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en haut : "Hippocrate" (© Denis Manin / 31 Juin Films / Canal+) et en bas : "Escape at Dannemora" (© Showtime)

Séries, Escape at Dannemora, "c’est une sorte de Madame Bovary white trash"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, une Dispute séries consacrée à "Hippocrate" de Thomas Lilti, "Escape at Dannemora" de Michael Tolkin et Brett Johnson, ainsi qu'à "The Marvelous Mrs Maisel" d'Amy Sherman-Palladino. Le coup de cœur de Lucile Commeaux va à la saison 1 de "Narcos : Mexico".

en haut : "Hippocrate" (© Denis Manin / 31 Juin Films / Canal+) et en bas : "Escape at Dannemora" (© Showtime)
en haut : "Hippocrate" (© Denis Manin / 31 Juin Films / Canal+) et en bas : "Escape at Dannemora" (© Showtime)

"Hippocrate" de Thomas Lilti, sur Canal depuis le 26 novembre

D'après : le long-métrage de Thomas Lilti, "Hippocrate" (2014)

Synopsis : Un hôpital public en périphérie d’une grande ville. Suite à des mesures sanitaires, les médecins titulaires du service de médecine interne se retrouvent confinés chez eux pour 48h. Trois internes inexpérimentés et un médecin légiste, qui ne se connaissent pas encore, vont devoir faire bloc pour gérer seuls le service et les malades. Mais la quarantaine se prolonge…

L'avis des critiques :

J’ai aimé cette série, même si je n’ai pas une passion pour le cinéma de Lilti, j’ai trouvé ça assez bien construit et original. Je connais très peu ce monde des séries médicales et le fait de montrer une urgence du travail. Je trouve qu’il met bien en avant la dimension politique du sujet. Il y a une manière très concrète de montrer le réel. Arnaud Laporte

Les références à "Urgence" sont assez intéressantes. Il y a une mise en concurrence avec le service de réanimation qui correspond au "modèle Urgence". Le noeud dramatique se situe autour du diagnostic. L’observation et l’écoute des patients constituent des scènes extrêmement réussies. On est aussi face à une institution en crise avec un emboîtement de crises. La topographie de l’hôpital devient un ressort dramatique brillant. Mathilde Wagman

J’aimais plutôt bien les films de Thomas Lilti et j’ai l’impression de quelque chose qui s’épanouit avec un naturalisme très réussi. C’est assez simplement donné dès le premier épisode. La quarantaine est un artifice narratif intelligent. J’ai crains le côté panel de médecins en devenir. Il faut dire que la série sacrifie de temps en temps au spectaculaire. Lucile Commeaux

Ce n’est pas du tout une série de bons sentiments messianiques. Il reste des bribes de l’intrigue du film qui a été féminisé. Je me suis tout de suite dis que je pouvais rester dix ans devant cette série sans problème. Il parle d’archétypes voire de clichés, mais je vois toute de suite une manière complètement naturelle de se glisser dans les cas médicaux. La série touche à plein de petites choses. Olivier Joyard

"Escape at Dannemora" de Michael Tolkin et Brett Johnson, sur Canal depuis le 20 novembre

Synopsis : L'histoire (vraie) de l'évasion de deux prisonniers condamnés pour meurtres dans le Nord de l'Etat de New York pendant l'été 2015 qui avait déclenché une véritable chasse à l'homme. Ils étaient aidés par une femme mariée employée de la prison, qui aurait entretenu une liaison de plusieurs mois avec les deux hommes.

L'avis des critiques :

Cette prison est une ville qui s’étend sur un territoire immense. On est paradoxalement beaucoup en extérieur. Tillie est probablement le personnage le plus intéressant, on la voit dans son quotidien. C’est une sorte de Madame Bovary white trash. C’est un rôle à Oscars, extrêmement convaincant. Si je continue à regarder la série c’est parce qu’elle est là. Lucile Commeaux

On a des choses décrites de manière extrêmement lourde. Pour moi la série regarde ce personnage de Tillie avec mépris et condescendance. Elle est un monstre peu complexe, alors que les relations pouvaient être intéressantes puisqu’on a un personnage en or. On passe totalement à côté du plaisir qu’on pourrait prendre parce qu’il y a des effets assez rapides. Mathilde Wagman

Il y a quelque chose de violent dans ces scènes de sexe. Je suis assez client des récits d’évasion. C’est une mini série et j’aurais aimé qu’elle soit encore un peu plus courte. Ben Stiller se regarde filmer avec un style un peu balourd. Il y a toutefois quelques moments que je trouve vraiment beaux. Ce n’est finalement pas le moment de la libération qui est le plus jouissif. Olivier Joyard

"The Marvelous Mrs Maisel", d'Amy Sherman-Palladino, depuis le 5 décembre sur Amazon

Synopsis : Dans le New York de 1958, Miriam “Midge” Maisel a tout ce dont elle peut rêver : un mari parfait, 2 enfants et un appartement élégant dans l'Upper West Side. Mais sa petite vie parfaite prend un virage inattendu lorsqu'elle se découvre un talent pour le stand-up. 

L'avis des critiques :

Mrs Maisel continue à m’intéresser dans la saison 2, comme une comédie de remariage. C’est une forme cinématographique intéressante à réadapter en série. C’est un univers totalement clos, le monde extérieur existe assez peu en dehors de cette confiserie qu’est Mrs Maisel. Je trouve que c’est très brillant, surtout du point de vue de la réalisation. Il y a une artificialité qui s’assume. Lucile Commeaux

J’avais adoré la première saison et été séduite par cet objet assez étonnant qui mêle des esthétiques différentes. Dans cette deuxième saison, je n’ai pas retrouvé le même enthousiasme. Alors que la première saison est synonyme d’émancipation, la seconde ne possède pas de fil narratif, on perd rapidement le personnage de Midge et tout l’enjeu de la série. Mathilde Wagman

Il y a effectivement un manque d’enjeu, mais c’était pour moi déjà le problème de la première saison. J’aime assez la façon de structurer avec une vitesse, je comprends toutefois que ça puisse laisser totalement indifférent. J’aimerais que cela aille plus loin dans le langage, dans ce que Mrs Maisel fait en stand-up. Olivier Joyard

J’aime infiniment Mrs Maisel. Je vois cette série comme un prequel de "Seinfeld". Si le principe de "Seinfeld" est de faire une série sur rien, ici cela va à toute vitesse avec une quantité assez stupéfiante d’actions et de phénomènes. J’adhère absolument. Le personnage de Lenny Bruce est absolument touchant, très tendre bien que corrosif. Arnaud Laporte

>> LE COUP DE CŒUR DE LUCILE COMMEAUX : "Narcos : Mexico", Saison 1 de Chris Brancato, Carlo Bernard et Doug Miro, sur Netflix

Synopsis : Cette nouvelle saga Narcos raconte l'histoire vraie de l'ascension du cartel de Guadalajara et le début de la guerre contre la drogue au Mexique dans les années 1980.

Le titre dit beaucoup de sa simplicité, c’est une série efficace, explicative. Les premières saisons étaient très liées à la Colombie et à Escobar. La série était à la hauteur du mythe et avait réussi à rebondir. Il s’agit ici presque d’une nouvelle œuvre. On conserve la même esthétique, la voix-off qui explique, parfois en simplifiant, les rapports entre les forces présentes. À Mexico, la série paraît plus romantique et moins baroque qu’en Colombie. Lucile Commeaux

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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