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à gauche : "Les Huguenots" (© Agathe Poupeney), à droite : "Die Zauberflöte" et "Bérénice" (© Monika Rittershaus)

Musique : "On entend « La Flûte enchantée », mais on ne la voit pas"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute musique, trois opéras : "Bérénice" au Palais Garnier, "Les Huguenots" à l'Opéra Bastille et "Die Zauberflöte" à La Monnaie de Bruxelles. Charles Arden consacrera un coup de cœur au "Concours Voix Nouvelles".

à gauche : "Les Huguenots" (© Agathe Poupeney), à droite : "Die Zauberflöte" et "Bérénice" (© Monika Rittershaus)
à gauche : "Les Huguenots" (© Agathe Poupeney), à droite : "Die Zauberflöte" et "Bérénice" (© Monika Rittershaus)

"Bérénice", jusqu'au 17 octobre au Palais Garnier

"Bérénice" (© Monika Rittershaus)
"Bérénice" (© Monika Rittershaus)

De : Michael Jarrell Direction : Philippe Jordan Mise en scène : Claus Guth

Présentation officielle : Titus, qui aimait passionnément Bérénice, la renvoya de Rome « malgré lui, et malgré elle », raconte Suétone. De ce récit fameux, Racine fit le coeur d’une tragédie sans égale, Bérénice, dont la simplicité d’action constitua l’un des enjeux d’écriture. Titus et Bérénice s’aiment, tentent et refusent de se comprendre sous les yeux d’Antiochus, amoureux sans espoir. En se saisissant aujourd’hui de la « tristesse majestueuse » de ces alexandrins, parmi les plus grands vers de la langue française, Michael Jarrell magnifie la puissance des mots et en fait le vecteur d’identités et d’espaces sans cesse questionnés, de Rome à Jérusalem.

Avec : Bo Skovhus, Barbara Hannigan, Florian Boesch, Alastair Miles, Julien Behr, Rina Schenfeld

L'avis des critiques :

Cela s’intègre à un projet de commande de l’Opéra de Paris, ce qui est louable. On a un cycle qui est initié autour de la littérature française. Les alexandrins ont déjà leur musique, déjà leur rythme. J’ai trouvé Barbara Hannigan éblouissante, malgré l’écriture qui semble travailler contre l’alexandrin. Elle est quasiment la seule à trouver des phrasés, des souffles, à composer des séquences vraiment musicales. Charles Arden

Je pense que c’était une déception un peu prévisible. A ma connaissance, la voix n'est pas vraiment au centre des préoccupations de Michael Jarrell. Il y a beaucoup de vers de Racine qui sont gardés intacts et entiers, mais on ne comprend rien, ce qui est un vrai problème. Et surtout pour ce qui est de la musique liée au texte, il y a une sorte de frénésie un peu permanente dans la manière dont les personnages s’expriment. Il manque une progression dynamique. Laurent Bury

On a un texte qui est rendu incompréhensible a peu près tout le temps. On ne comprend strictement rien, y compris de la part de chanteurs ayant dans d’autres contextes, une diction absolument parfaite. C’est peut-être volontaire, mais c’est pour moi insupportable. Il n’y a pas de production dynamique, on a une sorte de continum pendant près de deux heures. Cela donne une sorte d’abstraction et de monotonie. Je ferais le pari que c’est un opéra ne sera jamais repris. Emmanuel Dupuy

"Les Huguenots", jusqu'au 24 octobre à l'Opéra Bastille

"Les Huguenots" (© Agathe Poupeney)
"Les Huguenots" (© Agathe Poupeney)

De : Giacomo Meyerbeer Direction : Michele Mariotti et Lukasz Borowicz Mise en scène : Andreas Kriegenburg

Présentation officielle : La venue de Giacomo Meyerbeer à Paris en 1825 devait rebattre les cartes du théâtre lyrique. En imposant le genre du Grand opéra, le compositeur fit de l’Histoire le pivot majeur du spectacle au XIXe siècle. Les Huguenots est une monumentale fresque figurant d’impossibles amours dans le contexte de la Saint‑Barthélemy. Créée à l’Opéra de Paris, l’oeuvre y fêtait en 1936, après plus de mille représentations, son centième anniversaire avant d’être rangée dans un tiroir mémoriel de la « grande boutique ». Pour sa redécouverte, Andreas Kriegenburg inscrit ces intemporels conflits amoureux et religieux dans un cadre immaculé où les costumes n’en ressortent que plus flamboyants et le sang des victimes plus violemment rouge.

Avec : Lisette Oropesa, Bryan Hymel, Ermonela Jaho, Karine Deshayes, Nicolas Testé, Paul Gay, Julie Robard-Gendre, François Rougier, Florian Sempey, Cyrille Dubois, Michal Partyka, Patrick Bolleire, Tomislav Lavoie, Élodie Hache, Philippe Do, Olivier Ayault, Vincent Morell, John Bernard, Cyrille Lovighi, Bernard Arrieta, Fabio Bellenghi

L'avis des critiques :

Lisette Oropesa est très bien, magnifique. Elle fait exactement ce qu’elle doit faire et est parfaitement adéquate dans ce rôle. Il n’y a rien à comprendre dans ce dernier acte, on ne sait plus qui est qui et on voit des défilés sans fin. Cette fin est vraiment un ratage complet. Laurent Bury

J’ai trouvé la direction musicale assez inégale. C’est parfois assez précis, vif, animé, mais parfois également cela retombe. Il manque un grand souffle romantique qui lierait tous les éléments et devrait durer plus longtemps s’il n’y avait pas de coupures. On est très heureux de retrouver un chef d’œuvre comme « Les Huguenots », mais il manque du grand spectacle. Emmanuel Dupuy

Dans « Les Huguenots » il y a tout et un peu n’importe quoi. On a tous les ensembles possibles et imaginables. On a des aigus soulevés, mixtes, parfois un peu tirés et tendus mais cela tient la durée. La mise en scène m’a plutôt plu par contraste. Andreas Kriegenburg arrive quand même à disséminer quelques messages. Charles Arden

"Die Zauberflöte", jusqu'au 4 octobre à La Monnaie de Bruxelles et en live sur ARTE Concert le 27 septembre

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De : Wolfgang Amadeus Mozart Direction : Antonelllo Manacorda et Ben Glassberg Mise en scène : Romeo Castellucci

Présentation officielle : Die Zauberflöte est l’une des œuvres de Mozart les plus célèbres et les plus aimées du répertoire lyrique. Des générations de spectateurs restent fascinées par les aventures de Papageno, les déboires des jeunes amants Tamino et Pamina, les mélodies qui restent dans la tête et par l’immense richesse allégorique.
Le metteur scène Romeo Castellucci s’éloigne délibérément de la dimension narrative de l’œuvre pour en explorer les émotions brutes et l’essence philosophique. À ses côtés, le chef d’orchestre Antonello Manacorda nous livre cette partition immortelle de Mozart avec une distribution exceptionnelle, dont la soprano Sabine Devieilhe, l’une des meilleures Reine de la Nuit de sa génération.

Le héros Tamino cherche à délivrer Pamina, la fille de la Reine de la Nuit, dont il est amoureux et qui a été enlevée par Sarastro. Ce dernier régit une société dans laquelle Tamino est invité pour y traverser des épreuves, au terme desquelles la main de Pamina lui serait accordée. Tout au long de cette aventure, Tamino est accompagné par l’oiseleur Papageno, qui rencontre également sa future compagne, Papagena. Mais Sarastro, dans la promesse qu’il fait aux jeunes gens, n’est-il pas manipulateur ? Ne bénéficie-t-il pas, en outre, d’un culte et d’esclaves qui contredisent ses principes égalitaires ? Corrélativement, ne devrait-on pas croire en la sincérité de la Reine de la Nuit, dans son cri où s’exprime sa maternité meurtrie ? 

Avec : Tijl Faveyts (Sarastro, Sprecher), Aleksandra Olczyk (La Reine de la Nuit), Tuomas Katajala (Tamino), Ilse Eerens (Pamina), Tatiana Probst (Papagena), Klemens Sander (Papageno), Mark Omvlee (Monostatos), Sheva Tehoval (Première Dame), Ambroisine Bré (Deuxième Dame), Caroline Meng (Troisième Dame), Yoann Dubruque (Premier prêtre et Deuxième homme d’arme), Pierre Derhet (Deuxième prêtre et Premier homme d’arme)

Prochaines dates :

  • 30 avril > 18 mai 2019 : Opéra de Lille

L'avis des critiques :

M. Castellucci a introduit de la symétrie partout ce qui l’oblige à ajouter une dame supplémentaire, un enfant. La première partie est très jolie mais complètement inintéressante, la seconde est intéressante, mais très moche. On peut dire que la musique de Mozart ne gêne par la dramaturgie de Castellucci... Laurent Bury

On assiste à un opéra de Castellucci. On va voir non pas « La Flûte enchantée », mais une flûte enchantée. On entend « La Flûte enchantée », mais on ne la voit pas. L’action devient abstraction. Si on ne connaît pas l’œuvre, on ne comprend strictement rien. La naïveté est écrasée par le surpoids des idées. Les témoignages de grands brûlés, de malvoyants, sont certes bouleversants, mais leur mise en avant me met mal à l’aise. Emmanuel Dupuy

Musicalement cette flûte s’inspire beaucoup de la mise en scène. C’est donc un spectacle re-pensé, ré-imaginé par Castellucci. Il est en deux parties avec un ballet aristocratique décadent parfaitement symétrique. Les chorégraphies sont sublimes et tous les mouvements se répondent en miroir. On n’entre jamais dans le voyeurisme avec des acteurs grands brûlés ou malvoyants, qui sont émouvants. Charles Arden

>> LE COUP DE CŒUR DE CHARLES ARDEN : "Concours Voix Nouvelles" (concerts des Lauréats en régions) de fin septembre 2018 au printemps 2019

Finale régionale du concours "Voix Nouvelles" à l'Opéra de Massy (© DR)
Finale régionale du concours "Voix Nouvelles" à l'Opéra de Massy (© DR)

Présentation officielle : Initié en 1988 par le Centre français de promotion lyrique (CFPL) et la Fondation France-Télécom, aujourd’hui Fondation Orange, le concours Voix Nouvelles a jusqu’ici connu trois éditions qui ont permis de révéler des chanteurs aujourd’hui reconnus sur la scène internationale lyrique.

L’objectif principal du concours est de détecter, auditionner et sélectionner de nouveaux chanteurs lyriques et de les aider dans la réussite de leur insertion professionnelle. Il permet à de jeunes chanteurs, y compris ceux dont la formation ne s’inscrit pas dans un parcours dit « classique », de se faire entendre par des professionnels de l’art lyrique (directeurs d’opéras et de structures de productions, chefs d’orchestre, chefs de chant, metteurs en scène, agents artistiques). (...)

C’est un grand concours qui a révélé de très belles voix françaises. Elles vont désormais donner des concerts partout en France. Je trouve que dans ce milieu, il y a peu d’émotion aussi précieuse et aussi belle, que de voir une voix nouvelle. Charles Arden

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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