a quelque chose de trop universitaire. Il y a beaucoup trop de niveaux et de passages très intelligents pour que ce soit vraiment réussi. Lucile Commeaux 

>> LE COUP DE COEUR DE JEAN-CHRISTOPHE BRIANCHON POUR : “Les chemins de désir” de Claire Richard (Seuil)

“Les chemins de désir” de Claire Richard (© Electre)
“Les chemins de désir” de Claire Richard (© Electre)

Présentation de la maison d'édition : C’est une histoire personnelle, intime, de l’imagerie pornographique (de YouPorn aux variantes les plus récentes) qui est racontée ici. Le livre est pris dans une tension qui lui donne toute sa force : d’un côté la conscience des conditions le plus souvent exécrables de production du porno (domination masculine, exploitation de femmes souvent très jeunes, modèle de sexualité fondé sur la soumission), et d’un autre côté une fascination irréfrénable, qui pousse à y aller voir, encore et encore.

C’est écrit sans aucun voyeurisme ni vulgarité. L’auteure assume qu’Internet lui a permis de se découvrir et d’évoluer vers des fantasmes et des envies qu’elle n’avait pas. Sur le plan de l’approche de ses propres fantasmes, c’est assez intelligent et doux. Et au-delà de la réflexion, elle écrit réellement, ce n’est pas un essai. Jean-Christophe Brianchon 

LE PETIT SALON DE LUCILE COMMEAUX : "Les lectures qui se partagent"

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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