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En haut : GerMANIA © Opéra de Lyon. En bas : Orfeo © Vincent Pontet - Emil Gilels, pianiste russe © Getty/Hulton-Deutsch Collection/CORBIS/Corbis

Musique : "L’art de Gilels est un art infaillible"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir il sera question de "GerMANIA" la création d'Alexander Raskatov composée à partir de deux textes du dramaturge Heiner Müller, ainsi que de "Orfeo ed Euridice" mis en scène par Robert Carsen sous la baguette de Diego Fasolis, mais également du coffret totalement inédit consacré à Emil Gilels.

En haut : GerMANIA © Opéra de Lyon. En bas : Orfeo © Vincent Pontet - Emil Gilels, pianiste russe © Getty/Hulton-Deutsch Collection/CORBIS/Corbis
En haut : GerMANIA © Opéra de Lyon. En bas : Orfeo © Vincent Pontet - Emil Gilels, pianiste russe © Getty/Hulton-Deutsch Collection/CORBIS/Corbis

"GerMANIA" jusqu'au 4 juin à l'Opéra de Lyon

"GerMANIA" jusqu'au 4 juin à l'Opéra de Lyon
"GerMANIA" jusqu'au 4 juin à l'Opéra de Lyon

Compositeur : Alexander Raskatov

Direction musicale : Alejo Pérez

Mise en scène : John Fulljames

Présentation officielle : Création mondiale, commandée par l’Opéra de Lyon au compositeur Alexander Raskatov, GerMANIA est un événement majeur de la scène lyrique internationale.

Composé à partir de deux textes du dramaturge Heiner Müller, cet opéra à la fois dramatique et satirique, plonge le public dans une époque charnière du 20e siècle où s’affrontent deux régimes totalitaires, nazisme et communisme… Dans ce panorama de l'Allemagne, de la première guerre mondiale à la chute du mur, trente-sept personnages se succèderont sur scène parmi lesquels Hitler, Staline ou Goebbels.

Le compositeur russe Alexander Raskatov, touché personnellement par la barbarie de cette époque (né à Moscou en 1953), sait parfaitement mêler le drame avec la farce et offre ici une musique très expressive, comique, imagée... mais aussi parfois plus intérieure, solennelle, émouvante. 

GerMANIA, véritable fresque historique aussi ironique que grinçante, est une tragédie qui traite de la question du pouvoir, de son incarnation, de sa finalité et de ses conséquences sur notre Histoire. 

L'avis des critiques : 

Tout est oppressant dans cet opéra, à commencer par le thème. Tout est cohérent dans le registre de l’horreur, il y a une grande cohérence visuelle, théâtrale et musicale. Il faut vraiment voir cela comme un tout. Emmanuel Dupuy

On se repère bien dans cette explosion chronologique, la scénographie est claire et précise. Il y a une dichotomie entre la conception très raffinée et sophistiquée du spectacle et la réalisation moins réussie, quelque chose ne prend pas en scène. Anna Sigalevitch

Il y a très peu de cordes, beaucoup de percussions et de vents, mais donc assez peu de mélodie.. Cependant il y a une très belle palette sonore, la direction musicale d’Alejo Pérez est impeccable. Matthieu Conquet

"Orfeo ed Euridice" jusqu'au 2 juin au Théâtre des Champs-Elysées

Orfeo ed Euridice
Orfeo ed Euridice Crédits : Vincent Pontet

Compositeur : Christoph Willibald Gluck

Direction musicale : Diego Fasolis

Mise en scène : Robert Carsen

Présentation officielle : Lorsqu’il reprend plus d’un siècle et demi après Monteverdi le sujet de la fable de l’Orfeo, Gluck s’engage en même temps dans un renouveau des codes de l’opéra jusqu’alors en vigueur. Il décide de se concentrer sur l’action dramatique, sa force, sa cohérence et sa richesse, qui à ses yeux se doivent d’être en parfaite harmonie avec l’écriture musicale. De cette réflexion surgit un ouvrage novateur qui, par l’incroyable richesse des ballets et des chœurs notamment, rayonne d’une beauté lumineuse tout en « réformant » les formes du passé.

Le canadien Robert Carsen a mis en scène l’œuvre il y a une dizaine d’année pour l’Opéra de Chicago. Il y traduisait déjà par son dispositif hors de toutes références temporelles toute l’universalité de l’ouvrage et donnait une place de choix à la musique et au chant. Il a aujourd’hui décidé de remettre l’ouvrage sur le métier, mais gageons que cette version parisiennes conservera son aspiration première. Si le sujet est issu de l’un des plus beaux mythes, l’intrigue se resserre sur le couple formé par Orfeo et Euridice au travers de leurs airs qui requièrent une sensibilité et une virtuosité sans faille. De nouveau réunis après leur Alcina aixoise, Philippe Jaroussky et Patricia Petibon ont sans conteste la grâce et la poésie pour servir à merveille cette impressionnante et douloureuse descente aux Enfers. Les virtuoses d'I Barocchisti et l'élégante baguette de Diego Fasolis seront à leurs côtés pour les accompagner et servir avec tout le talent qu'on leur connait désormais ce voyage universel où se conjuguent l'amour et la mort.

L'avis des critiques :

Je regrette que la version qu’on entend au TCE n’est pas celle qu’on entend au disque qui correspond plus à Philippe Jaroussky. Il y a vraiment un problème de justesse musicale. Matthieu Conquet

Cela manque de corps et de couleur. Il y a des problèmes de justesse et de rythmique mais aussi des moments de temps morts. C’est un spectacle épuré mais superficiel, les thèmes profonds de l’opéra ne sont pas traités et simplement survolés. Emmanuel Dupuy

Il y a quelque chose de brouillon, d’imprécis, de décentré, avec des problèmes de cuivre. Mais au moment où Patricia Petibon arrive il y a quelque chose qui se place. Pour moi c’est vraiment un problème de direction mais pas de jeu d’acteur : Philippe Jaroussky est complètement abandonné. Anna Sigalevitch

"Emil Gilels - The unreleased recitals at the concertgebouw" Coffret 5 CD (Fondamenta)

"Emil Gilels - The unreleased recitals at the concertgebouw" Coffret 5 CD (Fondamenta)
"Emil Gilels - The unreleased recitals at the concertgebouw" Coffret 5 CD (Fondamenta)

Extrait du communiqué de presse : 

En juin 2017, alors que je dois me produire à Moscou, je fais la connaissance de Kirill Gilels, petit-fils du célèbre pianiste Emil Gilels. Il a écouté ce que peut accomplir notre procédé de restauration Phoenix Mastering basé, entre autres, sur des technologies Devialet, et décide de nous confier le fruit de plusieurs années de recherche : les années et les lieux des enregistrements inédits de son grand-père. C’est finalement à Amsterdam, grâce à l’acharnement de Piet Tullenaar, que nous réussissons à extraire cinq récitals que le pianiste donne entre 1975 et 1980 au Concertgebouw et dont tous avaient oublié l’existence. Alors que nous auditionnons les bandes une par une, ni Piet Tullenaar, ni Michel Navarra, ni moi-même n’échangeons un mot. Quelle beauté ! - Frédéric D’Oria-Nicolas , pianiste et directeur artistique du label Fondamenta.

Voici, en quelques mots, la fébrile ambiance qui a entouré la genèse de ce coffret totalement inédit consacré à Emil Gilels (1916-1985). Considéré comme l’un des plus importants pianistes du XXème siècle, il a été l’élève de H. Neuhaus. Il remporte à Bruxelles l’actuel Concours de la Reine Elizabeth et prend une stature internationale. En 1955, il est le premier artiste à être accueilli aux Etats-Unis depuis la guerre : si le public, quelque peu circonspect, de Carnegie Hall, à New York, accompagne son entrée en scène d’un silence troublé, c’est sous un tonnerre d’applaudissements ininterrompus qu’il lui refusera de quitter la scène ! Son œuvre discographique est importante (plus de 55 réf sont aujourd’hui disponibles), alors retrouver des enregistrements inédits relève de l’événement.

Gilels affectionnait particulièrement la Hollande, et donnait le meilleur lors de ces récitals au Concertgebouw d’Amsterdam. C’est dans son répertoire de prédilection – Beethoven, Brahms, Chopin, Prokofiev, Schumann, etc – que nous retrouvons ce pianiste de légende, dans ce coffret d’enregistrements de 1975 à 1980.

L'avis des critiques :

Pour moi Gilels est un des trois pianistes du siècle. On entend la vitalité, il y a quelque chose qui coule de source. Il joue comme il respire dans beaucoup de répertoires différents. Anna Sigalevitch

La qualité de l’enregistrement est excellente. L’art de Gilels est un art infaillible, tout est cohérent. Emmanuel Dupuy

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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