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De haut en bas :  James Blake, Bertrand Belin et Sharon Von Etten en 2012 (photographies libres de droits)

Musique : Sharon von Etten, "elle pourrait être la Patti Smith 2.0"

55 min
À retrouver dans l'émission

Trois artistes sont au programme de cette Dispute musique. D'abord, James Blake avec "Assume Form", ensuite Bertrand Belin et son album "Persona", enfin Sharon Van Etten pour "Remind Me Tomorrow". Il sera également question de O et de son album "A Terre !", qui fait l'objet d'un coup de cœur.

De haut en bas :  James Blake, Bertrand Belin et Sharon Von Etten en 2012 (photographies libres de droits)
De haut en bas : James Blake, Bertrand Belin et Sharon Von Etten en 2012 (photographies libres de droits)

"Assume Form" de James Blake (Polydor)

Présentation officielle : Entre collaborations avec Beyoncé, Kendrick Lama, Jay Z… James Blake n’a pas eu le temps de s’ennuyer ces trois dernières années. Il revient le 18 janvier avec un quatrième album "Assume Form". Il s’est encore entouré des meilleurs pour cet opus : Travis Scott, André 3000, Rosalia.

L'avis des critiques :

Cela m’a intéressée de voir ce tissage sonore. Il prend des voix totalement dissonantes. Il hache les samples et les fait résonner. J’ai l’impression de voir une sorte d’intelligence artificielle à l’œuvre, comme si l’humain faisait mieux que la machine. C’est un disque chef d’œuvre, même si c’est épuisant de dire combien il réussit à chaque fois. Mathilde Serrell

Il m’a toujours laissée à distance avec ce côté éthéré, un peu précieux. Pour certaines chansons, il y a une formule qui se répète, il se sert de la trap, du hip hop pour ancrer sa musique. On trouve aussi une chanson d’amour chantée le sourire aux lèvres qui nous change du « sad boy ». J’aime bien cette incarnation, ce James Blake ouvertement joyeux. Pascaline Potdevin

J’écoute toujours ses disques avec plaisir, mais je ne les réécoute pas forcément. J’ai trouvé ce disque surprenant par ses featurings. C’est finalement celui avec Rosalia qui me déçoit le plus alors que je l'attendais. La rencontre s’est plus faite avec André 3000. J’ai trouvé curieux d’être à ce point dans l’écriture sonore et de mettre les paroles de côté. Arnaud Laporte

L’excellence lorsqu’elle est aussi ostentatoire, ne commence-t-elle pas à être une formule ? On ne peut qu’être admiratif du parcours de James Blake. Or, même si la formule varie, elle reste une formule. J’ai beaucoup écouté ce disque et je n’en ai pas retenu grand-chose. C’est une tapisserie sonore tout à fait agréable, mais j’aurais aimé que ce soit un petit peu plus incarné. Christophe Conte 

"Persona" de Bertrand Belin (Cinq 7 / Wagram Music)

Présentation officielle : Persona

Comme personnes.

Comme personnages.

Comme une percée, sous les masques.

Comme un sonar, des autres et de soi Persona : tout personnel. Persona est le sixième album de Bertrand Belin, treize ans après l’inaugural Bertrand Belin. Dans l’intervalle, il y a eu Cap Waller, Parcs, Hypernuit, La Perdue. Et autant de tournées, du cinéma aussi, du théâtre, des bandes originales, des collaborations-compagnonnages, deux romans - le troisième paraîtra en même temps que Persona. (...)

L'avis des critiques :

Je suis très admiratif de cet artiste, de ce guitariste incroyable. Je me suis demandé si on allait être encore dans la répétition. On reste en terrain assez reconnaissable, mais j’ai trouvé qu’il s’ouvrait un peu plus avec davantage de respirations. Je trouve que ce disque-là resplendit de l’intérieur. Il pourrait offrir une alternative à la chanson française avec son côté martial. Christophe Conte 

Il ajoute de nouveaux outils et de nouvelles formes. Il a toujours beaucoup travaillé sur la répétition et le côté hypnotique qui lui va bien. Il y a beaucoup d’oiseaux dans ce disque et j’ai beaucoup aimé cette poésie animalière. Ce que j’aime surtout chez Bertrand Belin, ce sont les textes qui font naître des images, mais ici je suis moins rentrée dans les textes. Pascaline Potdevin

Il m’a semblé qu’il empruntait un chemin inverse à James Blake. Il modifie sa voix comme si elle l’était par une machine. Il y a quelque chose du lettrisme, un travail dans la texture des sons. La litanie du travail pour le travail m’a paru être le meilleur hymne, une réponse à ce que l’on vit aujourd’hui. Pour moi, c’est un très beau projet. Mathilde Serrell

"Remind Me Tomorrow" de Sharon Van Etten (Jagjaguwar)

Remind Me Tomorrow est techniquement le premier album de Sharon Van Etten depuis quatre ans. Loin d'être désœuvrée pendant ce laps de temps, elle a connue quatre années très riches, aussi bien sur le plan personnel avec la naissance de son premier enfant l'année dernière, que sur le plan professionnel. La jeune femme a en effet débuté sa carrière d'actrice de façon inattendue, avec un rôle prépondérant au sein de la série dramatique de Netflix, The OA. Elle a également révélé dans une récente interview avoir réalisé les démos de plus de 40 chansons pour cet album, optant avec le producteur John Congleton, pour les pistes les plus expérimentales sur Remind Me Tomorrow. (...)

L'avis des critiques :

Ce qui me touche c’est juste l’interrogation sur soi, telle qu’elle peut être en approchant la quarantaine. Le fait de se connaître, est un combat qui ne s’arrête jamais. Ce côté combatif, torturé, c'est ça qu'on entend dans ses chansons très menaçantes et très produites. C'est ombragé, droit dans ses bottes, avec une souffrance qui reste. Pascaline Potdevin

Toute la partie un peu London Grammar, Lana Del Rey, me déplaît. Les choses très viscérales m’ont touchée beaucoup plus. On est entre une lourde paire de santiags et des chaussons cristallins. Elle brille bien mieux dans les morceaux épurés. La pochette est exceptionnelle, mais cet album reste une déception. Mathilde Serrell

On sent qu’avec l’incursion de l’électronique, elle a essayé de jouer avec autre chose que ses instruments habituels. Certaines chansons possèdent une force, une intention, avec une interprétation plus incarnée et offensive que précédemment, qui pourrait faire d'elle la Patti Smith 2.0 qu’on attendait tant. C’est un personnage qui prend du corps avec ce disque. Christophe Conte 

>> LE COUP DE CŒUR DE PASCALINE POTDEVIN : "A Terre !" de O - Olivier Marguerit (Vietnam Label)

Olivier Marguerit, ou O, a sorti son premier album en 2016. Il s'agissait de Un Torrent, La Boue, chez le label Vietnam. Depuis, il ne s’est jamais vraiment arrêté de composer. Il a notamment œuvré sur l’album Magnétique de Barbara Carlotti. Aujourd’hui, il revient avec une nouvelle chanson qui a donné son nom à un album : A Terre.

Olivier Marguerit est quelqu’un qui est resté plus ou moins longtemps caché dans la scène indie-pop française. C’est un album très beatlesien, qui parle de rupture amoureuse, de chute. La batterie est très nerveuse, très fébrile et répond parfaitement à cette grâce. C’est très sophistiqué et très ouvert en même temps. Pascaline Potdevin

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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