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à gauche : la pochette de "Contre-temps" par Flavien Berger, à droite : Dominique A (© Ph. Lebruman, 2018) et Cat Power (via Domino)

Musique : "La simplicité lui va bien à Dominique A"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute, nous parlons musique avec "Contre-temps" de Flavien Berger, "La Fragilité" de Dominique A et "Wanderer" de Cat Power. Sans oublier un coup de cœur de Sophie Rosemont pour une réédition de "Wainting for the sun", The Doors.

à gauche : la pochette de "Contre-temps" par Flavien Berger, à droite : Dominique A (© Ph. Lebruman, 2018) et Cat Power (via Domino)
à gauche : la pochette de "Contre-temps" par Flavien Berger, à droite : Dominique A (© Ph. Lebruman, 2018) et Cat Power (via Domino)

"Contre-temps" de Flavien Berger (A LSO), en concert le 19 novembre à l'Olympia

Présentation officielle : Après le succès de « Léviathan », Flavien Berger s’est attelé à la composition de son nouvel album « Contre-Temps ». Ecrit et enregistré entre octobre 2016 et mai 2018, « Contre-Temps » est un récit d’aventure temporel. Flavien Berger multiplie également les collaborations : on l’aperçoit sur le dernier album d’Etienne Daho en featuring sur le morceau « Après le Blitz », sur la compilation de reprises en hommage à Yves Simon ou encore remixé par le duo Paradis.

L'avis des critiques :

J’ai l’impression qu’il a réussi de faire encore mieux que pour son précédent disque. Il y a du bouillon électronique, du sensationnel au sens des sensations. Il écrit à partir de la matière sonore ce qui est suffisamment rare. Il y a de grandes envolées musicales pouvant faire penser à du MGMT réussi. Mathilde Serrell

Il y a des jolies choses, de jolis tubes pop, une merveille qui s’appelle « Pamplemousse » où il parle d'une jeune femme à la robe "couleur petit-déjeuner". Il a un sens de la formule extrêmement réjouissant et un sens du rythme qui n’est pas mal. C’est ludique, un peu nonchalant. J’aime ce disque que je trouve très agréable, mais il est beaucoup trop surestimé. Sophie Rosemont

Je le trouve très « Cosmos », assez régressif. J'aime bien ce côté lent, calme, alors que je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus frénétique et brutal. Je le trouve un peu long, un peu répétitif. Je suis mi-figue, mi-raisin. Il y a de jolies choses dont je ne suis pas certain qu’elles passent l’année. Joseph Ghosn

Pour moi le disque commence à la sixième plage, c'est "Intersaison". Ensuite il y a des montagnes russes, des morceaux très dissemblables, mais pas de qualité égale. Je sauve absolument « Pamplemousse ».

"La Fragilité" de Dominique A (Wagram)

Présentation officielle : Les titres de La fragilité sont entièrement interprétés par Dominique A et enregistrés chez lui sur une console huit pistes. C'est le troisième album que l'artiste enregistre ainsi : après le fondateur La fossette (1992), La musique (2009) fut lui aussi enregistré dans la plus stricte intimité. La plupart des chansons sont des premières prises : il y en eut bien d'autres, mais ce sont toujours les premières versions qui savent conférer aux chansons ce sentiment d'intimité, d'immédiateté, de simplicité – d'une certaine juvénilité retrouvée ? - recherchées par le chanteur. Le son, l'esprit dont il est en quête, mais cette fois sur la durée de tout un album, est celui de la chanson « La rue des marais » , une première prise enregistrée à la maison, avec les moyens du bord. L'intimité, encore une fois, l'urgence et la sincérité, et le chant qui se penche vers l'enfant que l'on fut. Il semble que l'enjeu pour Dominique A n'est pas de se renouveler à tout prix mais de creuser intelligemment un même sillon, explorer de manière étonnée le même univers, en révéler les reflets changeants, au fur et à mesure que la lumière du temps y dépose ses rayons. Puis Dominique, accompagné de Géraldine Capart et Dominique Brusson, se rend dans un studio analogique pour le mixage : il s'agit alors de réchauffer le son en passant les pistes sur bande, lui offrir l'épaisseur du grain, une grâce matérielle. Le studio est trouvé par Brusson, ingénieur du son et complice de Dominique A depuis une vingtaine d'années : le Coxin'hell, au bord de la Méditerranée, dont les larges fenêtres semblent lavées par le bleu de la mer. L'enregistrement s'y déroule en novembre 2017 – une semaine et des poussières, et la vieille console de la cabine du studio apporte le grain espéré... le son est là. S'est déposée, sur les voix, une légère réverbération, l'écho du temps qui vient de s'écouler, des fleurs qui insensiblement se fanent : la fragilité.

Prochaines dates :

L'avis des critiques :

C’est un disque très 2018. Passé les premiers mots du premier morceau, qui je trouve pose un monolithe, c’est très beau, très fragile. Il y a des moments où j’ai l’impression d’entendre des confessions intimes, à d’autres des micro-nouvelles. C’est extrêmement précis, très joliment dit et souvent très touchant. Quand il est dans la narration c’est vraiment très réussi. Joseph Ghosn

Je trouvais qu’il avait atteint dans le premier volet du diptyque une splendeur poétique. Ici, la recette ne fonctionne pas. Je ne me suis pas sentie tant servie que ça par le texte. J’ai quand même aimé qu’il laisse le texte presque complètement nu, en allant chercher quelque chose de plus complexe dans le rapport entre les mots et la musique. Mathilde Serrell

C’est le versant plus solaire, un petit peu éthéré, qui n’est pas sans exclure la mélancolie. L’acoustique est pas mal bousculée. Pour moi ce n’est pas un disque très bien nommé. Il cultive cette « Fragilité », mais n’a jamais été aussi assuré que sur cet album. La conscience, l’aisance est patente sur certains titres. Sophie Rosemont

Il y a un son plus sec, plus resserré, plus épuré que j'aime beaucoup. J’ai aimé  « Toute Latitude » et j’aime aussi cette « Fragilité », qui aurait aussi pu être « La Simplicité ». La simplicité lui va bien à Dominique A, malgré ses morceaux avec de grands arrangements. C’est quelqu’un qui quand on le voit sur scène dégage à la fois de la puissance et de la douceur. Arnaud Laporte

"Wanderer" de Cat Power (Domino), en concert au Trianon le 25 octobre

Présentation officielle : Produit dans son intégralité par Chan Marshall, Wanderer comprend les participations de compagnons de longue date et compatriotes américains, mais aussi celle de son amie Lana Del Rey, avec qui elle a tourné récemment. Ecrit et enregistré à Miami et Los Angeles au cours de ces dernières années, Wanderer est le retour d’une voix américaine iconique.

Les 11 titres de _Wandere_r résument “mon parcours jusqu’à présent, explique Marshall et le cours que ma vie a pris au fil de celui-ci - aller de ville en ville, avec ma guitare, en racontant mon histoire ; en admirant les gens qui l’ont fait des générations avant moi : chanteurs folk, chanteurs blues, et tous ceux entre les deux. Ils sont tous des vagabonds, et j’ai la chance de figurer à leurs cotés.”

L'avis des critiques :

C’est un très bel album, même si j'avais beaucoup aimé le disque précédent où elle s'essayait à d'autres terrains. Elle ne me déçoit quasiment jamais, l'écriture est très maîtrisée. Elle a le dont de raconter tout et n'importe quoi et que ça passe toujours. Cette voix qui a un peu bougé mais pas trop, garde une profondeur. Sophie Rosemont

Pour moi c’est avant tout une voix et elle l’est sur tout cet album. Je n’entends que ça. Qu’est-ce qu’un album de plus pour quelqu’un qui est allé aussi haut et aussi fort au début de sa carrière. C’est très éthéré assez pur. Ce qui est assez dommage avec « Cat Power » c’est qu’on nous parle surtout de sa personnalité quand on veut parler de sa musique. Il faut mettre de côté ce personnage-là. Joseph Ghosn

Je suis d’accord qu’il y a une fragilité autour du personnage de « Cat Power ». La fille de l’Amérique est bien là comme dans « In your face ». C’est une voix qui va tellement loin dans la finesse de l’introspection et dans les fêlures. Il y a aussi quelque chose d’un peu acéré. Mathilde Serrell

>> LE COUP DE CŒUR DE SOPHIE ROSEMONT : "Waiting for the Sun", The Doors, une réédition remixée par Bruce Botnik

de gauche à droite : Jim Morrison, Ray Manzarek, Robby Krieger et John Densmore
de gauche à droite : Jim Morrison, Ray Manzarek, Robby Krieger et John Densmore

"Waiting for the sun" est le troisième album des Doors, un album mésestimé même par ceux qui aiment le groupe. Jim Morrison est un des rares artistes qui est resté fidèle à ses convictions. On voit la force, le charisme théâtral de Morrison. Sophie Rosemont

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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