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en haut : Scratch Massive, en bas : Thom Yorke et Marianne Faithfull

Musique : Scratch Massive, "c’est du Patrick Juvet sans les beats"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, une Dispute musique avec : "Garden of love" de Scratch Massive, "Suspiria" de Thom Yorke et "Negative Capability" de Marianne Faithfull. Sophie Rosemont nous livrera un coup de griffe pour "Happy Xmas" d'Eric Clapton et pour les albums de Noël en général.

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"Garden of love" de Scratch Massive (Bordel)

Présentation officielle : Compositions virtuoses, atmosphères synthétiques subtiles, voix oscillant entre intentions pures et onirisme dévoyé, confusion des sentiments et des désirs, du temps et de l’espace… « Garden of Love », le nouvel album de la paire électro Scratch Massive, imprime dès les premiers instants sa beauté énigmatique. A l’instar d’un train fantôme avançant sur la corde raide – entre ombre et lumière, chute et rédemption, violence et mélancolie -, ce quatrième disque studio réaffirme avec brio et sophistication le goût du duo de DJ/producteurs parisien pour les hybridations sonores hors sol et les expériences sensorielles inédites.

C'est que Maud Geffray et Sébastien Chenut tiennent depuis 15 ans une ligne de conduite - artistique, esthétique - qui aura grandement participé à cette "révolution des dancefloors" qui, à l'orée des années 00, aura vu l'électro "made in France" s'imposer comme le médium hédoniste et salvateur de toute une génération techno prête à en découdre (du moins sur la piste de danse !) avec un futur de plus en plus frustrant et hypothétique. De « Enemy & Lovers » (premier album saisissant qui signait en 2003 l'acte de naissance du groupe sur fond d'amours immoraux entre noirceur électronique et cold-wave extasiée) au grandiose « Nuit de Rêve » (fresque techno glaçante parue en 2011 où les présences de l’icône 80’s Jimmy Sommerville, Daniel Agust de Gus Gus, DJ Chloé ou encore le punk électro Koudlam soufflaient le chaud et le froid sur des paysages sonores vintage à la beauté sépulcrale), en passant par l'album « Time » et ses obsessions synthétiques en noir et blanc, le duo n'a jamais cessé de donner corps et flamboyance aux rêves de gloire, aux bleus à l'âme et aux aspirations libertaires d'une musique électronique en quête d'identité et de lumière.

« Cet album ressemble à une invitation à l amour et à la paix, mais bien sûr, rien n’est jamais si simple, comme l’évoque (non sans humour) la photo de la pochette et ses multiples degrés de lecture. Dans cet album, les paroles auscultent très souvent le fond de l’âme. L’amour, les émotions, les peurs, le manque … Des thèmes qui reflètent l’âme humaine. » (...)

L'avis des critiques :

C’est un album dans lequel j’ai eu beaucoup de mal à entrer, je l’ai trouvé insaisissable. J’ai lu que l’album avait été influencé par la ville de Los Angeles. Il y a de la lumière et de la douceur, mais je me perds. Dans la première partie qui est dans le tempo, on a envie que ça ne démarre, mais ça ne démarre pas. C’est un album qui est plein de belles intentions qu’on saisit, mais qui laissent un peu de marbre. Pascaline Potdevin

On une espèce d’enthousiasme dans cette ville de Los Angeles. Ce qui colle le plus avec l’esprit de l’album, c’est le titre « Garden of love », tiré d’un poème de William Blake. Il y a quelques titres que je trouve très réussis, mais aussi un je ne sais quoi de profondément glauque qui m’empêche d’accéder au cœur de cet album. C’est un disque qui est froid. Sophie Rosemont

Il y a quelque chose d'assez plat et fade, quand j'écoute ce disque, je n'entends aucun relief. Si j’ai quelque chose à reprocher à cet album, c’est que c’est assez plaisant, mais assez linéaire. L’album solo de Maud Geffray était beaucoup plus varié et riche. J'entends un peu le soft rock des années 80, mais à la mode électro-synthétique d'aujourd'hui. C’est du Patrick Juvet sans les beats. Hugo Cassavetti

C’est un album que je ne trouve pas évident, qui ne nous accueille pas à bras ouverts, même si des morceaux se dégagent dès la première écoute. Je ne vois pas de colonne vertébrale à ce disque, mais des morceaux épars. Je ne comprends pas la structure et l'ordre des morceaux. J'ai plutôt l’impression d'être face à une collection de chansons de diverses qualités. Arnaud Laporte

"Suspiria" de Thom Yorke (XL Recordings)

Présentation officielle : Après les mystérieux trailers dévoilés ces derniers jours, on peut désormais confirmer la bonne nouvelle : la bande originale composée par Thom Yorke pour le remake de Suspiria par le réalisateur italien Luca Guadagnino sortira le 26 octobre via XL Recordings.

L’album Suspiria contient 25 titres, composés par Thom Yorke spécialement pour la nouvelle version de Luca Guadagnino du classique des films d’horreurs de Dario Argento datant de 1977. On y trouve un mélange d’instrumentales, d’interludes et de sons plus traditionnels sur lesquels le leader de Radiohead pose sa voix, comme ‘Unmade’, ‘Has Ended’ ou encore ‘Suspirium’, le premier single et thème principal du film.

Suspiria a été écrit et arrangé par Thom Yorke, enregistré et produit par Thom et Sam Petts-Davies. On peut y entendre le Choeur et Orchestre Contemporain de Londres, Noah Yorke à la batterie sur les titres ‘Has Ended’ et ‘Volk’, ainsi que Pasha Mansurov à la flûte sur ‘Suspirium’.

L'avis des critiques :

On peut considérer Thom Yorke comme un artiste traditionnel. Il sait nous faire peur depuis toujours. Ce que je trouve intéressant, c’est qu’il joue de manière assez évidente avec tous les codes de la musique d’horreur. Je trouve que c’est un album qui existe par lui-même. Il peut faire peur, convoque beaucoup d’émotions. Pascaline Potdevin

J’ai trouvé ça assez beau. C’est pour moi un très bon film, bien que trop long. Quelle merveille que cet album. Il y a des milliards de choses à dire sur ce disque qui fonctionne très bien dans le film et très bien sans. Il y a énormément d’émotions. Sans rien connaître on sent que l’atmosphère est lourde, inquiétante. Que ce soit dans les paroles comme dans l’instrumentation, il y a quelque chose de libéré. Sophie Rosemont

On aurait pu éprouver de l’inquiétude à voir Thom Yorke réaliser une musique de film, ce qu'il n'avait jamais fait jusque là. C’est comme s’il restait, comme sur les meilleurs disques de Radiohead, quelques superbes balades et ces chansons qu’on aime beaucoup. Il y a à la fois une angoisse, à la fois quelque chose de lumineux, de radieux. Hugo Cassavetti

L'écoute de ce disque m'a ennuyé. J'ai entendu les références, mais en tant que références. Je n'ai trouvé que du "sous quelque chose" à chaque fois. Quant aux chansons, cela fait 25 ans que je n'en peux plus d'entendre gémir Thom Yorke. Il y a une qualité de sa voix, mais elle est réellement attirante ou repoussante. Arnaud Laporte

"Negative Capability" de Marianne Faithfull (BMG)

Présentation officielle : Negative Capability est le 21ème album de Marianne Faithfull et celui dont la puissance émotionnelle est la plus forte dans sa carrière de 54 ans. Surmontant l’arthrite et soutenu par des collaborateurs tels que Warren Ellis, Nick Cave, Rob Ellis, Ed Harcourt et Mark Lanegan, Negative Capability est chargé d’une honnêteté brutale et d’une réflexion autobiographique à mesure qu’elle évoque la perte de vieux amis, la solitude dans Paris, sa ville d’adoption, et l’amour.

Mue par ses talents surnaturels de réinterprétation, son lyrisme florissant, son combat contre la douleur qui la suit au quotidien et réalisé avec sa constellation de musiciens, Negative Capability est le chef-d’oeuvre de la maturité de Marianne, sans concession et d’une beauté époustouflante. La charge émotionnelle, délicatement encadrée par la sensibilité d’un décor musical élaboré, est comparable aux œuvres tardives de Johnny Cash ou Leonard Cohen.

“C’est l’album le plus sincère que j’ai jamais fait, dit-elle. J’ai toujours essayé de ne pas me révéler. Il n’y a rien de tel qu’une vraie épreuve pour vous donner de la profondeur. J’ai eu des accidents terribles et je suis vraiment abîmée. Ça a changé ma vie. Je souffre beaucoup et j’ai travaillé dur pour être plus forte et pouvoir faire mon travail. Le grand miracle, c’est que j’aie pu faire ce beau disque. Je n’avais vraiment aucune idée de ce que ça donnerait. J’ai sauté dedans à pieds joints en espérant que j’y arriverais. Ça parle de tout ce qui m’est arrivé depuis que ma vie a changé mais, évidemment, si je fais quelque chose, il faut que je le fasse vraiment bien.” (...)

L'avis des critiques :

C'est un très beau disque, qu'on nous présente comme "le plus sincère, le plus beau". La musique est là, tout est bien. Il n’y a rien à reprocher à ce disque, si ce n’est qu’on n’a pas envie de le remettre après une écoute. Il y a une vraie admiration et un vrai respect pour Marianne Faithfull. Elle a déjà fait un disque qui est devenu un classique et qui était son vrai premier disque de la résurrection. Hugo Cassavetti

Ce n’est pas un disque que je vais réécouter très souvent, mais il y a quelque chose qui me touche, notamment dans ses textes. Elle a une certaine brutalité qui la rend très touchante. Elle regarde la mort en face et nous regarde dans les yeux. Pascaline Potdevin

Je trouve cet album assez réussi malgré le souci de la voix. Les textes sont effectivement très beaux. Je trouve qu'il y a quand même des morceaux bouleversants. Sophie Rosemont

Je n'ai jamais compris cette aura autour de Marianne Faithfull, mais elle a quelque chose qui me touche dans cet album. Je ne sais pas si c'est l'album où elle se livre enfin, mais elle m'a en tout cas touché. Arnaud Laporte

>> LE COUP DE GRIFFE DE SOPHIE ROSEMONT : « Happy Xmas » d’Eric Clapton (Polydor / Universal) et les albums de Noël en général

Pourquoi Eric ? Tu n’as plus rien à prouver, on n’a pas besoin de t’entendre claquer tes petits doigts agiles sur les cordes. Je n’ai pas du tout envie d’écouter du classic rock pendant que je mange ma bûche, ça me déprime. Il ne chante pas, c’est une espèce de "dance" matinée de samba, dédiée à DJ Avicii. Si encore Eric Clapton avait pris sa guitare sèche… Sophie Rosemont

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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