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de haut en bas : "La fin de l'homme rouge" (© Gilles Abegg / Opéra de Dijon), "Trans (més enllà)" (© Emilia Stéfani-Law) et "HEPTAMERON" (© Simon Gosselin)

Spectacle vivant : La Fin de l’homme rouge, "des histoires extraordinaires à partir d’un vécu ordinaire"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, une Dispute spectacle vivant avec "La Fin de l'homme rouge" aux Gémeaux, "Heptaméron" de Benjamin Lazar au Théâtre des Bouffes du Nord et "TRANS (Més Enllà)" de Didier Ruiz. Jean-Christophe Brianchon consacre un coup de cœur au "Festival Antigel" à Genève.

de haut en bas : "La fin de l'homme rouge" (© Gilles Abegg / Opéra de Dijon), "Trans (més enllà)" (© Emilia Stéfani-Law) et "HEPTAMERON" (© Simon Gosselin)
de haut en bas : "La fin de l'homme rouge" (© Gilles Abegg / Opéra de Dijon), "Trans (més enllà)" (© Emilia Stéfani-Law) et "HEPTAMERON" (© Simon Gosselin)

"La Fin de l'homme rouge", jusqu'au 17 février au Théâtre des Gémeaux, puis en tournée jusqu'au 2 octobre

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D’après : le roman de Svetlana Alexievitch (Prix Nobel de Littérature 2015) Traduction : Sophie Benech Mise en scène et adaptation : Emmanuel Meirieu

Présentation officielle : Pendant quarante ans, Svetlana Alexievitch a parcouru ce pays qu’on appelait l’URSS et enregistré des centaines de témoignages pour écrire ce qu’elle appelle des « romans de voix », œuvres polyphoniques, chorales, symphoniques, faites de ces confessions, tout ce dont la grande histoire ne tient jamais compte, l’histoire laissée de côté.

« Ce qui m’intéresse, écrit-elle, c’est le petit homme, le grand petit homme car la souffrance le grandit. Dans mes livres, il raconte lui-même sa petite histoire, et en même temps, il raconte la grande histoire. »

D’une personne à l’autre, de voix en voix, elle a écrit cinq livres qui n’en font qu’un seul, un livre sur l’histoire d’une utopie, le socialisme. Son dernier roman La fin de l’homme rouge fait résonner les voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix suppliciées des Goulags, voix des survivants et des bourreaux, voix magnifiques de ceux qui ont cru qu’un jour « ceux qui ne sont rien deviendraient tout », et sont aujourd’hui orphelins d’utopie. « J’ai cherché ceux qui ont totalement adhéré à l’idéal. Ils n’ont pas été capables de lui dire adieu. Se perdre dans une existence privée, vivre, tout simplement, sans utopie sublime. Renoncer à une histoire grandiose pour vivre une vie banale. J’ai été choquée et horrifiée par l’être humain, j’avais envie d’oublier ce que j’avais entendu. Et plus d’une fois aussi, j’ai eu envie de pleurer de joie devant la beauté de l’être humain. Ce qui m’attirait, c’était ce petit espace, l’être humain. Juste l’être humain. En réalité, c’est là que tout se passe. (…) Je suis entourée de ces voix, ces centaines de voix, elles sont toujours avec moi. J’aime les voix humaines solitaires, c’est ce que j’aime le plus, c’est ma passion ». (...)

Avec : Stéphane Balmino, Evelyne Didi, Xavier Gallais, Anouk Grinberg, Jérôme Kircher, André Wilms, Maud Wyler, et la voix de Carlo Brandt

Prochaines dates :

  • 19 février : L’Onde, Théâtre Centre d’art (Vélizy)
  • 26 février : L'Olivier, scène conventionnée (Istres)
  • 8 mars : Le Rayon vert, scène conventionnée (Saint Valéry en Caux)
  • 15 mars : L'Arc, scène nationale (Le Creusot)
  • 19 mars : Espace Diamant (Ajaccio)
  • 12 septembre > 2 octobre : Théâtre des Bouffes du Nord (Paris)

L'avis des critiques :

Je suis sortie bouleversée de ce spectacle. Cela raconte la fin d’une utopie, une trahison, un univers dévoyé. Il y a de la fragilité dans ces voix-là. Je trouve le décor très beau, comme une immense toile d’araignée invisible que chaque personnage vient percer. Leurs voix racontent des histoires extraordinaires à partir d’un vécu ordinaire. Marie-José Sirach

On voit une scène recouverte de décombres dans une scénographie relativement naturaliste. Plusieurs personnages racontent leur façon d’avoir vécu l’URSS. Au-delà de la sécheresse du témoignage, on est amené à considérer cette histoire comme une histoire d’amour déchu. On voit bien plus que l’histoire édifiante d’un peuple, cela rend théâtral un texte qui ne l’était pas. Jean-Christophe Brianchon

La stylisation spectaculaire m’a dérangé dans la pièce. Les monologues sont généralement assez longs et un peu souffreteux. Cela fait de temps en temps un peu reconstitution historique télévisuelle. Il y a aussi des effets un peu cocasses avec l’arrivée du mode de vie capitaliste. J’ai trouvé la pièce très forte, mais presque un peu dérangeante. Thomas Corlin

Je ne crois pas que le théâtre apporte grand-chose de plus au livre. C’est quand même forcément moins que le livre, puisqu’il s’agit d’un infime prélèvement dans un livre énorme. C’est un travail d’écriture absolument admirable et les interprètes sont très bien, même si je ne suis pas fou de l’image en noir et blanc des comédiens projetée derrière eux. Arnaud Laporte

"Heptaméron", jusqu'au 23 février au Théâtre des Bouffes du Nord

"HEPTAMERON" (© Simon Gosselin)
"HEPTAMERON" (© Simon Gosselin)

D'après : L'Heptaméron de Marguerite de Navarre Mise en scène : Benjamin Lazar Direction et création musicale : Geoffroy Jourdain

Présentation officielle : Après Traviata / Vous méritez un avenir meilleur, Benjamin Lazar revient au Théâtre des Bouffes du Nord pour une nouvelle création aux frontières du théâtre et de la musique. Il s'inspire ici d'un chef-d'œuvre de la Renaissance, L'Heptaméron, laissé inachevé en sa septième journée par Marguerite de Navarre, sœur de François Premier et grande femme de lettres. Confiné par des pluies diluviennes, un groupe d'hommes et de femmes décide de se raconter chaque jour des histoires d'amour, terrifiantes ou émouvantes, mais toutes véritables. Dans cette adaptation contemporaine, faite en complicité avec le chef Geoffroy Jourdain, les récits anciens s'enchevêtrent aux récits actuels, tissant des ponts inattendus entre les êtres, les langues, les pays et les siècles. L’invitation au voyage s’accomplit dans une temporalité mouvante, au son de ces poèmes chantés que sont les madrigaux baroques de Claudio Monteverdi, Luca Marenzio, et Michelangelo Rossi notamment, qui révèlent toute leur force théâtrale. Les huit chanteurs des Cris de Paris et les trois comédiens du Théâtre de l'Incrédule se font peintres, usant de toutes les nuances de la voix parlée et de la voix chantée, pour faire plonger les spectateurs dans la chambre obscure et profonde de leur imagination.

Avec : Fanny Blondeau, Geoffrey Carey, Malo de La Tullaye
et avec Les Cris de Paris : Virgile Ancely, Anne-Lou Bissières, Stéphen Collardelle, Marie Picaut, William Shelton, Luanda Siqueira, Michiko Takahashi et Ryan Veillet

L'avis des critiques :

On a un cabinet de curiosités qui fait référence à tous les mystères de La Renaissance et donne beaucoup de relief à la pièce. On a l'impression que les histoires sont pliées et dépliées dans une grande machine à texte. On se laisse aller à la beauté de ce spectacle. C'est vraiment le geste de metteur en scène qui fait sens. Thomas Corlin

Les éléments qui constituent le texte ne m'ont pas transporté. Cette pièce n'a donc plus été qu'un geste de théâtre. Or, cette scénographie me paraît extrêmement réussie. Il y a une sorte de mélancolie qui me parle et que la dramaturgie vient renforcer. On entre dans une sensibilité et dans le conte, plus que dans une histoire vécue. Jean-Christophe Brianchon

Cet amour courtois ne s'avère pas si courtois que cela. De mon point de vue, il y a deux histoires en trop à la fin. Une narratrice introduit l'histoire avant que les chanteurs ne prennent le relais. C'est exactement la même mécanique tout au long du spectacle et elle devient lassante. J'ai trouvé la scénographie laborieuse. Marie-José Sirach

"Trans (Més Enllà)". De : Didier Ruiz

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Présentation officielle : Clara, Sandra, Leyre, Raúl, Ian, Dany et Neus arrivent au plateau et se présentent comme ils sont : des hommes et des femmes, longtemps assignés à un genre, dans un corps vécu comme une prison. Et quand ils s'en échappent enfin, le monde refuse de reconnaître leur véritable apparition. La violence, la rue, les institutions, le harcèlement au travail, la stupeur familiale, ils ont connu... De Barcelone, d'où ils viennent et où Didier Ruiz les a rencontrés, ils se mettent à témoigner. Au gré des épreuves traversées, on ne saurait trop dire si l'important est le chemin ou l'aboutissement. « Leur rencontre m'a obligé à lever le regard », se souvient Didier Ruiz, qui pourtant a l'habitude de révéler des paroles encore rares dans les théâtres. Pour le metteur en scène, TRANS (més enllà) est création et dénonciation, un acte pour changer « une société intolérante qui a oublié de parler d'amour ». Ce second volet d'un diptyque consacré aux invisibles propose autour de la question du genre un début d'entendement à la complexité humaine.

Avec : Neus Asencio Vicente, Clara Palau i Canals, Daniel Ranieri del Hoyo, Raúl Roca Baujardon, Ian de la Rosa, Sandra Soro Mateos, Leyre Tarrason Corominas 

Prochaines dates :

  • 12 février : Théâtre de Chevilly-Larue
  • 14 février : Fontenay en Scènes (Fontenay-sous-Bois)
  • 6 > 10 mars : Teatre Lliure (Barcelone)
  • 28 mars : Théâtre Paul Eduard (Choisy-le-roi)
  • 14 mai : La Filature scène nationale de Mulhouse
  • 16 mai : Théâtre de l’Agora scène nationale Evry Essonne

L'avis des critiques :

Le personnage de « Clara » est très beau, avec un sourire incroyable. Tous racontent le regard des autres sur eux. Ce sont des gens qui sont allés jusqu'au bout de leur liberté. Didier Ruiz installe une proximité avec ces hommes et ces femmes qui casse toutes les barrières. Il est politique sans l'être. Il n'y a pas de banderoles. Marie-José Sirach

On ne peut que parler de la beauté du geste et de la force de ces gens. La pièce se veut ancrée dans une oralité totale. C'est tout à fait intéressant, mais on est dans une scénographie qui part du principe que la théâtralité est intrinsèque à n'importe quelle forme de vie ou d'expression. Le plateau était-il nécessaire pour nous dire cela ? Jean-Christophe Brianchon

Le théâtre devrait être le lieu pour aborder ces questions. Or, il n'en reste pas grand-chose. Avec des témoignages très intimes, on reste dans le domaine de l'émotionnel. Ce qui m'a un peu déçu, c'est qu'en mettant bout à bout seulement des témoignages de ce type, Didier Ruiz ne produit pas de dialectique, mais plutôt quelque chose d'un peu consensuel. Thomas Corlin

>> LE COUP DE CŒUR DE JEAN-CHRISTOPHE BRIANCHON : "Festival Antigel" jusqu'au 23 février à Genève

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Présentation officielle : La 9e édition déjà ! Une édition plus forte pour un festival encore plus présent dans les esprits. Résolument urbaine et territoriale, l’aventure Antigel continue et collectionne sur son chemin des moments magiques, des concerts électriques, des spectacles mémorables. Cette année, un mot d’ordre, une injonction : SHAKE GENÈVE ! Au travers d’une programmation généreuse, éclectique et sans compromis, le festival invite aux vibrations collectives et aux sensations fortes.

La particularité première de ce festival, c’est de proposer à des artistes venus d’univers différents de créer, dans un lieu qui n’est originellement pas un lieu de théâtre. Le festival peut avoir lieu dans une grange, un entrepôt. Au-delà de ça, le festival propose de venir voir un nombre assez ahurissant de propositions avec un grand tropisme pour la musique. Jean-Christophe Brianchon

Vos commentaires : 

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants

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