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Pavel Kolesnikov © Eva Vermandel / Lohengrin par Olivier Py - © Baus_La Monnae De Munt / Werther par Tatjana Gürbaca (© Klara Beck)

Musique : "C’est un disque cérébral mais avec un vrai plaisir sensuel à l’écoute"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute, Olivier Py met en scène "Lohengrin" de Wagner au théâtre de la Monnaie, à Zurich Tatjana Gürbaca inscrit Werther dans des temps beaucoup plus proches de nous, et enfin le jeune pianiste Pavel Kolesnikov interprète "Louis Couperin : Danses du Manuscrit Bauyn".

Pavel Kolesnikov © Eva Vermandel / Lohengrin par Olivier Py - © Baus_La Monnae De Munt / Werther par Tatjana Gürbaca (© Klara Beck)
Pavel Kolesnikov © Eva Vermandel / Lohengrin par Olivier Py - © Baus_La Monnae De Munt / Werther par Tatjana Gürbaca (© Klara Beck)

"Lohengrin" disponible jusqu'au 25 octobre sur Arte Concert.

Livret de : Richard Wagner

Mise en scène : Olivier Py

Direction musicale : Alain Altinoglu

Présentation officielle : " Lohengrin est un immense manifeste esthétique, associant l’ampleur du chant et la richesse orchestrale. Un manifeste politique aussi, que les autorités de Dresde voient à l’époque d’un très mauvais œil, et qu’elles refuseront de laisser jouer… C’est finalement à Weimar qu’aura lieu la création en 1850 sous la direction de Franz Liszt à qui Richard Wagner dédiera cet opéra.

Le directeur musical du théâtre de La Monnaie, Alain Altinoglu, qui a déjà dirigé cette œuvre à Bayreuth, sera le garant de la qualité musicale, tandis qu’Olivier Py, déjà connu à la Monnaie pour ses prestigieuses mises en scène des Huguenots et de Hamlet, n’éludera pas la facette politico-révolutionnaire de Wagner. "

Quand je vais au théâtre je n’ai pas besoin d’explication de textes, surtout si c’est pour enfoncer des portes ouvertes. Olivier Py affirme en introduction que Lohengrin est un opéra sur le Nationalisme, or je ne suis pas tout à fait d’accord. C’est un spectacle visuellement réussi, il y a une très grande cohérence dans le propos mais une façon simpliste de recourir aux symboles et beaucoup de surlignage. Mais le plateau vocal est extraordinaire, sans maillons faibles. Eric Cutler est fabuleux, il y a beaucoup de noblesse et de musicalité dans sa voix. Emmanuelle Dupuy

Avoir l’interprétation du metteur en scène est extrêmement désagréable et sur le fond c’est un niveau primaire d’analyse politique. Rentrer dans une œuvre aussi complexe par une simplification esthétique et politique est gênant et ne rend pas justice à la mise en scène. C’est une œuvre qui m’a beaucoup émue dans le côté très grave présenté par Olivier Py. Le plateau vocal est quelque chose : Elena Pankratova est vraiment brillante et a une voix de soprano étonnante. Eric Cutler est vraiment un ténor pour le coup, une voix claire qui tire vers les aiguës. C'est une oeuvre d'une ampleur phénoménale. Lucile Commeaux

C’est un Lohengrin façon Allemagne année zéro. Même si Olivier Py joue sa grammaire habituelle, toujours en noir et blanc, ici plus noir que blanc, il y a beaucoup de bonnes choses. C’est vraiment un orchestre extraordinaire à tout point de vue. C’est brillant, les cuivres sont éclatants et triomphants. Le vrai héro, plus que Lohengrin, c’est le chœur ! Matthieu Conquet

"Werther" de Jules Massenet, en DVD chez Accentus Music

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Direction musicale : Cornelius Meister

Mise en scène : Tatjana Gürbaca

Présentation officielle : "Benoît Jacquot, à Bastille, renouait avec le romantisme allemand. A Zurich, Tatjana Gürbaca inscrit Werther dans des temps beaucoup plus proches de nous. Décor unique de bois, assez aseptisé, vaguement maison de poupée, symbole d’un monde refermé sur lui-même et condamnant la femme aux tâches ménagères, parfois étrange – Johann et Schmidt, rien moins que joyeux drilles, ne sont guère rassurants. Werther le fait voler en éclats, porteur de rêves, de fantasmes, messager de l’éternelle enfance, très présente dans la production.
Deux univers marqués par les très suggestifs éclairages de Klaus Grünberg. La violence des désirs et des frustrations, du coup, fait irruption, un peu comme chez Bergman – la direction d’acteurs travaille Charlotte et Werther au corps.
Au deuxième acte, il descelle les lattes du plancher qui devient un cercueil. Au troisième, Charlotte tuerait presque Albert, qui prend des airs de Golaud. Mais la tendresse a aussi sa place, avec cette danse fantomatique au clair de lune du premier acte, à laquelle répond celle d’un vieux couple attendri dans la scène finale, utopique double de celui, avorté, de Charlotte et Werther, dont la mort est presque transfiguration, avec l’ouverture sur un ciel étoilé.
C’est assez fort, plastiquement assez beau : une des plus stimulantes lectures de Werther depuis celle de Willy Decker."

Je trouve Juan Diego Flórez vraiment extraordinaire en Werther. C’est un magnifique travail de mise en scène fait ici par Tatjana Gürbaca. Le personnage de Sophie joué par Mélissa Petit gagne ici beaucoup de subtilité. C’est prodigieux d’intelligence.  Matthieu Conquet

C’est le premier spectacle de Tatjana Gürbaca qui m’a vraiment convaincu, il y a toujours une part de mystère, d’onirisme et de poésie. La clef du spectacle se trouve vraiment dans ce qui dit Werther à un moment : « Je ne sais pas si rêve ou si je veille encore » et c’est ce que j’ai ressenti ici. Je n’ai aucunes réserves sur le plateau ni sur la direction musicale qui est extrêmement raffinée. Emmanuel Dupuy

L’œuvre est un vaste épanchement romantique et le parti pris de ne pas céder à ce romantisme trouve ses limites dans le personnage de Werther qui fait donc un peu figure d’étranger. Juan Diego Flórez a une voix incroyable mais peut-être un peu trop riche dès le départ. Lucile Commeaux

"Louis Couperin : Danses du Manuscrit Bauyn" par Pavel Kolesnikov, en CD chez Hyperion

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A propos de Pavel Kolesnikov : Pianiste russe né en Sibérie, Pavel Kolesnikov est lauréat du prestigieux Prix Honens en 2012 au Canada. Il fait ses débuts au Wigmore Hall à Londres en janvier 2014. The Telegraph décerne pour son récital un rare cinq-étoiles et le qualifie de « l’un des plus mémorables que Londres ait connu depuis longtemps ». En octobre 2014, il est nommé « Artiste Nouvelle Génération » par la BBC pour les saisons 2014 à 2016.

Tout aussi épanouie dans la musique baroque française que dans le romantisme d’un Tchaïkovski ou d’un Chopin, la musicalité soignée de Pavel Kolesnikov fait des miracles dans les œuvres de Louis Couperin.

Ce disque est une surprise ! Un jeune pianiste de moins de 30 ans qui se consacre à Louis Couperin aujourd’hui est rare. Pavel Kolesnikov est dans une démarche de traduction du clavecin au piano et le résultat fait ressortir le romantisme de Louis Couperin. Et ce qui me semblait surprenant au départ devient une évidence. Emmanuel Dupuy

Il y a vraiment un art de toucher le piano. C’est un disque cérébral mais avec un vrai plaisir sensuel à l’écoute. Le final est le grand morceau, la musique trébuche virevolte, c'est brillant. Matthieu Conquet

On sent ici une réflexion de la part de Pavel Kolesnikov, qui fait preuve de maturité à tous les égards. On peut avoir une impression de monotonie, mais prenant du temps il y a une vraie richesse de paysages musicaux qui se dessinent. C’est un disque très étonnant et exigeant. Lucile Commeaux 

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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