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en haut : "Les femmes de Heart Spring Mountain" de Robin MacArthur (Albin Michel) et "Une chose sérieuse" de Gaëlle Obiégly (Verticales). en bas : "Bacchantes" de Céline Minard (Rivages) et "Je suis né quelque part" de Daniel Schreiber (Autrement)

Littérature, Une chose sérieuse, "un côté Hunger Games mâtiné de Marquis de Sade"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au programme de cette Dispute littéraire : "Une chose sérieuse" de Gaëlle Obiégly et "Bacchantes" de Céline Minard. Nous évoquons également l'essai de Daniel Schreiber, "Je suis né quelque part : où peut-on être chez soi ?", avant un coup de coeur pour "Les femmes de Heart Spring Mountain".

en haut : "Les femmes de Heart Spring Mountain" de Robin MacArthur (Albin Michel) et "Une chose sérieuse" de Gaëlle Obiégly (Verticales). en bas : "Bacchantes" de Céline Minard (Rivages) et "Je suis né quelque part" de Daniel Schreiber (Autrement)
en haut : "Les femmes de Heart Spring Mountain" de Robin MacArthur (Albin Michel) et "Une chose sérieuse" de Gaëlle Obiégly (Verticales). en bas : "Bacchantes" de Céline Minard (Rivages) et "Je suis né quelque part" de Daniel Schreiber (Autrement)

"Une chose sérieuse" de Gaëlle Obiégly (Verticales)

"Une chose sérieuse" de Gaëlle Obiégly (Verticales)
"Une chose sérieuse" de Gaëlle Obiégly (Verticales) Crédits : Electre

Présentation de la maison d'édition : « Ce livre est comme un chien que j’ai rencontré une fois. Il y a des frissons, dedans c’est labyrinthique apparemment et infini comme dans un chien. Il y a des races chez ces animaux qui, de chiens de combat, évoluent vers chiens de compagnie. C’est un peu mon parcours. Mon livre ruminé, il a tout d’un cerveau. C’est une chose sérieuse et en même temps pas du tout. »

Gaëlle Obiégly nous immerge dans l’esprit chaotique d’un homme, Daniel, recueilli dans une communauté survivaliste financée par madame Chambray, richissime mécène. Devenu le scribe et le cobaye de cette femme manipulatrice, il use des rares temps morts de sa liberté surveillée pour s’épancher dans un carnet de bord clandestin, celui qui fournit la matière brute et poétique de ce livre.

L'avis des critiques :

On ne sait pas trop où Daniel nous emmène. Il nous dit en passant qu’il lui arrive de manger des gens. Dans ce monologue en forme de confession, il y a quelque chose d’assez détraqué. Gaëlle Obiégly a le chic de développer des processus narratifs d’apparence très simples, qui en fait déroutent le lecteur. Il y a un côté Hunger Games mâtiné de Marquis de Sade. Elisabeth Philippe

A la base je ne suis pas très emballé par les romans pré ou post-apocalyptiques. J’ai quand même été assez conquis par l’originalité du récit, la forme. Il y a une certaine élégance du style et une forme d’humour que j’ai appréciée. Cette façon virtuelle d’imaginer une communauté de survivants apparaît finalement comme un jeu pervers. C'est un livre qui m'a finalement un peu agacé par moments. Philippe Chevilley

Tout doit être porté par une langue "soliloquente". Le problème est que le livre n’incarne pas ce dispositif. Donatienne n’a pas de vraie existence, elle ne joue pas le jeu de son roman de quasi-anticipation. On reste un peu suspendu, avec une langue assez terne, dont la promesse de folie ne se développe pas et n’enflamme pas le texte. Rien ne s’entrechoque réellement. Florent Georgesco

Je trouve cette langue non pas terne, mais belle. On est peut-être dans le cerveau d’un malade, mais je ne prends pas pour argent comptant ce qu’il raconte. Il y a pour moi pas mal d’écarts entre ce qu’on lit et ce qu’on peut penser de cette lecture. Il y a une part de jeu à laquelle je me suis laissé prendre. J’ai lu ce livre jusqu’au bout avec une forme d’avidité, sans vraiment savoir où l’on m’a mené. Arnaud Laporte

"Bacchantes" de Céline Minard (Rivages)

"Bacchantes" de Céline Minard (Rivages)
"Bacchantes" de Céline Minard (Rivages) Crédits : Electre

Présentation de la maison d'édition : Alors qu’un typhon menace la baie de Hong Kong, la brigade de Jackie Thran encercle la cave à vin la plus sécurisée du monde, installée dans d’anciens bunkers de l’armée britannique. Un trio de braqueuses, aux agissements excentriques, s’y est infiltré et retient en otage l’impressionnant stock de M. Coetzer, estimé à trois cent cinquante millions de dollars…

Revisitant avec brio les codes du film de braquage, Céline Minard signe un roman drôle et explosif, où la subversion se mêle à l’ivresse.

L'avis des critiques :

On a le sentiment que Céline Minard a pris beaucoup de plaisir à écrire ce petit texte. C’est assez gouleyant, mais jamais enivrant. Dans le côté récréatif du début, on aurait pu penser qu’elle pousserait plus loin le jeu sur le genre. Cela s’arrête assez vite, ce qui fait qu’il n’en reste pas grand-chose. Je me suis demandée si ce n’était pas l’occasion pour elle de braquer un genre littéraire. Elisabeth Philippe

J’ai l’impression de voir un jeu d’échecs auquel personne ne joue. Il y a un côté assez immobile du livre, hormis un paragraphe un peu lyrique sur le vin. Ce qui ressort, c’est le schéma dans lequel Céline Minard a disposé tous ces éléments. On est quand même devant de la pure parabole politique d’une pauvreté inouïe. Elle n’arrive pas à spatialiser ce récit. Florent Georgesco

J’aime bien les romans de genre. Je trouve que le récit du braquage est bien tenu avec la fantaisie qu’il faut. Ce braquage a un côté complètement absurde. Il y a ce rat que je trouve très bien. C’est une petite chose, ce roman est distrayant, mais ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Je ne pense pas que la connotation politique soit l’essentiel, pour moi c’est le genre pour le genre. Philippe Chevilley

"Je suis né quelque part : où peut-on être chez soi ?" de Daniel Schreiber (Autrement)

"Je suis né quelque part : où peut-on être chez soi ?" de Daniel Schreiber (Autrement)
"Je suis né quelque part : où peut-on être chez soi ?" de Daniel Schreiber (Autrement) Crédits : Electre

Traduction : Alexandre Pateau

Présentation de la maison d'édition : Dans un monde que l'on traverse en quelques heures et où s'expatrier semble si simple, la notion de foyer a-t-elle encore un sens ?

Oui, découvre Daniel Schreiber lors d'un long séjour dans l'une des capitales européennes où il a ses habitudes. Une rupture amoureuse qui ravive le sentiment d'un vide ancien le ramène à son enfance dans un village de RDA, où la vie n'était pas tendre pour le petit garçon efféminé qu'il était. Sur les traces d'une grand-mère haute en couleurs, il se met en quête de ses racines. Cette promenade personnelle, historique et intellectuelle s'interroge avec Arendt sur le sens de la patrie, avec Didier Eribon sur le rapport à son milieu social, avec Maggie Nelson sur la possibilité d'inventer son foyer ou encore avec J. M. Coetzee sur le rôle de l'imagination dans la reconstruction autobiographique.

L'avis des critiques :

On tombe parfois sur des livres hors catégorie. C’est une forme extrêmement intelligente, subtile et puissante pour parler de soi. On voit comment en accumulant des éléments extrêmement simples, on arrive à une force universelle, très grande. On est dans notre histoire, notre manière de repenser, en charriant une parole politique extrêmement puissante. C’est une pensée simple en réponse aux questions que tout le monde peut se poser. Florent Georgesco

Voilà un livre éminemment politique, mais aussi multiple, avec une véritable mosaïque. J’ai été touché par la part personnelle, l’écriture biographique qui fait que cela entre dans le champ de la littérature. On est tellement content de cet apaisement et de la beauté des cicatrices qu’on n’en veut pas à Daniel Schreiber de livrer une littérature un peu faible dans la dernière page. Arnaud Laporte

C’est un livre que j’ai trouvé extrêmement intéressant, très limpide, très fluide. C’est une manière de retourner à soi. L’être humain est tiraillé entre un désir d’ailleurs et un besoin de s’ancrer. Il y a une dimension très universelle, très partagée et un aspect plus singulier. La limpidité est un des grands mérites de ce très beau texte. Elisabeth Philippe

Ce livre a la faculté de nous emmener dans plein de directions différentes. Il y a un d’un point de vue littéraire, un très joli vagabondage dans des villes. Il explique bien ce foyer qui peut être n’importe où. Il nous montre aussi les limites, le foyer peut être un retour réactionnaire. Ce que je trouve très beau au bout du compte, c’est cette ode à la tempérance et à l’apaisement. Philippe Chevilley

>> LE COUP DE CŒUR DE PHILIPPE CHEVILLEY : "Les femmes de Heart Spring Mountain" de Robin MacArthur (Albin Michel)

"Les femmes de Heart Spring Mountain" de Robin MacArthur (Albin Michel)
"Les femmes de Heart Spring Mountain" de Robin MacArthur (Albin Michel) Crédits : Electre

Traduction : France Camus-Pichon

Présentation de la maison d'édition : Août 2011. L’ouragan Irene s’abat sur le Vermont, laissant derrière lui le chaos et la désolation. Loin de là,  à La Nouvelle-Orléans, Vale apprend que sa mère a disparu lors du passage de la tempête. Cela fait longtemps que la jeune femme a tourné le dos à sa famille, mais cette nouvelle ne lui laisse d’autre choix que de rentrer chez elle, à Heart Spring Mountain.

Elle y retrouve celles qui ont bercé son enfance : la vieille Hazel qui, seule dans sa ferme, perd la mémoire, et Deb, restée fidèle à ses idéaux hippies. Mais si elle est venue là dans le seul but de retrouver sa mère, c’est aux secrets des générations de femmes qui l’ont précédée que Vale va se confronter, réveillant son attachement féroce à cette terre qu’elle a tant voulu fuir.
Après Le Cœur sauvage, un recueil de nouvelles unanimement salué par la critique et les libraires, Robin MacArthur signe, d’une écriture pure et inspirée par la nature sauvage du Vermont, un émouvant premier roman sur le lien à la terre natale, et offre une réflexion lumineuse sur l’avenir de notre planète.

C’est un vrai livre de femme, où les personnages féminins sont passionnants et les hommes relégués au second rôle. Il parle du monde, ce qui fait que ce n’est pas seulement centré sur l’Amérique profonde. Elle a un talent assez dingue pour raconter la nature avec beaucoup de verve et de sensibilité. C’est vraiment un roman qui touche au cœur. Philippe Chevilley

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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