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Crédits : Gert Jan Van Rooij

Spéciale Biennale d'art contemporain de Lyon : "Cette biennale souffre d'un refoulement du réel"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute est consacrée à la 14e Biennale d'art contemporain de Lyon : "Mondes flottants".

Crédits : Gert Jan Van Rooij
Crédits : Gert Jan Van Rooij

Pour en débattre : Corinne Rondeau, Florian Gaité et Harry Bellet.

Présentation d'Emma Lavigne, commissaire invitée :

Depuis sa création en 1991, Thierry Raspail, directeur artistique de la Biennale de Lyon, propose à chaque commissaire invité de réfléchir à un mot donné pour trois éditions. La Biennale de Lyon 2017 est le second chapitre d’une trilogie autour du mot « moderne », et c’est avec ce mot que Thierry Raspail a invité Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz, à imaginer cette 14e édition, à la Sucrière et au macLYON du 20 septembre 2017 au 7 janvier 2018.

C’est dans le contexte d’une mondialisation galopante générant une constante mobilité et l’accélération des flux, cette “ liquidité ” du monde et des identités analysée par le sociologue Zygmunt Bauman, que la Biennale explore l’héritage et la portée du concept de “ moderne ” dans la création actuelle, selon la définition qu’en fit le poète Baudelaire, qui envisage le moderne comme “ le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art dont l’autre moitié est l’éternel et l’immobile ”. La Biennale se déploie comme un paysage mobile et atmosphérique en expansion, qui se recompose sans cesse, à l’image de certains chefs-d’oeuvre de la modernité provenant, dans le cadre des quarante ans de l’institution, du Centre Pompidou - Musée national d’art moderne, tels que la partition aléatoire de formes suspendues dans l’espace de Calder, ou les peintures de Fontana ouvrant sur des cosmogonies infinies. Le “ White Cube ” se fissure, se mue en organisme, en une constellation, où de Jean Arp à Ernesto Neto, de Lygia Pape à Daniel Steegman Mangrané, l’art et l’espace se biomorphent, s’ouvrent sur des projets qui remettent en cause l’abstraction de la modernité européenne afin d’en réévaluer la portée, à l’échelle du monde. A l’image de la voile blanche “ White Wide Flow ” de Hans Haacke ou les cerfs-volants de “ Let’s Make Cows Fly ” de Shimabuku, les “ Mondes flottants ” de la Biennale de Lyon sont traversés par le vent des soulèvements libertaires, des fulgurances poétiques et déflagrations esthétiques contemporaines.

Des promenades permettent de relier les oeuvres du macLYON à celles de la Sucrière et du dôme de Buckminster Fuller, place Antonin Poncet : Archipel de la sensation, Expanded Poetry, Ocean of Sound, Corps électrique, Cosmos intérieur et Circulation / Infini

Corinne Rondeau :

Le moderne se caractérise par un mouvement immobile dans l'installation de Susanna Fritscher.

Crédits : Igor Keltchewsky, Abraham Murder - Random Perspectives ; Video Clip. 2017
Crédits : Igor Keltchewsky, Abraham Murder - Random Perspectives ; Video Clip. 2017

Programmation musicale

  • "Time is Motion", Lyonel Bauchet
  • "Violin walk", Laurie Anderson
  • "After the rain", Jérôme Plasserau

Vos commentaires

Avant l'émission, et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur @ladisputeFC et la page Facebook de la Dispute.

Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1

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