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en haut : Rosalia, au milieu : Robyn, en bas : la pochette de l'album de Deena Abdelwahed, "Khonnar" (InFiné)

Musique : El mal querer, "Madonna continue de métastaser toute la pop internationale"

55 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine, une Dispute musique très féminine avec les "palmas" de Rosalia dans "El mal querer", mais aussi l'électro contemporaine de Deena Abdelwahed dans "Khonnar". Nous parlerons également de Robyn et de son nouvel album "Honey", avant un coup de cœur pour Cannibale.

en haut : Rosalia, au milieu : Robyn, en bas : la pochette de l'album de Deena Abdelwahed, "Khonnar" (InFiné)
en haut : Rosalia, au milieu : Robyn, en bas : la pochette de l'album de Deena Abdelwahed, "Khonnar" (InFiné)

"El mal querer" de Rosalia (Sony)

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Présentation officielle : La "Latin Academy of Recording Arts & Sciences" a annoncé les nominations pour les "Latin Grammy Awards" (l'équivalent des Grammy Awards américains, consacrés à la musique latine ndlr) de cette année. Rosalia a récolté cinq nominations dans les catégories suivantes : Album de l'année, chanson de l'année, meilleure fusion urbaine, meilleure chanson alternative, et meilleur clip musical. Elle est l'artiste féminine qui récolte le plus de nominations à l’occasion de cette 19ème cérémonie.

Sony Espagne a annoncé la sortie de son nouvel album "El mal querer" pour le 2 novembre. Composé par Rosalia qui collabore avec El Guincho, l’album est déjà perçu comme l'une des sorties les plus attendues de l'automne en musique latine.

L'avis des critiques :

Au départ j’ai tout pour l’aimer puisque j’adore cette réinvention du flamenco. J’aime qu’elle dise que cela n’appartient pas qu’à la communauté gitane, mais relève du répertoire universel. Il y a quand même certains titres sur lesquels j’ai l’impression que la recette s’épuise. Avec « Malamente », j’ai l’impression d’être dans la boite à costumes de toute la production musicale. C’est sincère et artistiquement puissant, mais il y a parfois aussi de la répétition. Mathilde Serrell

Je pars avec un a priori défavorable puisque j’ai toujours détesté le flamenco, même le plus pur qui soit. Je suis resté assez loin de tout ça. Il y a des morceaux vraiment taillés pour les hits internationaux. Madonna continue de métastaser toute la pop internationale. Je vois des recettes de producteurs. Avec une musique industrialisée qui vient d’un folklore très précis, il y a forcément des grincements. Moi c’est réellement le côté vulgaire à l’écoute qui m’a déplu. Christophe Conte

Je suis tombée en pâmoison devant ce morceau qui s’appelle « Malamente ». Sur scène on assiste à une torsion totale de la vision de la pop star, elle réinvente la vision de la femme à partir d’éléments ancestraux. Elle reprend de grands classiques du flamenco qu’elle mélange avec des éléments du rock indépendant. Avec ce disque, on est vraiment sur un nouveau projet. Pour moi c’est une réussite totale, un disque très ambitieux qui réinvente les éléments traditionnels du flamenco. Olivier Lamm

Je trouve ça beaucoup plus aventureux après le premier single. Pour moi il y a quelque chose de rugueux, quelque chose qui frotte à l’écoute. J’ai trouvé ça très singulier, avec des styles musicaux comme le flamenco qui est véritablement l’une de mes passions. Arnaud Laporte

"Khonnar" de Deena Abdelwahed (InFiné)

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Présentation officielle : Le premier album de Deena Abdelwahed fait « perdre le nord » à la création musicale électronique contemporaine. « Khonnar » sortira le 16 novembre 2018 sur le label InFiné.

Prononcé « ronnar », une précision indispensable pour éviter les erreurs d’interprétation, « Khonnar » est un terme qui fait pleinement partie du registre linguistique et culturel tunisien. Il évoque le côté sombre, inavouable et dérangeant des choses qu’on cherche à dissimuler, mais que Deena s’efforce de faire resurgir. On y décèle des traces de la naissance de Deena en tant qu’artiste et citoyenne. Une construction faite de frustrations et de contraintes, nées de mentalités obscurantistes qui ne sont l’apanage ni de l’Orient, ni de l’Occident, et qu’elle s’efforce inlassablement d’exhiber et de briser.

Tout au long des 45 minutes de « Khonnar », Deena bouscule les codes de la bass music, de la techno et de la musique expérimentale et signe le manifeste d’une génération qui ne cherche ni à plaire ni à se conformer, qui reprend le contrôle de son identité avec pertes et fracas. Un nouvel ordre mondial de la création prend forme.

L'avis des critiques :

Elle a un désir de renouveler totalement l’image de la musique orientale et d’amener une proposition ayant l’avantage d’avoir un caractère offensif et militant. Il y a une utilisation de sons mécaniques par moment très puissants. C’est un album que j’ai trouvé très novateur avec des racines musicales essentiellement électroniques, mais venant aussi de la soul, avec des éléments de musique arabe. Christophe Conte

Ce sont des gens qui ont très peu de publics dans leur pays. C’est quelque chose que l’on ressent dans ce disque. On a quelqu’un en train de se façonner une identité d’artiste, de se bâtir. J’y vois un prototype, un disque de débutant avec des volontés un peu orchestrales et des choses un peu « cheap » dans le tout synthétique. Il y a aussi des choses assez touchantes, malgré des éléments assez attendus et des tics. C’est un disque électrique, mais pas tout le temps électrisant. Olivier Lamm

On repense aux fondamentaux de la techno à Détroit. J’ai eu la sensation tout à coup d’avoir le son du futur. « Khonnar » signifie « la face obscure ». On a l’impression de sortir des effets de mode et de se connecter à l’art du vivant. Cela a cette radicalité et cette profondeur de champ-là. Cela fait partie des uppercuts. Mathilde Serrell

"Honey" de Robyn (Island Records)

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Présentation officielle : Là où “Body Talk”, le dernier album de Robyn roulait des mécaniques en tenue de robot, le nouvel album “Honey” est plus chaleureux, doux et sensuel, relatant le parcours d’un humain, surmontant la perte et la peine, pour émerger, en extase et triomphant sous les lumières. “J’ai beaucoup dansé en réalisant cet album” confie Robyn. “J’ai découvert un côté sensuel et doux comme jamais je n’avais pu le faire avant. Tout est devenu plus doux.” (...)

Un sentiment de régénération infuse pleinement “Honey”, de la fraîcheur de ses doux contours à sa contemplation déterminée de la tristesse afin de pouvoir mieux s’en libérer. Le titre éponyme qui suit “Send To Robyn Immediately” marque le moment où l’album se tourne vers la lumière. L’idée est née du son produit lorsque Robyn a appuyé sur deux boutons simultanément sur un vieux synthé Casio. Adorant le rythme accidentel et la ligne de basse qui sont apparus, Robyn s’est mise à développer cette boucle pendant un moment avant de saisir où cela l’emmènerait. Cela faisait un moment que le mot “honey” (ndlr: miel en français) lui trottait dans la tête, et finalement elle put faire le lien entre les deux. “ll y a toute cette mythologie environnante autour du miel, utilisé en Egypte pour faire les momies, donc avec ce lien à la mort ou ce miel psychédélique au Pérou, qui peut vous faire totalement planer. J’avais trouvé un endroit pour ce mot dans cette chanson où j’avais investi beaucoup de temps, avec ce battement, qui tournait seulement autour de ce rythme particulier. Je continuais à écrire ces mélodies avant qu’un jour je trouve la bonne”.

“Honey” se devait ainsi de donner son nom à l’album. Il a tout ce que l’album “Honey” contient. “Honey exprime à mes yeux ces sentiments de sensualité, de douceur et tout ce que je faisais pousser en studio, comme dans un jardin” nous dit Robyn. “Cet endroit charmant, comme une douce extase. Quelque chose de tellement sensuel et agréable”

L'avis des critiques :

C’est un disque qui fait partie de ces petits plaisirs honteux. Ce disque est rempli de référence, on arrive à un stade où la musique house et la musique électronique s’auto-samplent. Pour moi ce sont toutes ces choses des 90’s avec cette "dance" revisitée et transformée. Pour moi ce disque tient jusqu’au bout, avec des mini madeleines de Proust. Mathilde Serrell

A choisir avant cette émission entre écouter un album de Robyn et me planter un clou rouillé dans le tympan, j’aurais plutôt opté pour la seconde option. Et pourtant, on arrive à une relecture assez subtile de ce son des années 80. Elle essaye tant bien que mal d’exister dans un monde où l’on essaye sans arrêt de lui couper l’herbe sous le pied. Le disque a quelques faiblesses, la plus grande étant sa voix. Je ne suis pas sûr de le réécouter très souvent. Christophe Conte

J'aime énormément cette artiste, en tout cas depuis 2004 puisque ça fait longtemps qu'elle a cessé d'être une teen idol. Elle arrive à habiter un genre souvent désincarné avec une personnalité très forte, qu'elle porte par sa voix. Elle a fait une trilogie à la pointe de ce que la musique électronique, établissant un lien inédit avec ses fans. Aujourd'hui elle fait de la musique dansante et populaire sur laquelle on ne pourra plus jamais danser de manière innocente.

>> LE COUP DE CŒUR DE MATHILDE SERRELL : "Not easy to cook" de Cannibale (Born Bad Records)

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Présentation officielle : Si les membres de Cannibale rendaient leur petit-déjeuner au moment de parler de « Not easy to cook », l’auditeur serait bien surpris. Les quadras étant signés chez Born Bad, on penserait Garage et look à la Didier l’Embrouille, mais on se retrouverait avec des bouts d’Exoticacoincés entre les dents, le « Jungle Obsession » de Nino Nardini & Roger Roger étalé sur la table et du Glam tropical en bouteille plastique dégueulé par une version encore plus débile que le Mike Myers de Wayne’s World. Le décor est planté, vous êtes bon pour tout nettoyer.

Si l’on vous parle de tout ça, c’est qu’entre le début de la success story de Cannibale et ce deuxième album, il y a un monde. Encore un peu et on aurait presque l’impression que Freddie Mercury vient de débarquer en Renault 16 supersport pour jouer du Marimba à d’anciens fans de rock bas du front. Et en fait, c’est à peu près ça : Le Rocky Horror Picture Show et Fela Kuti en bottes de caoutchouc.

Et si le nombre de vaches n’a pas augmenté dans le bled de Normandie dont sont issus les gars de Cannibale, pour le nombre de dates par contre, c’est autre chose. Entre « No Mercy For Love », le premier album signé de 2017, et le nouveau « Not easy to cook », les Frogs – c’est le nom de la piste d’ouverture – ne sont pas passés de la cumbia psyché à l’autotune sur gravier, mais ils sont partis sillonner les routes comme des cyclistes dopés. Plus de 100 dates en moins d’un an (dont pas mal avec Frustration et Villejuif Underground), des festivals comme Rock en Seine et une revue de presse dithyrambique. (...)

C’est un son de quadras agrémenté de bruits de grenouille. C’est une sorte de faitout, emblématique de la proposition. On retrouve l’idée que les musiques se dévorent entre elles. On a envie de danser sur cette voix matinée de rock-garage. Pour moi c’est une rencontre. Mathilde Serrell

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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