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Littérature: Une semaine de vacances de Christine Angot et Collusion de Stuart Neville

57 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir La Dispute portera sur la rentrée littéraire avec les critiques suivants:

  • Frédéric Ferney (Le Point)

  • Emily Barnett (Les Inrockuptibles)

  • Daniel Martin (La Montagne)

sur les livres suivants:

  • Une semaine de vacances , Christine Angot (Flammarion)

Emily Barnett :

C’est un texte difficilement abordable sans avoir à l’esprit les passions qu’il déchaîne. Il soulève à mon avis deux questions essentielles : la littérature comme expérience physique, viscérale, et la littérature comme acte subversif.

Le texte d’Angot s’inscrit dans une hyper-visibilité avec une description cure, clinique, litanique. Ce qui fait également la transgression du texte, c’est son silence, l'ambiguïté du point de vue. C'est très fort.

Daniel Martin : Ce livre est magistral. C’est l’évènement de la rentrée et un évènement en tant que tel. Il est difficile de parler de ce texte sans le désamorcer. C’est un livre que j’ai lu d’une traite. J’ai été totalement secoué et pris par cette ambiance étouffante.Ce qui est remarquable dans ce roman, c'est la façon dont elle parle de l'enfant. Entre respect et amour face à la violence et la jalousie.

Ce texte est un pur objet de littérature.

Frédéric Ferney : C’est un livre qui suspend l’ironie. Je me suis efforcé de lire ce roman en oubliant tout ce que je savais de la personne. Mais c’est impossible. Ce n’est pas un livre facile et Christine Angot prend la littérature au sérieux. C’est un contrat qu’elle signe avec elle-même. Ce qui m’a gêné dans le roman, c’est la fausse ingénuité.

Arnaud Laporte : L'emploi récurrent du terme "sidérant" pour qualifier le livre de Christine Angot en dit plus long sur les critiques que sur le livre lui-même puisque, selon Lacan, l'état de sidération désigne un "sujet qui ne jouit pas de l'objet, mais du regard qu'il porte sur l'objet, et de l'identification absolue entre le regard et l'objet". Et s'il y a peut-être eu une nécessité pour Christine Angot à écrire ce récit, je n'ai pas, pour ma part, ressenti de nécessité en le lisant. Je n'ai jamais cessé d'admirer cette auteure mais j'ai trouvé ce texte inintéressant.

  • Collusion , Stuart Neville (Rivages)

Daniel Martin : J’ai eu beaucoup de difficulté à entrer dans ce livre et je me suis enlisé dans cette prose qui est épaisse avec des lourdeurs d’écriture ou de traduction. Il y a une confusion permanente à tous les étages. On a donc l’impression d’être face à un grand mille-feuille avec de multiples composants. Il manque une ligne de lecture.

Frédéric Ferney : Je me suis plongé dans le travail de Stuart Neville que je ne connaissais pas.

C’est un polar. Les vrais personnages, ce sont les fantômes qui traversent l’histoire de l’Irlande.

Le moteur du roman, c’est la cupidité, la corruption, la jalousie, la vengeance, la rédemption et la haine. Celle-ci est toujours liée à la lumière en Irlande et c’est explicite dans le récit. Il y a un regard ironique qui ronge absolument tout les enjeux moraux et idéologiques de l’histoire irlandaise.

Emily Barnett :

Ce livre m’a laissé sur le carreau et ce dès la première scène. On est dans un nanar ambitieux qui use de toutes les grosses ficelles et les archétypes du roman noir. A aucun moment je n’ai été emportée par une écriture, c'est écrit à la hache.

Les coups de coeur :

  • Daniel Martin : Voyage à Bayonne , Gaëlle Bantégnie (Gallimard).

C’est l’histoire d’une jeune professeure de philosophie qui commence une dépression.

Ce n’est rien mais avec une écriture fluide, extra-ordinaire. Le récit fait ressortir les ombres de son personnage. Il y a tout un travail sur l’ordinaire de la conversation.

Le décalage entre le mari et la femme est très beau.

Je trouve que c’est un très grand roman de la rentrée.

  • Emily Barnett : Ciseaux , Stéphane Michaka (Fayard)

C’est le troisième roman d’un auteur de théâtre. C’est l’histoire de la relation entre un écrivain et son éditeur. L’inétérêt de cette histoire, c’est que l’éditeur donne des coups de ciseaux dans les textes.

Ce livre se lit comme une comédie sophistiquée et légèrement dépressive. C’est construit comme un roman choral avec une succession de voix. C’est un texte très savoureux.

Le récit interroge la posture du génie littéraire.

Bien sûr la revue de presse littéraire d'Antoine Guillot .

Et la chronique d'André Chabin .

Pastille introductive: Toni Morrisson.

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