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à gauche : Orelsan et la pochette de l'album de Robert Rental, au milieu : Gruff Rhys, à droite : Laraaji (© Dampfzentrale Bern)

Musique : les choix de l'année

56 min
À retrouver dans l'émission

C'est Noël ! Pour l’occasion nous vous proposons une Dispute musique un peu spéciale. Nos critiques partagent avec vous leurs choix de l'année, de Laraaji à Orelsan en passant par Robert Rental ou Gruff Rhys.

à gauche : Orelsan et la pochette de l'album de Robert Rental, au milieu : Gruff Rhys, à droite : Laraaji (© Dampfzentrale Bern)
à gauche : Orelsan et la pochette de l'album de Robert Rental, au milieu : Gruff Rhys, à droite : Laraaji (© Dampfzentrale Bern)

"Babelsberg" de Gruff Rhys (Rough Trade), album sorti en juin 2018

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Présentation officielle : Cinquième album du gallois Gruff Rhys, Babelsberg est sa première sortie chez Rough Trade depuis le classique "Candylion" en 2007.

Les dix morceaux présents sur cet album ont été initialement enregistrés début 2016, pendant une session de trois jours avant que le studio du producteur Ali Chant ne soit démoli. Les musiciens que Gruff Rhys a rassemblés sur cet album sont ses musiciens habituels, à savoir Kliph Scurlock (ex-Flaming Lips) à la batterie, et les multi-instrumentistes Stephen Black (Sweet Baboo) et Osian Gwynedd. Ces dix titres ont ensuite hiberné pendant 18 mois, en attendant les compositions orchestrales de Stephen McNeff, et le travail incroyable du BBC National Orchestra of Wales. Le résultat est bel et bien le meilleur enregistrement de Gruff Rhys en date. Étonnamment pour un album écrit il y a deux ans, chaque titre semble coller étroitement au présent que l’on est en train de vivre.

A travers les quarante minutes et quelques de Babelsberg, Gruff Rhys parvient à parfaitement documenter notre époque troublée et troublante, avec humour, grâce et mélodies addictives. Au milieu d’une carrière qui s’étend à travers trois décennies, deux langues, des groupes et collaborations multiples et une imagination sans limite, Babelsberg est probablement le travail le plus abouti de Gruff Rhys. (...)

Le choix de Christophe Conte :

Les Gallois sont toujours un peu les négligés de la bande, dans cette cartographie de la pop anglaise. Gruff Rhys en solo a pris une tangente. Il a décidé de repartir à la base, de devenir un nomade de la musique. C’est un type assez fantasque et qui a en même temps une vision de la musique qui est aussi celle d’un historien. Sur "Babelsberg" il a voulu se faire plaisir. C’est un amoureux de cette pop orchestrale un peu country. C’est un album très cossu. Christophe Conte

L'avis des critiques :

Je crois que j’ai un petit problème avec sa voix. J’ai l’impression qu’à ce niveau-là d’écriture, qui est de l’orfèvrerie, il faut une voix qui en apporte un peu plus. Philippe Azoury

Autant "American Interior" est resté collé à ma platine, autant là je suis moins friand. Je n’ai pas le plaisir du détail orchestral. Arnaud Laporte

J’ai un plaisir à écouter la démarche, la proposition, mais je ne suis pas touchée. J’aime l’idée de cette pop galloise, mais elle me passe complètement au-dessus des oreilles. Mathilde Serrell

"La Fête est finie Épilogue" d'Orelsan (Wagram / 3e bureau), album sorti en octobre 2017, puis en novembre 2018 en version augmentée

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Présentation officielle : Un an après, Orelsan ajoute un épilogue à son succès déjà très complet La fête est finie. Très malin, le rappeur de Caen y apporte avec 11 nouveaux morceaux des versions complémentaires de ses morceaux iconiques, des seconds avis sur son statut actuel et des pures récréations jouissives. Ainsi, Fantômes résonne comme une suite de San en version plus technique et libératrice. La famille, la famille est une réponse optimiste et salvatrice du précédent Défaite de famille au vitriol. En reprenant Mes Grands-parents, inédit qu’il avait fait en exclusivité pour Radio France, Orelsan offre sur cet épilogue un visage très humain, à plusieurs facettes, des relations familiales toujours complexes. Sur Adieu les filles, il reprend l’outro de Bonne Meuf pour en faire un hymne sarcastique et électronique à sa monogamie.

En plus de cette relecture à niveau variable de son œuvre, ce sont les sonorités plus rap et anglaises qui marquent cet Epilogue. Avec leurs batteries sèches et leurs rythmiques saccadées entre grime et 2-step, Discipline ou Epilogue rappellent les bandes-son des films générationnels Human Traffic ou Trainspotting. A mi-chemin entre le spoken word du Mike Skinner de The Streets, les claviers polis de Mura Masa et les explosions découpées décalées de Stormzy, Orelsan embrasse complètement cette culture club londonienne, allant jusqu’à inviter les nouveaux talents de cette scène, Eugy et  Kojo Funds pour une version brutale caribéenne de Tout va bien. Plus technicien et démonstratif que sur l’album original, Orelsan semble s’amuser sur des montagnes russes musicales, offrant une belle et folle diversité aux chansons équilibrées de La fête est finie. Jusqu’au grand écart des invités avec l’Américain YBN Cordae, rookie en pointe du moment, et Damso pour un duo de titans fantasmagoriques de tous les possibles. En la rallongeant avec autodérision, mise en abyme et influences plus poussées, Orelsan continue la fête de la meilleure des façons, toujours à sa manière. Et apparemment, elle est loin d’être finie. © Aurélien Chapuis/Qobuz

Le choix de Mathilde Serrell :

On retrouve les thématiques de "La Fête est finie" avec le style d’Orelsan qui s’affirme. Il a ce côté « homme des maximes ». Il est là pour faire des formules avec un précipité de réel, un écrasement de l’hypocrisie ambiante. Il a une plume assez Balzacienne. Il sait dire l’époque avec la subjectivité des personnages qui la composent. L’hommage acide et bienveillant dans "les grands-parents" est particulièrement réussi. Mathilde Serrell

L'avis des critiques :

On a une jouissance d’écriture et un talent vraiment indéniables. Il frise et pas que capillairement parlant la quarantaine. Il a mûrit, mais ça ne le rend pas plus tendre. Philippe Azoury

On entend de la musique au kilomètre avec assez peu de recherche. C’est quelqu’un qui se fait plaisir avec les mots. Je pense que son image consensuelle l’ennuie un peu et c’est pour ça qu’il essaye de la tirailler. Christophe Conte

"Vision Songs Vol. 1" de Laraaji (Numero Group), sortie en janvier 2018

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Présentation officielle : Vision Songs Vol.1 est cet album de Laraaji qui ne ressemble à aucun autre. Situé au croisement du new age et du gospel, cette anomalie dans le paysage musical est l'enregistrement fait maison et absolument feel-good du siècle. Les mélodies ont été enregistrées au synthétiseur entre les chambres d'hôtes de retraites spirituelles et une chambrette de l'Upper West Side en 1984. Il s'agit d'hymnes spectaculaires et psychédéliques décrivant un nouvel instant qui advient continuellement. "Channeled from the sky" est proposé sur vinyle pour la première fois. C'est par là que tout se dirige, c'est là que tout a lieu, c'est comme ça que tout a lieu. Est-ce vraiment clair ?

Le choix de Philippe Azoury :

Il est clair que l’écriture d’un album est devenu une tâche aussi ardue qu’impossible. Laraaji jouait dans des parcs sur cithare électrifiée. Il a rejoint la galaxie Brian et Robert Eno. Il y a des morceaux qu’il a improvisés vaguement. C’est un album monté à partir de VHS dans les centres Hare Krishna de New York. J’ai eu envie pendant quelques mois de ma vie de vendre tout ce que j’avais pour ne garder que ça. Philippe Azoury

L'avis des critiques :

Je n’avais jamais écouté Laraaji et ai pourtant eu l’impression de l’avoir écouté depuis 50 ans. Arnaud Laporte

J’ai eu une révélation, il y a un véritable cosmos qui se crée autour de vous, une forme aquatique. Cette voix-là m’a bouleversée. C’est un baiser pour les oreilles. Mathilde Serrell

Cette partie chantée est un peu différente des morceaux plus méditatifs qu’on pouvait connaître de lui. Il faut se laisser envahir par cette musique assez hypnotique. Christophe Conte

"Different voices for you. Different colours for me. Demos 1980." de Robert Rental (Optimo Music) sorti en septembre 2018

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Présentation officielle : Pour la majeure partie de ses travaux, l'artiste écossais Robert Rental (1952-2000) s'est entouré de son ami d'enfance Thomas Leer (Act/Pressure) et Daniel Miller de Mute Records en studio. Les premières ébauches qui figurent sur cet album ont été enregistrées dans son logement social de Battersea autour de 1980. Ils sont restés inécoutés des années durant, figurant parmi les possessions les plus précieuses de la famille comme les souvenirs d'une vie trop courte. Dans cet album, on retrouve de rares performances solo de cette icône de la post-punk britannique.

Le choix d'Arnaud Laporte :

C’est un disque de démos réalisé en 1980 avec cinq morceaux tout à fait inédits. Il s’avance peut-être vers une musique mélodique, plus proche du format chanson. Arnaud Laporte

L'avis des critiques :

L’acmé totale pour lui, c’est d’aller au plus près des versions démo, en évitant à tout prix le commercial. Philippe Azoury

Cette pochette m’a longtemps fait fantasmer, ce disque a une empreinte, une singularité. On aurait peut-être aimé voir ces morceaux un peu plus étoffés. Christophe Conte

J’ai eu le plaisir du document et du voyage dans le temps. J’ai eu l’impression d’entendre le son de l’époque en train de se fabriquer. C’est presque l’underground de la New Wave, ça va très loin dans la spécificité. Mathilde Serrell

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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