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Spectacle vivant : The Four Seasons Restaurant & Par le Boudu

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir La Dispute s’intéresse au spectacle vivant en présence des critiques suivants :

  • Joëlle Gayot (France Culture)

  • Vincent Huguet (Marianne)

  • Didier Méreuze (La Croix)

Seront abordés les spectacles suivants :

C’est le TNT de Toulouse qui l’a invité le premier, en 1997, puis le Festival d’Avignon, à partir de 1998, et avec une fidélité qui fait que Roméo Castellucci a peut-être été le créateur le plus souvent invité à Avignon ces 15 dernières années.Pas d’exception pour le spectacle dont nous allons parler ce soir, « The four seasons restaurant », créé au mois de juillet dernier dans la Cité des Papes, et qui, après la Comédie de Valence, est en ce moment à l’affiche du Théâtre de la Ville, à Paris, jusqu’au 27 avril.L’année dernière, les représentations de « Sur le concept du visage du fils de Dieu », présentée également au Théâtre de la Ville, avait suscité des actions violentes et souvent haineuses de la part de quelques catholiques intégristes, qui, n’ayant pour la plupart pas vu le spectacle, estimaient que le metteur en scène italien insultait la religion chrétienne, faisant là un total contresens sur ce spectacle d’une humanité et d’une richesse très grande.Avec « The four seasons restaurant », Roméo Castellucci ne renonce à rien de sa recherche esthétique, intellectuelle et existentielle, poussant au contraire encore un peu plus loin celle-ci, pour livrer au spectateur une réelle expérience, que l’on pourrait décomposer en six temps.Une entrée en matière sonore et textuelle, concernant un trou noir.Puis dix jeunes femmes, habillées en paysanne, qui vont entrer l’une après l’autre sur scène, se coupant la langue avec une paire de ciseaux.Sur ces dix jeunes femmes, quatre d’entre elles vont ensuite nous donner à entendre, en le jouant de façon très stylisée, des extraits de "La Mort d’Empédocle", de Hölderlin.Les dix jeunes femmes vont ensuite véritablement renaître, après une forme d’accouchement, se mettre à nu, et sortir du plateau.Des flashs lumineux vont ensuite mettre en évidence des volutes de fumée, puis le grand rideau bleu nuit qui s’était ouvert au début du spectacle se referme, et va ensuite comme glisser vers le fond du plateau, puis revenir, dans un fracas de lumière et de sons, faisant apparaitre puis disparaitre un cheval mort, couché sur le plateau.Enfin, un final comme seul Roméo Castellucci est capable de les concevoir et de les réaliser nous donnera à voir une image dont on peine tout d’abord à saisir la fabrication, la réalité même. On a le sentiment d’être complètement désorientés. On doute de notre vue, de la bonne marche de nos sens...

Arnaud Laporte

« Par le Boudu », c’est le titre de ce spectacle signé Bonaventure Gacon, diplômé du Centre National des Arts du Cirque de Chalon en Champagne, qui a travaillé notamment avec le Cirque Plume, et qui a créé ce monologue clownesque dont nous allons parler en 2001, un an avant de créer avec Titoune et Laurent Cabrol le Cirque Trottola, avec lequel il crée deux spectacles joués chacun plus de 300 fois.Signalons enfin que Bonaventure Gacon a reçu en 2011 le prix SACD pour les Arts du Cirque. Arnaud Laporte

Ainsi que les coups de cœurs :

de Joëlle Gayot et de Didier Méreuze : La ronde de nuit, par le théâtre Aftaab, mise en scène d'Hélène Cinque au Théâtre du Soleil du 27 mars au 28 avril.

LeThéâtre Aftaab est une troupe qui s’est formée à Kaboul après un stage donné là bas par Ariane Mnouchkine en 2005. Ce sont de jeunes comédiens qui ont fait un spectacle formidable, sous la direction d'Hélène Cinque, une actrice du théâtre du Soleil. L'histoire est la suivante : Un gardien, un exilé, trouve un emploi dans un théâtre, où il doit faire des rondes de nuit. Il ne doit en principe ouvrir à personne… Bien sûr, rien ne se passe comme prévu : une foule d’exilés afghans débarque au théâtre alors qu'au dehors, il fait - 40 degrés ! Tous vont passer la nuit à rêver ou cauchemarder. Il y a dans cette représentation de la naïveté mais mais ce n'est pas grave car le spectacle est magique. On touche du doigt la souffrance des immigrés afghans. C’est généreux, c’est du théâtre partagé, adressé et qui fait du bien. Un conseil : Il faut aller au Soleil au moins 1h avant le début de la représentation pour profiter aussi du contexte, de l’accueil sur place qui est extrêmement chaleureux. Et pour ceux qui ont raté la représentation, une bonne nouvelle : elle sera reprise à la Cartoucherie en début de saison prochaine.

Joëlle Gayot

d'Arnaud Laporte : Blanche-Neige , opéra de Marius Felix Lange, d'après le conte des Frères Grimm. Direction musicale assurée par Vincent Monteil et mise en scène de Waut Koeken au Théâtre de l'Athénée Louis Jouvet du 20 au 26 avril.

C’est une très jolie production. Enfin un spectacle tous publics. C’est une production de l’Opéra National du Rhin qui avait été créée en allemand à l’opéra de Cologne en 2011, créée en français au mois de décembre dernier. Marius Felix Lange, qui a 45 ans, signe là son deuxième opéra, il signe également le livret et prend des libertés avec le conte original tout en restant assez fidèle. Il a choisi d’accentuer le raisonnement sur la beauté et sur l’apparence, si importantes dans nos sociétés : la reine fait un recours à la chirurgie esthétique et au Botox. La musique est d’une contemporanéité assez discrète, c’est une approche tonale qui est privilégiée ici. Signalons la soprano canadienne Sahara Sloan dans le rôle-titre, on l’avait repérée dans « Der ferne Klang » à l’Opéra du Rhin, dans lequel jouait aussi Marie Cubaynes qui tient ici le rôle de la reine. Et puis également Anaïs Mahikian qui joue ici un double rôle, dont celui du nain Chouquette, puisque Marius Felix Lange s’est amusé à rebaptiser les sept nains. Mention spéciale au metteur en scène belge Waut Koeken, qui fait preuve d’une très belle inventivité dans une très grande économie de moyens, aidé par son complice Glen D'haenens.

Arnaud Laporte

Sans oublier l’irremplaçable revue de presse culturelle d’Antoine Guillot

Et le coup de fil passé à Peter Valentovic , chef d'orchestre qui dirige le "Requiem" de Verdi au CMAC (Centre Martiniquais d'Action Culturelle) avec les choeurs de Martinique et de Toulouse les 25 et 26 avril à la Scène Nationale de Martinique.

Pastille introductive: Robert LEPAGE

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