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à gauche : Maylis de Kerangal, en haut à droite : Emmanuelle Richard (© Patrice Normand), en bas à droite : Michael Imperioli

Littérature : "C'est une sorte d'Annie Ernaux qui a un peu trop écouté PNL"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, La Dispute littérature vous propose trois œuvres. Tout d'abord "Wild Side" de l'écrivain, mais aussi acteur Michael Imperioli, ensuite "Un monde à portée de main" de Maylis de Kerangal et enfin le troisième livre d'Emmanuelle Richard, "Désintégration".

à gauche : Maylis de Kerangal, en haut à droite : Emmanuelle Richard (© Patrice Normand), en bas à droite : Michael Imperioli
à gauche : Maylis de Kerangal, en haut à droite : Emmanuelle Richard (© Patrice Normand), en bas à droite : Michael Imperioli

"Wild Side" de Michael Imperioli (Autrement)

"Wild Side" de Michael Imperioli (Autrement)
"Wild Side" de Michael Imperioli (Autrement)

Traduction (Anglais) : Héloïse Esquié

Présentation de la maison d'édition :

À seize ans, Matthew n'a connu que le quartier du Queens à New York et une existence solitaire avec sa mère. À la faveur d'un héritage inattendu, une nouvelle vie s'offre à lui : Manhattan et ses avenues chics, la fascinante Veronica, ainsi qu'un voisin musicien qui l'embarque dans ses aventures, un certain Lou Reed... Matthew plonge avec eux dans un tourbillon d'amour, d'art, de liberté - au risque de se perdre.

Entre L'Attrape-cœurs de J. D. Salinger et Just Kids de Patti Smith, Wild Side nous emporte dans le New York fiévreux des années 70, à travers le regard grave et moqueur d'un héros inoubliable.

L'avis des critiques :

C’est un livre singulier, pas forcément le plus grand, mais qui a un charme particulier. Ce roman initiatique a un naturel dans sa façon d’être raconté qui m’a ému. On peut aussi le prendre comme un genre de conte de fées avec Lou Reed. Philippe Chevilley

C’est souvent très drôle, avec quelque chose de très naturel dans le livre. Cela m’a rappelé des livres de John Fante. Il y a toujours un risque à invoquer un personnage aussi connu. Lou Reed a ici un côté bienveillant, mais aussi inquiétant. Grégoire Leménager

Si on le considère comme un livre qui n’a pas d’autre prétention que celle de nous faire rentrer dans un autre univers, c’est réussi. L’intrigue tiendrait sur un post-it. On a quand même toujours l'impression d'être dans un roman "à la manière de". Jean-Christophe Brianchon

"Un monde à portée de main" de Maylis de Kerangal (Verticales)

"Un monde à portée de main" de Maylis de Kerangal (Verticales)
"Un monde à portée de main" de Maylis de Kerangal (Verticales)

Présentation de la maison d'édition :

« Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s’immobilise, allonge le bras dans l’aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l’oiseau, et tend l’oreille dans le feuillage. »

L'avis des critiques :

Dans le phrasé au niveau stylistique, il y a quelque chose d’un peu novateur qui bouscule la syntaxe classique. La manière dont elle se focalise sur son personnage a d'abord quelque chose d’un peu aride, avant qu'on assiste vraiment à la naissance du personnage. Grégoire Leménager

Ce livre est dans la lignée de son précédent succès. C’est une littérature de recherche ou d’artisanat. Elle est elle-même auteur-artisan par la recherche du mot de l’expression. Être écrivain n’est pas seulement une question de génie, de flamboyance. Jean-Christophe Brianchon

Je suis assez mitigé. J’ai bien aimé cette idée de départ du trompe l’œil, ce jeu entre vérité et mensonge. Pourtant, je ne crois pas beaucoup aux interactions des personnages. J'ai le sentiment d'une construction trop visible. Philippe Chevilley

Je voyais énormément de talent, mais pas beaucoup d’émotion à la lecture. Le talent fait un peu écran à l’émotion. Arnaud Laporte

"Désintégration" d'Emmanuelle Richard (Editions de l'Olivier

"Désintégration" de Emmanuelle Richard (Editions de l'Olivier)
"Désintégration" de Emmanuelle Richard (Editions de l'Olivier)

Présentation de la maison d'édition :

« Les gosses de riches gueulent en riant plus fort « Qu’est-ce que j’peux faire, j’sais pas quoi faire », ritournelle en scie, scie qui vrille mes tympans, implante une graine de haine qui vient se loger très profond dans mon crâne loin après le cortex. »

Pour payer ses études, elle enchaîne les petits boulots tout en cherchant quelque chose qui serait une place. Elle n’envie pas ces jeunes qui, d’un claquement de doigts, obtiennent tout de leurs parents. Ils n’ont de cesse de lui rappeler qu’elle est l’Autre. Mais il n’y a pas de neutralité possible.

À force d’humiliations, le mépris s’inverse. La violence devient dignité. Et la colère monte, jusqu’à se changer en haine pure.

Désintégration est l’histoire d’une femme qui sait qu’un regard peut tuer. D’une combattante habitée par la honte, et qui transforme la honte en arme de guerre. C’est un roman sur le sexe, le pouvoir, le succès. Et la fierté comme moyen de survie

L'avis des critiques :

C’est assez fort et percutant, mais pour moi c’est une sorte d’Annie Ernaux qui aurait un peu trop écouté PNL. On comprend très bien le passage de la honte à la haine, mais elle a une vision extrêmement égo-centrée et manichéenne du monde. Grégoire Leménager

Je trouve que la narration alternée de la 1ère partie ne fonctionne pas de façon très heureuse, même si le style sauve beaucoup. La vision est parfois un peu simpliste. La deuxième partie “La haine” est bien plus forte, bien plus efficace. Arnaud Laporte

J’ai été agréablement surpris de voir que l’auteure sortait d’elle-même pour faire un état donné du monde. Mais le récit bascule, dans les moments de violence envers le monde, dans une facilité qui la dessert grandement. Jean-Christophe Brianchon

J’ai été pris par ce livre. Il m’a par moments touché, par moments profondément agacé. Il a un côté organique. Il est à la fois intéressant d’avoir cet engagement dans l’écriture et en même temps cette approche de la classe moyenne. Philippe Chevilley

>> LE COUP DE CŒUR DE PHILIPPE CHEVILLEY : "L’Affaire Sparsholt" de Alan Hollinghurst (Albin Michel)

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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