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à gauche : "Hamlet" (© Vincent Pontet) au milieu : "Cosi fan Tutte" (© Alan Humerose), à droite : Arvo Pärt

Musique : Cosi fan Tutte, "c'est l'île de la tentation chez les bisounours"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir nous parlons de l'adaptation par Ambroise Thomas de "Hamlet" à l'Opéra Comique, mais aussi de "Cosi fan Tutte" disponible sur Arte concert et de "Arvo Pärt" de Viktoria Mullova et Paavo Järvi chez Onyx. Le coup de cœur d'Anna Sigalevitch est dévolu à "l'Académie Orsay-Royaumont".

à gauche : "Hamlet" (© Vincent Pontet) au milieu : "Cosi fan Tutte" (© Alan Humerose), à droite : Arvo Pärt
à gauche : "Hamlet" (© Vincent Pontet) au milieu : "Cosi fan Tutte" (© Alan Humerose), à droite : Arvo Pärt

"Hamlet", jusqu'au 29 décembre à l'Opéra Comique

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D'après : William Shakespeare De : Ambroise Thomas Direction : Louis Langrée Mise en scène : Cyril Teste

Présentation officielle : Hamlet refuse d’assister au couronnement de son oncle Claudius. Celui-ci n’épouse-t-il pas la reine sa mère, veuve depuis peu ? Hamlet père semble déjà oublié à Elseneur, ce qui meurtrit plus le prince que sa propre mise à l’écart du trône. L’apparition du feu roi sur les remparts va le précipiter dans une quête destructrice de la vérité.

De l’adaptation de l’original par Dumas, Barbier et Carré firent un livret aussi romantique que spectaculaire, où Ophélie brille d’un éclat particulier. Avec ses airs virtuoses, ses ensembles saisissants et son orchestre chatoyant où débutait le saxophone, Ambroise Thomas composa l’une des plus belles partitions du répertoire français. Louis Langrée est l’un des grands promoteurs d’Hamlet, Stéphane Degout l’une de ses incarnations les plus vibrantes. Sabine Devieilhe fait ses débuts dans l’extraordinaire rôle d’Ophélie, Ramy Fischler plante le décor et Cyril Teste met en scène, en images et en perspective cette métaphore du pouvoir du théâtre.

Avec : Stéphane Degout, Sabine Devieilhe, Laurent Alvaro, Sylvie Brunet-Grupposo, Julien Behr, Jérôme Varnier, Kevin Amiel, Yoann Dubruque, Nicolas Legoux

"Hamlet", Stéphane Degout et Sabine Devieilhe (© Vincent Pontet)
"Hamlet", Stéphane Degout et Sabine Devieilhe (© Vincent Pontet)

L'avis des critiques :

Pour une première mise en scène d’opéra, il y a de l’idée. Cela commence de façon spectaculaire, avec quelque chose de très vif musicalement. Le dispositif est assez sophistiqué tout en étant très fluide. C'est simple, mais cela fait son effet. Le théâtre est utilisé comme un écrin et  joue dramatiquement tout le temps. Sabine Devieilhe est absolument sublime et très fine musicalement, c’est un rôle fait pour elle. Anna Sigalevitch

Cela se présente comme un drame bourgeois dans un dispositif où il y a beaucoup de choses, mais avec également une forme de dépouillement esthétique. Tout cela au début m’a paru assez convenu et statique. La vidéo a tendance à tourner un peu au procédé. L'orchestre des Champs Elysées n'est peut-être pas celui qui a la patte sonore la plus unique qui soit. Il y a toutefois une beauté des timbres qui étaient très bien servis par la salle Favard. Emmanuel Dupuy

Tout est très centré autour de l'intrigue amoureuse entre Hamlet et Ophélie qui est presque une intrigue conjugale. Je pense qu’il est très difficile de mettre en scène cet opéra. Cyril Teste avec la lourdeur de son dispositif, s’y perd un peu. Pour moi, tous ces effets s'annulent un peu, je ne suis pas sûre qu'il y ait vraiment d'idée de mise en scène. J’ai trouvé ça très artificiel. Stéphane Degout est de toute façon un très bon acteur. Il a une diction absolument miraculeuse. Lucile Commeaux

"Cosi fan Tutte", disponible sur Arte concert

"Cosi fan Tutte" (© Alan Humerose)
"Cosi fan Tutte" (© Alan Humerose)

De : Wolfgang Amadeus Mozart Direction : Joshua Weilerstein Mise en scène : Jean Liermier

Présentation officielle : Les femmes sont-elles fidèles ? C’est la question que se posent les deux officiers Guglielmo et Ferrando dans Così fan tutte, un opera buffa de Mozart. Voulant éprouver la constance de leurs bien-aimées respectives, ils font mine de partir à la guerre. Peu après, ils reviennent déguisés en gentilshommes étrangers pour faire la cour à la fiancée de l’autre.

A l’école de l’amour, certaines leçons s’apprennent vite. Il y a autant de femmes fidèles que de phœnix, raille Don Alfonso. Pour vérifier cette assertion, Ferrando, l’amant de la belle Dorabella, et Guglielmo, le fiancé de Fiordiligi, jouent eux-mêmes les cobayes. Comme prévu, les quiproquos sont au rendez-vous. Mais au final, ils en retirent une leçon simple : « l’homme heureux voit toujours le bon côté des choses ».

Créé en 1790, Così fan tutte, ossia la scuola degli amanti (« Ainsi font-elles toutes ou l’École des amants ») est la dernière collaboration de Mozart avec le librettiste italien Lorenzo Da Ponte, après Don Giovanni et Les Noces de Figaro. Bien que ces trois opéras, auxquels s’ajoutent La Flûte enchantée et L’enlèvement au sérail, comptent aujourd’hui parmi les œuvres mozartiennes les plus renommées, les critiques à l’encontre de Così fan tutte n’ont pas toujours été dithyrambiques. Au XIXe siècle, cet opera buffa avait risqué d’être proscrit en raison de son libertinage et de son traitement trop frivole de la fidélité et du désir. Ni Beethoven ni Wagner n’appréciaient pas particulièrement cette œuvre. Mais ces objections morales n’ont plus cours de nos jours. 

Après avoir signé en 2015 la mise en scène de My Fair Lady à l’Opéra de Lausanne, Jean Liermier revient en Suisse pour un second projet. La direction de cette œuvre de Mozart haute en couleur est confiée à Joshua Weilerstein, directeur artistique de l’Orchestre de Chambre de Lausanne. Les rôles des quatre amants mis à l’épreuve sont tenus par Stéphanie Guérin (Dorabella), Robert Gleadow (Guglielmo), Valentina Nafornita (Fiordiligi) et Joel Prieto (Ferrando).

Avec : Robert Gleadow, Joel Prieto, Susana Cordón, Bruno de Simone, Valentina Nafornita, Stéphanie Guérin

L'avis des critiques :

Il y a un certain savoir-faire dans l'utilisation de la vidéo. La gravité et la cruauté de "Cosi fan Tutte" sont assez absentes. La distribution brille davantage par son homogénéité que par des performances individuelles. On donne souvent le rôle d’Alfonso à des barytons en fin de carrière, ici c’est une voix assez fatiguée, avec des signes d’usure. L’orchestre est quand même vif et animé. Emmanuel Dupuy

Ce n’est pas facile de mettre en scène « Cosi », avec ces effets de symétries un peu pénibles à gérer. Tout le dispositif va être un dispositif de télé réalité. On a beaucoup de clichés sur les personnages, mais finalement ça ne fonctionne pas si mal que ça tant c'est assumé. Il y a quelque chose de sordide qui n'est pas inintéressant, mais pour moi la psychologie est un écueil. Du point de vue vocal, c’est assez inégal. Valentina Nafornita s’en sort très bien. Lucile Commeaux

J'ai trouvé ça sans saveur ni odeur. Pour moi ce n'est même pas sordide. C'est l'île de la tentation chez les bisounours. On a un dispositif qui aurait un intérêt s’il était poussé, ici c’est juste banal. Les personnages ne sont que les images d'Epinal de ce qu'on peut imaginer d’eux. Pour moi tout cela est complètement à plat. Au niveau de l’orchestre ça ne chante pas beaucoup. Anna Sigalevitch

"Arvo Pärt" de Viktoria Mullova et Paavo Järvi (Onyx)

Présentation officielle : Presque toutes les œuvres de cet album consacré à Arvo Pärt, signé de la baguette par Paavo Järvi et de l’archet par Viktoria Mullova, furent créées par Gidon Kremer, Tabula rasa de 1977 étant même écrit pour le fameux violoniste. Elles appartiennent toutes au genre que Pärt appelle lui-même « tintinnabuli », développé au cours des années 1970 à partir d’éléments de musique sacrée médiévale – complètement modernisés, bien sûr. Pärt « pousse » même jusqu’à J. S. Bach dans sa Passacaglia de 2003 et dans Darf ich… (« Puis-je me permettre… »), écrit pour Menuhin en 1995 et remanié pour Kremer peu après. Quant à Fratres, conçu initialement pour trois parties sans attribution instrumentale particulière, l’ouvrage existe désormais en une vingtaine de versions, remaniées en fonction de l’instrumentarium ; voici celle, établie par le compositeur lui-même, pour violon solo, orchestre à cordes et percussion, dans laquelle la partie de violon tisse une phrase de variations sur une base rigoureuse en trois parties confiée aux cordes, les percussions servant de ponctuation énigmatique. La simplicité du discours de base, assez répétitif avec sa cellule mélodique, opposé au solo toujours plus remuant avant de revenir à l’apaisement, semble assez proche de The Unanswered Question de Ives, même s’il n’est pas certain que Pärt l’ait fait consciemment.

L'avis des critiques :

On a une matière presque préhensible, on entend l’archet, le coup de l’archet, les pizz. C’est extrêmement tendu, on a une mystique qui créé une forme de nappe extrêmement continue. C’est très étonnant à écouter car on peut passer d’un état à l’autre en deux secondes sans que les accords changent. On sent combien Arvo Pärt est nourri par la musique de Bach. Lucile Commeaux

Ce sont des airs qui couvrent 25 années de création et témoignent de sa maturité. Il a développé un langage musical complexe, souvent à partir d’un matériau très simple. Il y a quelque chose de presque écorché vif dans le jeu de Viktoria Mullova. C'est très discursif, cela avance tout le temps, avec un côté vraiment envoûtant. Il y a quelque chose de totalement fusionnel dans le jeu et avec la direction. Emmanuel Dupuy

Sous les doigts de Viktoria Mullova, c'est particulier. Elle a presque une façon de dématérialiser le son. C’est à la fois d’une pureté totale et en même temps elle ne recherche pas le beau, mais le juste, avec différents plans sonores. C’est complètement à vif et c'est ce qui me plait dans Arvo Pärt. J'aime quand ce n'est pas arrondi et sirupeux. On sent une densité, avec une quête qui part loin tout de suite et vraiment très profond. Anna Sigalevitch

>> LE COUP DE CŒUR D'ANNA SIGALEVITCH : « Académie Orsay-Royaumont », saison d'hiver

Présentation officielle : Le Musée d’Orsay et la Fondation Royaumont s’associent pour créer une académie dédiée à l’art de la mélodie et du lied, dont la première édition a lieu lors de la saison 2018-2019. Unique en son genre, elle a pour objectif de faire émerger une nouvelle génération de duos chanteurs(ses) et pianistes tout en créant des ponts entre le monde de la musique et les arts visuels.

Chaque année, 4 duos sélectionnés lors d’auditions internationales seront formés lors de quatre sessions à Royaumont, suivies d’un parcours d’histoire de l’art au Musée d’Orsay leur permettant d’établir des liens entre les collections du musée et les œuvres musicales travaillées.

De nombreux évènements publics auront lieu en parallèle (masterclasses, récitals des maîtres…). À l’issue de la formation, un CD des lauréats sera enregistré et une tournée de concerts aura lieu en France et à l’étranger.

En 2019-2020, la deuxième édition de l’Académie Orsay-Royaumont abordera le répertoire de la mélodie française et du lied classique et romantique allemand avec une des sessions sur pianoforte. Les stagiaires seront encadrés par les duos suivants : Christian Immler et Hélène Lucas, Véronique Gens et Susan Manoff, Christoph Prégardien et Ulrich Eisenlohr, Stéphane Degout et Alain Planès.

C'est la première promotion de l'académie et c’est vraiment l’idée du duo. C’est de la musique de chambre et on considère que chanteur et pianiste sont choisis ensemble, pour progresser ensemble. Ils ont également des cours d’histoire de l’art et construisent un programme musical à partir d’un tableau choisi à Orsay. C’est aussi une façon d’amener les gens qui vont au musée vers la musique. Anna Sigalevitch

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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