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Musique : "Ce sont toutes les disciplines conjuguées qui font le sel du spectacle"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir au sommaire de La Dispute, Robert Carsen met en scène "The Beggar's Opera" aux Bouffes du Nord, Nikolaï Lugansky interprète les 24 préludes de Rachmaninov et le ténor Ian Bostridge nous fait part de sa passion pour l'oeuvre de Franz Schubert dans son livre "Le voyage d'hiver de Schubert".

"The Beggar's Opera" jusqu'au 3 mai au Théâtre des Bouffes du Nord

The Beggar's opera (c) Patrick Berger
The Beggar's opera (c) Patrick Berger

Ballad opera de John Gay et Johann Christoph Pepusch
Dans une nouvelle version de Ian Burton et Robert Carsen
Mise en scène Robert Carsen
Conception musicale William Christie

Présentation officielle : Ecrit par John Gay en 1728, The Beggar's Opera (L’Opéra des gueux), en créant une histoire autour de chansons préexistantes, est généralement considéré comme la première comédie musicale, avec près de trois cents ans d'avance sur cette mode. John Gay a repris certains des airs les plus connus de son époque, à la fois classiques et populaires, en les intégrant à un conte férocement satirique, dont l'action se place parmi les voleurs, les proxénètes et les prostituées de Londres.

Dès sa première représentation en 1728, cette pièce rencontre un énorme succès et a depuis donné lieu à de nombreuses adaptations théâtrales, musicales et cinématographiques. Elle explore un monde cynique où cupidité capitaliste, crime et injustice sociale sont les normes.

Tous, politiciens et fonctionnaires, sont, par définition, corrompus sans qu'on y puisse rien faire, si ce n’est y prendre part, pour tenter de s’en sortir.

Cela vous rappelle quelque chose ? Rien n’a vraiment changé depuis la création du spectacle et les thèmes de L’Opéra des gueux continuent de hanter la télévision et le cinéma. Pour cette nouvelle production, nous essaierons de faire revivre l’atmosphère de transgression et d’inépuisable énergie qui anime l’oeuvre originale. Ainsi, Gay avec son sens aigu de l’observation, fait dire à l’un de ses personnages au début de l’acte 3 : « Les lions, les loups et les vautours ne vivent pas en troupeau ! De tous les animaux de proie, seul, l’homme vit en société. Chacun de nous fait de son voisin une proie ; et cependant, nous nous rassemblons en troupeau. »

Robert Carsen

Spectacle en anglais surtitré en français

Je ne savais pas que ce ne seraient pas des chanteurs lyriques, effectivement ce ne sont pas de grandes voix mais il y a une énergie de groupe très forte. Et ça fonctionne très bien ! Anna Sigalevitch

C’est un spectacle total ! Ce sont toutes les disciplines conjuguées qui font le sel du spectacle. Emmanuelle Giuliani

Il y a une énergie qui passe autant par la musique que par la danse. Il y a beaucoup de matières à réjouissance.  Mais la réécriture du livret n’est pas faite avec beaucoup de finesse, et il y a une forme d’outrance qui est caricaturale. Emmanuel Dupuy

"24 préludes - Sergeï Rachmaninov" par Nikolai Lugansky, en CD chez Harmonia Mundi

"24 préludes - Sergeï Rachmaninov" par Nikolai Lugansky,  Harmonia Mundi
"24 préludes - Sergeï Rachmaninov" par Nikolai Lugansky, Harmonia Mundi

Présentation par la maison de disque :

Nikolaï Lugansky enregistre désormais pour harmonia mundi.
Ce nouvel album regroupant tous les Préludes composés par Rachmaninov inaugure cette nouvelle collaboration.

C’est après avoir composé des Variations op.22 sur le thème du vingtième prélude de Chopin que Rachmaninov se lance dans la composition de dix Préludes op. 23 (1903) explorant des ambiances incroyablement variées. Les treize Préludes op. 32 composés quelques années plus tard (1910) sont peut-être moins spontanés que les précédents, mais on peut y voir une expression plus réservée et une écriture qui se passe de plus en plus des effets extérieurs pour atteindre à l’essentiel du propos. La concision est pour Rachmaninov une conquête : « Après tout, dire ce qu’on a à dire, et le dire sans détours, lucidement, est encore le plus grand problème que puisse affronter un artiste. »

Rachmaninov va vraiment bien à Nikolaï Lugansky, notamment l’opus 23 dans lequel on entend la musique dans toute sa transparence, sa clarté. Il y a quelque chose de lumineux et d’intérieur, c’est exemplaire ! Anna Sigalevitch

Nikolaï Lugansky garde la splendeur de la ligne. Les préludes de l’opus 32, plus proches de Debussy, sont rendus avec toutes leurs textures, leurs matières. Emmanuelle Giuliani

Nikolaï Lugansky joue Rachmaninov de façon introspective, ce sont deux grandes méditations qui passent par tous les sentiments. Il est virtuose au plus haut point. Emmanuel Dupuy

"Le voyage d'hiver de Schubert" de Ian Bostridge (Editions Actes Sud Beaux-Arts)

Le voyage d'hiver de Schubert
Le voyage d'hiver de Schubert

Traduit par : Denis-Armand Canal

Présentation de la maison d'édition :
Le nom de Ian Bostridge est indissociable du Voyage d’hiver de Franz Schubert, dont il est l’un des interprètes majeurs. Dans cet ouvrage déjà traduit et publié dans plus de dix langues, le ténor anglais nous fait partager “l’obsession” qu’il nourrit pour cette œuvre depuis le début de sa carrière.
En disséquant le cycle de lieder de Schubert, et en replaçant sa création dans son contexte sociohistorique, c’est bien à un voyage à l’intérieur d’une œuvre que nous convie ici Ian Bostridge. Il nous livre une somme musicologique tout en faisant participer le lecteur à une véritable enquête sur le sujet. L’auteur nous montre également comment Le Voyage d’hiver est devenu une icône de la culture allemande et comment il a influencé d’autres grands musiciens, mais aussi la littérature, et notamment les écrits de Thomas Mann.
Que l’on soit ou non connaisseur du Voyage d’hiver, cet essai admirablement construit et illustré est une incursion magistrale au cœur du romantisme allemand.

C’est une démarche tout à fait originale et inédite, le propos principal n’est pas une analyse musicologique mais il explique la signification cachée du Voyage d’hiver à l’aide de toutes les disciplines. C’est un livre extrêmement érudit et passionnant. Emmanuel Dupuy

On sent vraiment la liberté, la pensée s’échappe tout le temps mais vers des choses très pertinentes. C’est un dédale de pensées, mais il y a quelque chose de sinueux de très sensible. Anna Sigalevitch

Il y a une iconographie magnifiquement choisie par Ian Bostridge, c’est un ouvrage extrêmement riche, un cabinet de curiosité construit par associations d’idées toujours très pertinentes. Emmanuelle Giuliani 

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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