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en haut à gauche :  "La nuit des rois ou tout ce que vous voulez" (© Jean-Louis Fernandez), en haut à droite : "George Dandin ou le mari confondu" (© Pascal Victor) et Les Démons" (© DR Compagnie) / en bas : "Les Enivrés" (© Léna Roche)

Spectacle vivant : "Ostermeier ose rhabiller La Comédie-Française, pour mieux déshabiller ses acteurs"

54 min
À retrouver dans l'émission

Au programme de cette Dispute spectacle-vivant : "La nuit des rois ou tout ce que vous voulez" dans une mise en scène de Thomas Ostermeier, "Les Démons", avec la mise en scène de Sylvain Creuzevault. Il sera également question de "George Dandin ou le mari confondu" de Jean-Pierre Vincent.

en haut à gauche :  "La nuit des rois ou tout ce que vous voulez" (© Jean-Louis Fernandez), en haut à droite : "George Dandin ou le mari confondu" (© Pascal Victor) et Les Démons" (© DR Compagnie) / en bas : "Les Enivrés" (© Léna Roche)
en haut à gauche : "La nuit des rois ou tout ce que vous voulez" (© Jean-Louis Fernandez), en haut à droite : "George Dandin ou le mari confondu" (© Pascal Victor) et Les Démons" (© DR Compagnie) / en bas : "Les Enivrés" (© Léna Roche)

"La nuit des rois ou tout ce que vous voulez", jusqu'au 28 février à la Comédie Française (Richelieu)

"La nuit des rois ou tout ce que vous voulez" (© Jean-Louis Fernandez)
"La nuit des rois ou tout ce que vous voulez" (© Jean-Louis Fernandez)

De : William Shakespeare Mise en scène : Thomas Ostermeier

Présentation officielle : Thomas Ostermeier met en valeur la profondeur des questions existentielles que Shakespeare soulève à partir de cette intrigue amoureuse placée sous le signe du travestissement.

Pour sa première création à la Comédie-Française, Thomas Ostermeier retrouve un auteur qu’il fréquente régulièrement. Réputé pour ses mises en scène alliant fidélité à la situation dramatique et liberté d’interprétation, le directeur de la Schaubühne de Berlin se concentre de plus en plus sur ce qu’il nomme l’acteur-créateur. Il fait ici entrer les comédiens en Illyrie, royaume de l’illusion et de l’artifice, auquel il donne la forme d’un paysage d’émotions à l’envers dangereux, où la folie rôde. Cette comédie des apparences conte l’histoire de Viola, rescapée d’un naufrage – comme son jumeau Sébastien dont elle n’ a pas de nouvelles – qui se travestit, prend le nom de Césario et offre ses services au duc Orsino. Charmé, ce dernier en fait son page et le charge de transmettre son amour à la Comtesse Olivia. Mais Césario/Viola, secrètement séduit(e) par le Duc, excelle si bien dans sa mission que la Comtesse s’éprend de son ardeur. Parallèlement, un quatuor, aux manœuvres éminemment comiques, révèle la face violente de la mascarade amoureuse tandis qu’un bouffon brille avec insolence dans la subversion du langage.

C’est dans une nouvelle traduction d’Olivier Cadiot et avec une composition originale à partir de musiques de la Renaissance jouée sur scène, que Thomas Ostermeier présente cette pièce entrée au Répertoire en 1940 et qui n’a pas été donnée depuis 2003. Au-delà du plaisir de la fête, il met en valeur la profondeur des questions existentielles que Shakespeare soulève à partir de cette intrigue amoureuse placée sous le signe du travestissement. De ce désordre du cœur, il retient combien vertigineux peut être l’éveil du désir, troublante la question du genre, complexe la détermination sociale qui touche l’intime.

Avec : Denis Podalydès, Laurent Stocker, Stéphane Varupenne, Adeline d'Hermy, Georgia Scalett, Sébastien Pouderoux, Noam Morgensztern, Anna Cervinka, Christophe Montenez, Julien Frison, Yoann Gasiorowski

L'avis des critiques :

Ce spectacle m’a mis en joie. On attendait beaucoup de cette rencontre entre Ostermeier et les comédiens français. Elle a eu lieu des deux côtés. Ce qui me frappe c’est de voir qu’une communauté s’est créée autour de La Comédie-Française et qu’elle est d’accord pour bousculer les classiques. Cette confusion des genres est amenée aujourd’hui à la question du genre. Il y avait quelques petites choses plaquées, mais globalement cela m’a plu. Chevilley

Le plaisir des interprètes est communicatif. Il faut quand même revenir sur Denis Podalydès. On a tellement de chance de voir un acteur pareil assez régulièrement sur les planches des théâtres français. Je ne cesse d’être étourdi par la qualité, la présence de sa performance. Il y a aussi une chose d’une lourdeur, d’une dureté de la vie qui est assez présente. On a quelque chose d’une indécision qui reste. Arnaud Laporte

Ostermeier ose rhabiller La Comédie-Française, pour mieux déshabiller ses acteurs. Le public de La Comédie-Française ne s’offusque plus et les acteurs se prêtent au jeu jusqu’à ce qu’on oublie leur nudité. Les personnages fonctionnent par paires avec des moments d’anthologie. L’actualité s’incruste dans Shakespeare et cela coule de source. Ostermeier est un des plus grands metteurs en scène européens avec un savoir-faire étonnant. Marie-José Sirach

L’une des qualités de la pièce c’est l’extraordinaire traduction d’Olivier Cadiot, qui a ranimé le texte, l’a éclairé sans le simplifier. J’ai eu l’impression de le redécouvrir totalement, avec des choses « refoulées » qui apparaissent limpides. La pièce est une sorte de parenthèse de dérèglement des sens autorisé. Les quiproquos amoureux naissent de la lumière aliénante. Lily Bloom

"Les Démons", jusqu'au 21 octobre à l'Odéon -Théâtre de l’Europe (Ateliers Berthier, 17ème)

"Les Démons" (© DR Compagnie)
"Les Démons" (© DR Compagnie)

Librement inspiré du roman de Fédor Dostoïevski Mise en scène : Sylvain Creuzevault

Présentation officielle : Dostoïevski avait d’abord conçu Les Démons comme une œuvre de dénonciation et de combat, mais son génie visionnaire l’emporte. Le roman devait faire l’autopsie d’un certain nihilisme révolutionnaire débouchant sur le terrorisme. Au bout de trois ans d’écriture, toutes les figures de cette intrigue foisonnante, qu’elles soient conservatrices ou progressistes, ont conquis leur part d’ombre et leur épaisseur propre. Ce qui aurait pu n’être qu’une satire politique devint ainsi un chef-d’œuvre d’écriture plurielle : à la fois feuilleton au long cours et plongée hallucinée dans les ténèbres intérieures. Cette puissance d’une “mise en dialogue” généralisée, ici prise en charge par une distribution brillante, est au cœur du projet de Sylvain Creuzevault, qui poursuit son exploration (commencée en 2009 avec Notre terreur) des turbulences provoquées par l’invention moderne du politique, entre sacre de l’individu et toute-puissance du social. L’énergie de la représentation naîtra de la tension entre deux pôles : la pluralité des voix et des corps en débat ; l’intimité du sujet refermé sur ses propres penchants, et tenté par les vertiges de la mystique ou de la folie. Pour donner forme à cette tension, Creuzevault et ses amis resteront fidèles à leur processus de création : s’imprégner de connaissances, s’approprier la masse textuelle, puis “improviser, encore et toujours, jusqu’au moment où le spectacle apparaît.”

Avec : Nicolas Bouchaud (Stépane Verkhovenski), Valérie Dréville (Varvara Stavroguina, Alex Kirillova), Vladislav Galard (Nikolaï Stavroguine), Michèle Goddet (Prascovia Drozdova, La vieille, Chigaliova), Arthur Igual (Ivan Chatov), Sava Lolov (Virguinski, Fiodor et Fédka, L’évêque Tikhone), Léo-Antonin Lutinier (Liamchine, Ignate Lébiadkine, Mavriki Drozdov), Frédéric Noaille (Anton Grigorieiev, Piotr Verkhovenski, Artémi Gaganov), Amandine Pudlo (Maria Lébiadkina, Tolkatchenka, Maria Chatova), Blanche Ripoche (Daria Pavlovna, Erkeléva), Anne-Laure Tondu (Lizavéta Touchina, L’étudiante)

L'avis des critiques :

C’est pour moi le spectacle le plus intéressant que j’ai vu depuis le début de la saison. Creuzevault franchi un cap. Il éclate le texte à la manière d’un puzzle. Sur le plateau il y a un jeu extrêmement dense, intense, assez impressionnant de vitalité et d’énergie. Il y a plein d’idées, c’est intéressant et il n’assène pas, presque dans une révolution fantasmée. Marie-José Sirach

On a un mélange de toutes les idéologies qui s’entrechoquent et sont attaquées. Le personnage principal est délicieusement ambigu. Et on a un sens de la scène beaucoup plus marqué avec de belles idées. Il a ajouté à sa troupe des comédiens aguerris vraiment exceptionnels. On entend la philosophie de Dostoïevski. Philippe Chevilley

Je n’ai pas passé une très bonne soirée. Pour moi c’est un spectacle qui exclut une partie des spectateurs, un spectacle de rupture. La pièce est un peu réduite par le côté iconophile et le côté iconoclaste. Je trouve que ce spectacle est un peu un virage à prendre. Lily Bloom

Je suis resté assez extérieur au propos, je n’arrivais pas vraiment à m’intéresser à ce qu’il se faisait. Par rapport au texte, c’est compliqué pour moi d’avoir matière à penser. Dans la scène qui clôt la première partie reprise telle quelle, il y a quelque chose de théâtral qui a vraiment lieu. Pour moi ça manquait de force. Arnaud Laporte

"George Dandin ou le mari confondu" en tournée jusqu'au 7 novembre

"George Dandin" de Jean-Pierre Vincent (© Pascal Victor)
"George Dandin" de Jean-Pierre Vincent (© Pascal Victor)

D'après : Molière De : Jean-Pierre Vincent

Présentation officielle : Molière, cruel, lucide et drôle, organise en trois actes la descente aux enfers d’un paysan parvenu, victime volontaire de son ambition débordante, aux prises avec une très jeune épouse qui, avec force et détermination, revendique son désir de liberté.

Un tableau sans concession, véritable combat où les sexes et les classes sociales s'affrontent sans merci, dressé par un maître incontesté de la comédie de mœurs, mis en scène avec la férocité, la jubilation et l'élégance d'un maître de la mise en scène.

Avec : Olivia Chatain,  Gabriel Durif,  Aurélie Edeline,  Vincent Garanger,  Iannis Haillet,  Elizabeth Mazev,  Anthony Poupard,  Alain Rimoux

Prochaines dates :

  • 10 > 12 octobre : Espace des arts scène nationale, Chalon-sur-Saône
  • 17 > 18 octobre : Théâtre de Beauvaisis, Scène Nationale de l’Oise
  • 6 > 7 novembre : Le Granit Scène Nationale, Belfort

L'avis des critiques :

Quand on a est face à la mise d’un classique comme celui-là, on se dit qu’on peut très bien faire du théâtre classique moderne, pour peu qu’on ait un propos derrière. Il tire le fil féministe en montrant une Angélique sympathique. J’aime bien les seconds rôles également. C’est un spectacle qui ne révolutionne rien, mais on lui rend sa noirceur, c’est intelligent. Philippe Chevilley

Je ne m’attendais pas à trouver ici de la modernité. Mais d’un seul coup j’ai entendu un discours pré-féministe de la part d’Angélique. La modernité s’entend dans la lutte des classes et dans la guerre des sexes. On a des choses qui se mêlent ensemble, un enragement d’avoir tort quand on a raison. On entend Dandin différemment. Lily Bloom

Quand on a est face à une mise d’un classique comme celui-là, on se dit qu’on peut très bien faire du théâtre classique moderne, pour peu qu’on ait un propos derrière. Il tire le fil féministe en on montrant une Angélique sympathique. J’aime bien les seconds rôles également. C’est un spectacle qui ne révolutionne rien, mais on lui rend sa noirceur, c’est intelligent. Philippe Chevilley

>> LE COUP DE CŒUR DE PHILIPPE CHEVILLEY : "Les Enivrés", jusqu'au 21 octobre au Théâtre de la Tempête

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De : Ivan Viripaev Traduction : Tania Moguilevskaia et Gilles Morel Mise en scène : Clément Poirée

Présentation officielle : L’écrivain russe contemporain Ivan Viripaev réunit, en une soirée d’ébriété, une galerie de personnages qui nous livrent, au hasard de situations improbables et cocasses, leurs pensées sur l’existence ou sur Dieu. Mais l’ivresse transfigure, et une fois tombé le masque social, la vraie soif peut enfin se dire, celle d’un amour sans condition, dans une totale approbation de la vie. C’est loufoque et pathétique, profondément théâtral par la nature et la qualité des dialogues. Dans la lignée des personnages excessifs de Dostoïevski, l’humanité clame ici son besoin d’absolu et, tournant le dos aux obligations, se refuse à la résignation comme au ressentiment. Si Viripaev se démarque de toute logique dramatique comme de tout théâtre documentaire, c’est pour introduire, musicalement, thèmes et motifs susceptibles de déclencher une réflexion et une émotion réelles : « J’essaie d’écrire sur l’invisible, sur la réalité spirituelle cachée à nos yeux. Et malheureusement, nous sommes aveugles. » L’oeuvre nous place en ce lieu d’exubérance, de dépassement de l’individualité, de renversement à la fois violent, merveilleux, carnavalesque où se conjoignent déchéance et sublime. Les Enivrés ou la quête du Ciel dans le bas.

Avec : John Arnold, Aurélia Arto, Camille Bernon, Bruno Blairet, Camille Cobbi, Thibault Lacroix, Matthieu Marie, Mélanie Menu

Il y plein de choses baroques dans ce spectacle. La capacité à jouer l’alcool, à tenir la distance sans être ridicule, est assez surprenante. On est face à des acteurs ivres sur un plateau ivre. On s’unit derrière un metteur en scène qui communique son envie de théâtre. Philippe Chevilley

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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