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à gauche : "La Gioconda", B. Uria-Monzon (La Gioconda), (© Baus). à droite : "Il primo omicidio" (© Bernd Uhlig / Opéra national de Paris)

Musique : Il Primo Omicidio, "Castellucci prend le parti de l’abstraction"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au programme de cette Dispute musique figure un Petit Salon de Lucile Commeaux. Nous évoquons également "La Gioconda" dans une mise en scène d'Olivier Py à la Monnaie de Bruxelles et "Il Primo Omicidio" de Romeo Castellucci à l'Opéra Garnier. Sans oublier un coup de cœur pour "What Men Live By".

à gauche : "La Gioconda", B. Uria-Monzon (La Gioconda), (© Baus). à droite : "Il primo omicidio" (© Bernd Uhlig / Opéra national de Paris)
à gauche : "La Gioconda", B. Uria-Monzon (La Gioconda), (© Baus). à droite : "Il primo omicidio" (© Bernd Uhlig / Opéra national de Paris)

Le Petit Salon de Lucile Commeaux : "Philarmonia", la série – ce que la télévision fait de la musique classique

L'avis des critiques :

C’est un véritable succès d’audience, mais dans la presse c’est nettement plus mitigé. C’est terrible ce qui est dit du milieu de la musique classique. Je trouve que c'est un contre-effet, avec un univers très réactionnaire. Je me demande si la méconnaissance du grand public pour la musique classique ne fait pas qu’on peut d’autant plus se moquer de la vraisemblance. Lucile Commeaux

Il y a des séries intéressantes concernant la musique comme « Mozart in the jungle ». J’ai aimé détester cette série. Il ne faut pas attendre un documentaire, c’est évidemment scénarisé. Pourquoi la musique n’aurait-elle pas ses "Feux de l’amour" ? Je trouve qu’il y a un effort assez louable, or, ça se mélange les pinceaux. Charles Arden

On aimerait que cela offre un reflet fidèle et un peu valorisant de la musique classique. Or, la chef d’orchestre est à moitié dingue, les musiciens tous à l’ouest. C’est très mauvais, très mal écrit, les dialogues sont affligeants. C’est censé se passer dans le milieu de l’orchestre symphonique, mais si ça se passait dans le milieu du hockey sur gazon, se serait la même chose. Emmanuel Dupuy

"La Gioconda", jusqu'au 12 février à La Monnaie - De Munt à Bruxelles et disponible en streaming sur le site de La Monnaie du 25 février au 17 mars

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De : Amilcare Ponchielli Direction : Paolo Carignani Mise en scène : Olivier Py

Présentation officielle : Considéré en son temps comme le compositeur italien le plus important de la génération suivant Verdi, Amilcare Ponchielli est surtout connu aujourd’hui pour La Gioconda dont fait partie le fameux ballet « La danza delle ore ». L’intrigue de l’opéra, tiré d’Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo, se déroule au XVIIe siècle à Venise, où conspirations et régates forment la toile de fond des déboires d’une chanteuse, la Gioconda. Victime des machinations de l’espion Barnaba, elle sacrifie tout pour sauver son bien-aimé, Enzo, et l’amante de celui-ci, Laura. Fin connaisseur de Hugo, le metteur en scène Olivier Py nous proposera une version onirique de ce drame régi par la mort et le sexe. Un grande opera all’italiana, dirigé par Paolo Carignani et avec une double distribution exceptionnelle pour les six rôles principaux.

Venise au XVIIe siècle. La célèbre chanteuse surnommée La Gioconda refuse les avances de l’espion Barnaba. Elle aime Enzo Grimaldi qui, quant à lui, éprouve des sentiments pour Laura, la femme du conseiller Alvise. Malgré ses sentiments pour Enzo, La Gioconda sauve une première fois les amants, dénoncés par Barnaba, quand elle a reconnu en Laura la protectrice de sa mère. Convaincu malgré tout d’être trompé, le conseiller Alvise désire se venger en empoisonnant sa femme. La Gioconda substitue un somnifère au poison et fait mettre Laura à l’abri pour qu’elle puisse y retrouver Enzo. Ayant promis de se donner à Barnaba en échange de son aide, elle se poignarde à son arrivée.

Avec : Martina Serafin, Béatrice Uria Monzon, Ning Liang, Andrea Carè, Stefano La Colla, Jean Teitgen, Szilvia Vörös, Silvia Tro Santafé, Franco Vassallo, Scott Hendricks, Roberto Covatta

"La Gioconda", B. Uria-Mozon (La Gioconda), S. La Colla (Enzo Grimaldi), Ensemble. (© Baus)
"La Gioconda", B. Uria-Mozon (La Gioconda), S. La Colla (Enzo Grimaldi), Ensemble. (© Baus)

L'avis des critiques :

Olivier Py a un rythme incroyable, il en est à sa troisième mise en scène en quatre mois. On retrouve plein de choses qu’on a déjà vues, de l’eau, une baignoire, du sang. Ce drame est d’une brutalité et d’une puissance insoutenable. Tout est noir et brutal dans la mise en scène parce que ça l’est dans l’œuvre. J’ai vraiment été ébloui par l’orchestre et les chœurs, j’ai ressenti tous les affects. Charles Arden

Il est vrai qu’on a un peu de mal aujourd’hui à voir ce genre d’ouvrage. Olivier Py joue le jeu avec une grande fresque, où le sens de la narration est très clair. On a une sorte de chambre noire avec une perspective fuyante qui s’en va jusqu’au fond de la scène. Sur la danse, j’ai été beaucoup moins convaincu. La direction musicale est à la fois précise et racée. Emmanuel Dupuy

"Il Primo Omicidio", jusqu'au 23 février à l'Opéra Garnier et radiodiffusé sur France Musique le 17 mars à 20h

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De : Alessandro Scarlatti Direction : René Jacobs Mise en scène : Romeo Castellucci

Présentation officielle : Le meurtre d’Abel par son frère Caïn est de ces sujets qui fascinèrent un siècle épris de questions théologiques. Ce premier meurtre devait engendrer l’Humanité, plaçant la figure ambiguë de Caïn dans le rôle du père de la civilisation. Après Moses und Aron, le metteur en scène Romeo Castellucci revient à l’Opéra de Paris avec cet oratorio dont il explore la dimension métaphysique, interrogeant la part du Mal dans le projet divin. La musique de Scarlatti évoque le fratricide avec une grande douceur, « comme une fleur de la maladie ». Maître du répertoire baroque, René Jacobs a contribué à la redécouverte de trésors méconnus, parmi lesquels ce rare Primo omicidio, donné pour la première fois à l’Opéra de Paris.

Avec : Kristina Hammarström, Olivia Vermeulen, Birgitte Christensen, Thomas Walker, Benno Schachtner, Robert Gleadow

"Il Primo Omicidio" (© Bernd Uhlig / Opéra national de Paris)
"Il Primo Omicidio" (© Bernd Uhlig / Opéra national de Paris)

L'avis des critiques :

C’est une gageure de vouloir mettre en scène cette pièce-là. Elle est d’une expressivité et d’une intensité dramatique qui dépasse sa qualité d’oratorio. La mise en scène réussit à en faire quelque chose qui n’est pas décollé du sens même de l’œuvre. Même s’ils sont très différents d’un point de vue plastique, ces deux actes sont dans une correspondance musicalement. Lucile Commeaux

A l’époque déjà, la création de l’oratorio s’est faite contre le théâtre. Il y a pourtant de la théâtralité partout. Castellucci multiplie les symétries, entre les deux parties, entre les personnages. Jacobs a réussi à mettre Garnier à la talle de Bastille en se déployant à la mesure de cette salle. Il en a fait presque un concerto pour violon qui est sublime. J’ai toutefois été très déçu par les voix. Charles Arden

C’est une œuvre dans laquelle il y a très peu d’action théâtrale, ce sont plutôt de longs monologues dramatiques. Face à une matière dramatique aussi ténue, Castellucci prend le parti de l’abstraction. Plastiquement, c’est un spectacle très beau, mais je me suis un petit peu ennuyé, parce que c’est davantage un rituel que du véritable théâtre. C’était une très bonne distribution. Emmanuel Dupuy

>> LE COUP DE CŒUR DE LUCILE COMMEAUX : "What Men Live By", sorti en CD (Supraphon)

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De : Bohuslav Martinů Direction : Jiří Bělohlávek

Présentation officielle : Le cycle des Symphonies de Bohuslav Martinu entrepris par Jiri Belohlavek et sa chère Philharmonie Tchèque entre 2007 et 2009 resta inachevée : les deux premières symphonies ne furent jamais enregistrées, le chef et son orchestre ayant gravé la Première pour Chandos. Dommage, que vient réparer enfin une captation en concert de cette même Première Symphonie en janvier 2016 : quelle inquiétude dans les paysages d’orage du Moderato, quelle tension martiale dans le Scherzo, une vraie symphonie de guerre (1942) qui deviendrait quasiment la plus sombre du cycle avec l’ultime, celle des Fantaisies symphoniques. (...) Jean-Charles Hoffelé

Avec : Czech Philharmonic, Ivan Kusnjer, Petr Svoboda, Jan Martiník, Lucie Silkenová, Ester Pavlů, Jaroslav Březina, Josef Špaček (narrateur)

C’est un compositeur extrêmement efficace. Il s’agit d’un petit opéra en anglais de 40 minutes, qui raconte l’histoire d’un vieux cordonnier. Il y a une dimension de parabole un peu sérieuse, mais qui s’écoute comme une comédie populaire, presque comme une comédie musicale. Les voix sont claires assez superbes, même si l’anglais n’est pas parfait. Lucile Commeaux

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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