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Spectacle vivant: Fin de partie et L'intégrale Büchner

57 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, c’est le spectacle vivant en présence des critiques suivants :

  • Joëlle Gayot (France Culture)

  • Vincent Huguet (Marianne)

  • Dider Méreuze (La Croix)

Sur les spectacles suivants :

Mis en scène par Alain Françon au Théâtre de l'Odéon du 10 janvier au 10 février 2013

Fin de partie
Fin de partie

Arnaud Laporte: Le théâtre de Beckett m'est de plus en plus distant. C'est tellement digéré que les situations et les dialogues paraissent dépassés. Néanmoins, on ne peut pas faire mieux sur le théâtre de Beckett qu'Alain Françon.

Joëlle Gayot: Le comédien Serge Merlin a le champ libre, un peu trop d'ailleurs, et Gilles Privat n'apporte pas, face à lui, le même contrepouvoir qu'amenait Jean Quentin Chatelain qui avait joué le rôle au théâtre de la Madeleine. Ce spectacle pose une question : Est-ce qu'il faut continuer à obéïr aux didascalies beckettiennes ? Il est temps de commencer à être insoumis face à Beckett et sans doute, aussi, à intégrer dans les mises en scène, le monde contemporain. Pour recréer le choc, il faut désobéir.

Vincent Huguet: Il me semble que le théâtre de Beckett traverse une période délicate, un entre-deux et il semble parfois vieillir, dans certaines productions trop figées ou fidèles. Mais c'est une impression que l'on ne ressent pas une seule seconde devant le travail d'Alain Franon qui au centre du huis-clos place une bombe, Serge Merlin, qui éructe et vocifère et semble être un vieux roi shakespearien dans la Cour d'honneur du Palais des papes. Son outrance et son côté décalé fonctionnent d'autant mieux que l'on sent la main du metteur en scène qui fait trembler les murs de l'enfermement beckettien tout en le contrôlant parfaitement, notamment grâce aux autres comdiens, parfaits.

Didier Méreuze:

Alain Françon ne révolutionne pas mais fait sortir le texte avec une force, une violence et une désespérance telle que le spectacle est prodigieux.

Intégrale Georg Büchner:

  • Woyzeck

- La Mort de Danton

  • Léonce et Léna

Mis en scène par Ludovic Lagarde au Théâtre de la Ville du 16 au 25 janvier.

Arnaud Laporte: Cette trilogie Büchner, pari assez osé, a permis à Ludovic Lagarde de faire un grand pas en avant dans sa pratique de metteur en scène. Il a acquis ici une nouvelle dimension avec cette belle entreprise.

Joëlle Gayot: J'ai été dans l'attente que quelque chose se passe, arrive. Ce n'est qu'au bout de trois heures, pour la pièce "Léonce et Léna" que ce qui se passait au plateau m'est parvenu. Il y a une nonchalance et une distance qu'il va bien à ce texte aux tonalités assez wedekiennes.

Vincent Huguet: C'est une soirée qui pour moi est allée crescendo, avec un Woyzeck peu convaincant. La précipitation et de grandes diffrences de niveau entre les acteurs aplatissent le drame au lieu de le faire monter, puis La Mort de Danton joliment abordée du côté de l'intime et enfin un Lonce et Lena vraiment réussi.

Didier Méreuze:

C’est en partie réussi mais ça ne va pas jusqu’au bout. Le choix d’intervention des pièces fonctionne. Cependant, La Mort de Danton ne bénéficie pas de la même grâce que Woyceck.

Je reste perplexe quant à certains choix de coupes dans le texte et face au problème sonore.

Les coups de cœurs :

Didier Méreuze:

Tristesse animal noir
Tristesse animal noir

Le spectacle de Stanislas Nordey est tiré d’une pièce d’Anja Hilling, allemande assez méconnue en France. Il y a une émulsion entre les acteurs et une scénographie incroyable. C’est étonnant !

Joëlle Gayot:

  • Histoire diaboliques , Nicolas Gogol, mis en scène par Anton Kouznetsov au MC 93 Bobigny, du 14 janvier au 3 février.
La Brouille des deux Ivans
La Brouille des deux Ivans

Ce n'est ni un coup de coeur, ni un coup de griffe mais plutôt un cas de conscience. Nous sommes plongés dans le monde russe avec trois nouvelles entremêlées par le metteur en scène. Le spectacle n'est vraiment pas ma tasse de thé mais je conçois qu'il puisse plaire à d'autres.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d’Antoine Guillot: "Casse-noisettologie".

Et le coup de fil de Seham Boutata passé à la plasticienne, Claire Bardainne, pour l'exposition XYZT , du 22 au 26 janvier et pour le spectacle Un Point c'est tout le mardi 22 janvier à la scène Nationale de Valence, pour le Festival (é)mergences du 21 au 26 janvier.

Pastille introductive : Robert HIRSCH.

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