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De haut en bas : "Laïka" (© Giovanni Cittadini Cési), "Songs" (© Jean-Louis Fernandez) et "je demande la route" (© Fabienne Rappenau)

Spectacle vivant : Doreen, "c’est fou tout ce qu’on a le temps de vivre en une heure"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au programme de cette Dispute spectacle vivant : "Laïka" d'Ascanio Celestini à voir sur Cutlurebox et "Songs" mis en scène par Samuel Achache. Il est également question de "Je demande la route", le one-woman show de Roukiata Ouedraogo et de "Doreen" qui fait l'objet d'un coup de cœur.

De haut en bas : "Laïka" (© Giovanni Cittadini Cési), "Songs" (© Jean-Louis Fernandez) et "je demande la route" (© Fabienne Rappenau)
De haut en bas : "Laïka" (© Giovanni Cittadini Cési), "Songs" (© Jean-Louis Fernandez) et "je demande la route" (© Fabienne Rappenau)

"Laïka" au Théâtre du Rond-Point Paris, disponible jusqu'au 21 mai sur CultureBox

De : Ascanio Celestini

Présentation officielle : Sur la scène du Théâtre du Rond-Point, l'auteur et metteur en scène Ascanio Celestini dresse un portrait acerbe mais profondément drôle et humain du prolétariat dans sa pièce "Laïka" incarnée par le comédien David Murgia au son de la voix de Yolande Moreau. 

L'histoire

Le Christ est revenu ! Il est parmi nous et observe... Depuis sa fenêtre, d'un parking ou d'un bar de banlieue, il regarde les plus démunis de son quartier. Jésus s'intéresse aux clochards, aux immigrés exploités, aux grévistes, aux prostitués, aux personnes âgées isolées. Les laissés pour compte ont un œil compatissant qui veille sur eux et la pièce de Ascanio Celestini s'assure de leur donner une voix. Une voix touchante, sensible et souvent amusante qui met l'accent avec tendresse sur les paradoxes de l'homme et les incohérences du monde dans lequel il habite.

Pourquoi Laïka ?

Laïka, c'est le nom de la chienne envoyée par les soviétiques dans l'espace et premier être vivant mis en orbitre autour de la Terre. Il s'agissait d'un chien des rues, réputé plus résistant que les chiens de race préférés par les bourgeois. Un titre de pièce qui n'est pas choisi par hasard et qui nous montre avec ironie, qu'une vagabonde nous a tous regardés de haut pendant quelques heures, dans les cieux, au plus proche de Dieu.

Avec : David Murgia et la voix de Yolande Moreau

L'avis des critiques :

On ne peut pas nier la force de l’exécution, c’est sportif, c’est fulgurant. On pourrait rapprocher ça d’une poésie performance. Je retiendrai quant au contenu cette grande bonté mystique, il remet tout le monde au même niveau dans l’univers. On a cette figure du conteur, du sage un peu délirant. J’ai quand même aussi eu l’impression d’être bloqué dans une soirée slam un peu trop lyrique. Thomas Corlin

Il y a quelque chose qui est assez symptomatique de ce spectacle, c’est la voix off de Yolande Moreau. Elle représente depuis quelques années déjà une sorte de politique du bon sentiment. Ce texte n’est pas toujours de haute volée, malgré la performance de David Murgia. Je ne crois pas qu’on se rende nécessairement au théâtre pour se réconforter et se sentir bien. Arnaud Laporte

Je trouve que c’est un spectacle qui a beaucoup de force, même si le propos est parfois un peu outrancier avec quelques lourdeurs. Ce n’est pas manichéen. David Murgia est absolument hallucinant dans ce spectacle que l’accordéon rythme en donnant de l’espace, de l’air, de la poésie. Il y a une vitalité et une tonicité qui ne sont jamais nerveuses. Anna Sigalevitch

Je pense que sur le plan formel, il est impossible de résister à ce spectacle tant sa mécanique est huilée. Même si elle est simple, cette scénographie fonctionne. Toutefois, les petites gens se trouvent nécessairement être des âmes formidables et intelligentes, qui ne pâtissent que du destin qui s’abat sur elles. Le spectacle est réduit par la métaphysique introduite en son sein, qui anéantit la force politique et sociale. Jean-Christophe Brianchon

"Songs" jusqu'au 20 janvier au Théâtre des Bouffes du Nord

"Songs" au Théâtre des Bouffes du Nord (© Jean-Louis Fernandez)
"Songs" au Théâtre des Bouffes du Nord (© Jean-Louis Fernandez)

D'après : des musiques anglaises du XVIIe siècle Mise en scène : Samuel Achache Direction musicale et orgue : Sébastien Daucé

Présentation officielle : Il faut imaginer un lieu qui ne serait pas de notre réalité. Comme une faille de notre monde, où de la musique devrait être jouée et chantée par une femme sans discontinuer. Dans cet endroit, par la musique, s'écoulent les mouvements de l'âme. Ce lieu pourrait être les archives de la mémoire, des chagrins. Un jour, arrive une autre femme. Dans la vraie vie, c'est le jour de son mariage. Samuel Achache

Avec : Lucile Richardot, Margot Alexandre, Sarah Le Picard, René Ramos-Premier, Lucile Perret, Angélique Mauillon, Mathilde Vialle, Louise Bouedo, Etienne Floutier, Thibault Roussel et Arnaud de Pasquale

L'avis des critiques :

C’est une pièce musicale qui traite de la mélancolie, de la tristesse et du rapport que les personnages entretiennent avec leurs sentiments. C’est une construction assez simple, assez didactique, mais élégamment complexifiée par l’écriture et par l’humour. La scénographie est très belle. Je trouve la musique au départ bien imbriquée avec le propos et la dramaturgie, ensuite c’est moins le cas. Jean-Christophe Brianchon

Pour moi, il y a mille interprétations possibles de ces histoires. Ce n’est pas du tout simple comme dispositif, le sens est très ouvert dès le départ et c’est une des qualités de la pièce. La première scène avec les deux sœurs est très riche. Elles jouent à remonter dans les souvenirs de leur enfance avec une complicité immédiate. Anna Sigalevitch

J’avais beaucoup aimé « Fugue » à la grande profondeur et à l’humour foutraque. J’aime beaucoup l’absurde dans les spectacles de Samuel Achache. Parfois, la façon dont musique et théâtre sont cousus m’a ici parue un peu forcée. Pour moi, la plus grande part de la réussite du spectacle repose sur Margot Alexandre. Arnaud Laporte

Je trouve ce travail assez éblouissant, il touche même parfois au sublime. Je me suis oublié dans cette pièce qui symbolise à la fois l’expérience et le ressenti. J’ai trouvé brillante l’organisation par Samuel Achache d’un espace mental qui va nous permettre de traverser plein de stades de la dépression. Il y a une suspension assez époustouflante. Cette pièce est comme un fruit à plusieurs saveurs. Thomas Corlin

"Je demande la route" jusqu'au 12 janvier au Lucernaire et jusqu'au 24 avril au Théâtre de l'Œuvre et en tournée

De : Stéphane Eliard et Roukiata Ouedraogo

Présentation officielle : Roukiata conte avec dérision et auto-dérision son parcours, riche en péripéties, qui la mène de son école primaire en Afrique aux scènes parisiennes.

Chacune de ses aventures est l'occasion d'une réflexion drôle et délicate sur les décalages culturels entre la France et l'Afrique.

Je demande la route est une traversée initiatique dans un monde de brutes. L'école n'est pas douce en Afrique pour les écoliers. L'arrivée en France est dure pour une migrante désargentée. 

Le parcours professionnel est compliqué pour une jeune africaine non diplômée.
Mais c'est en surmontant ces épreuves que la jeune fille devient une femme maîtresse de son destin. Roukiata fait, avec Je demande la route, un retour sur elle-même et souhaite offrir une belle histoire, grave et légère, à laquelle chacun peut s'identifier.

Avec : Roukiata Ouedraogo

Prochaines dates :

  • 1er février : Espace Culturel Ronny Coutteure - Festi’Ronny (Grenay)
  • 2 février : Cap Caval (Penmarch)
  • 8 février : Eden (Sénas)
  • 2 mars : Espace Pièle (Cornillon-Confoux)
  • 8 mars : Salle Gérard Philippe (Sainte Geneviève des Bois)
  • 15 mars : Sud Est Théâtre (Villeneuve Saint-Georges)
  • 25 mai : Théâtre de la Passerelle (Palaiseau)
  • (Tournée en construction - d’autres dates à venir)

L'avis des critiques :

Le mélange des genres est par moment un petit peu maladroit. Pour autant, c’est un spectacle qui m’a vraiment plu parce que j’étais très heureuse de passer 1h30 avec elle. Elle a un charme fou, elle est rayonnante en scène et fait avec ce qu’elle est. Il y a une complicité avec le publique et elle raconte son histoire avec beaucoup de légèreté et de fraîcheur, sans filtre. Anna Sigalevitch

C’est un solo autobiographique avec une scénographie très sobre, très minimaliste. C’est porté par une écriture fluide et efficace. Elle a une posture ingénue, même si on n’est pas dans un spectacle comique. Elle module beaucoup son accent selon les situations. Derrière ses sourires et ses petites blagues elle signifie qu’elle a tout à fait conscience de ce que représente la prise de parole d’une femme noire sur sa culture. Thomas Corlin

C’est un spectacle qui pâtit de son non-choix entre être un spectacle humoristique et un récit de vie. Tout dans la forme et dans le texte nous ramène à cette indécision. On comprend dès le début qu’on est dans un conte, mais on nous ramène au spectacle à sketchs des années 90. On est entre le spectacle bon enfant et le spectacle politique. Jean-Christophe Brianchon

LE COUP DE CŒUR D'ANNA SIGALEVITCH : "Doreen" de David Geselson jusqu'au 30 janvier au Théâtre de la Bastille

De : David Geselson Autour de : "Lettre à D. - Histoire d'un amour" d'André Gorz

Présentation officielle : Après deux ans de tournée, Doreen revient, nourri des émotions partagées avec son public.

Nous sommes dans le salon et l'intimité d'un couple, au milieu du désordre de leurs souvenirs et de leur dernière heure. Cela fait 58 ans qu'ils s'aiment et ce soir ils ont décidé de mourir ensemble, pour ne pas survivre à la mort de l'autre. Rendant à D. toutes ses lettres, David Geselson imagine les mots de Doreen et ceux d'André Gorz, auteur de Lettre à D. - Histoire d'un amour.
Elsa Kedadouche

Avec : David Geselson et Laure Mathis

Ils sont tous les deux absolument magnifiques. On arrive dans le salon de ce couple, on est convié dans une forme d’intimité. C’est l’histoire d’un amour qui se raconte, mais également l’histoire politique de toute une époque. C’est fou tout ce qu’on a le temps de vivre en une heure entre des moments de grande vitalité et des moments de silence. Anna Sigalevitch

Vos commentaires : 

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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