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Spectacle vivant: Le crocodile trompeur/ Didon et Énée et Les Tribulations d'une étrangère d'origine

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, c’est le spectacle vivant en présence des critiques suivants :

- Joëlle Gayot (France Culture)

  • Patrick Sourd (Les Inrocks)

  • Anna Sigalévitch (France Culture)

Sur les spectacles suivants :

Au Théâtre des Bouffes du Nord du 14 février au 3 mars.

Tournée : Du 13 au 15 novembre 2013 : Théâtre de Caen (saison hors-les-murs)Les 26 et 27 novembre 2013 : Grand Théâtre du LuxembourgLes 30 novembre et 1er décembre : Radiant Bellevue à Caluire et CuireDu 4 au 7 décembre 2013 : MC2 à Grenoble

Le crocodile trompeur
Le crocodile trompeur

*Commençons par un spectacle à l'abord mystérieux, même si on lit dans le programme quelques noms qui ont déjà attirés notre attention, au premier rang desquels celui de Judith Chemla, actrice d'exception, aussi incandescente à la scène qu'à l'écran, présentée ici comme actrice et chanteuse, entre parenthèse soprano.Le spectacle "Le crocodile trompeur / Didon et Enée", est en effet présenté comme étant d'après Didon et Enée de Purcell et d'autres matériaux.Co-signent la mise en scène de ce spectacle de Théâtre Opéra, ainsi qu'il est qualifié dans le programme, Jeanne Candel et Samuel Achache.On se souvient d'avoir croisé la première pour les créations collectives de La vie Bréve, dont un "Robert Plankett" dont il avait été dit le plus grand bien dans La Dispute, tandis que le second s'est lui aussi illustré dans un collectif, d'Ores et déjà, avec Sylvain Creuzevault, notamment pour "Notre terreur".Ca commence presque comme une conférence, donné par Florent Hubert, qui se révélera un très bon clarinettiste, une conférence un brin loufoque, sur la musicologie, mais qui dérive bien vite vers le phénomène des sphères, et autres bizarreries physiques.Tout cela débute devant un pauvre rideau fait d'une grande bâche, devant laquelle se déroulera la première partie du spectacle, des musiciens en habit venant jouer de la musique, mais aussi jouer de situations totalement loufoques, comme l'exploration d'un corps humain par des médecins anglophones, le corps en question se trouvant être celui de Didon, Reine de Carthage.Arrivé à ce stade de mon explication, j'imagine que certains auditeurs doivent être un peu circonspects. Quid de Purcell?Et bien justement, il arrive, quand même, et il reviendra quelques fois, notamment par la voix, l'incroyable voix de soprano de Judith Chemla, l'ancienne pensionnaire de la Comédie Française, qui aurait tout à fait sa place dans des productions lyriques, sa performance dans ce "Crocodile trompeur" pourrait en effet être l'occasion pour quelques metteurs en scène d'opéra d'avoir la riche idée de l'engager. Car la qualité de sa voix est enrichie par la qualité de son jeu. Alors que le spectacle ne s'y prête pas forcément, car il y a tant de choses drôles que certaines ou certains dans le public, en pleurent, mais des larmes aussi coulent sur les joues de Judith Chemla, cette reine de Carthage dont l'amour naissant avec le bel Enée s'avère un amour impossible. Et cette souffrance, l'actrice et chanteuse la transmet aussi.Du rire, des larmes, du théâtre, de la musique. On a déjà là les ingrédients d'une belle soirée, et il faut ajouter que Jeanne Candel et Samuel Achache, le tandem qui signe la mise en scène, fourmillent d'idées à chaque instant, qu'il y a dix fois plus de propositions dans ce seul spectacle que dans 95% des spectacles que nous voyons.En même temps, ce pourrait être une pente dangereuse, que celle de vouloir à tout prix chercher des effets à chaque instants, de proposer des trouvailles à tout bout de champ, mais ils ont su trouver le bon équilibre, pour que le spectacle soit une surprise continue, mais en permettant à chaque séquence de jeu ou de chant d'exister, pleinement, le temps juste.*

Arnaud Laporte

au Théâtre Ouvert du 12 février au 1er mars.

Elizabeth Mazev
Elizabeth Mazev

C’est à Théâtre Ouvert, cité Véron, à Paris, que l’on retrouve une comédienne que j'adore, Elizabeth Mazev, qui est aussi auteur à ses heures, même si sa production n'est guère prolifique.On la retrouve ici avec un texte autobiographique, intitulé "Mémoire pleine", publié aux Solitaires Intempestifs, l'excellente maison d'édition dirigée par François Berreur, qui signe par ailleurs la mise en scène de ce spectacle, dont le titre est « Les tribulations d’une étrangère d’origine ».Autobiographique, oui, car ce sont les souvenirs de la petite Lili, dès l'âge de quatre ans, qui sont la colonne vertébrale de ce spectacle, dont le sujet est la Bulgarie, pays dont sont originaires les parents de la comédienne, mais pays où elle-même n'a jamais vécu.De sa petite enfance jusqu'à sa vie d'adulte et même de mère de famille, c'est par le prisme bulgare qu'Elizabeth Mazev nous raconte sa quête identitaire.

Arnaud Laporte

Les coups de cœurs :

Joëlle Gayot:

- Ita L. née Goldfeld , texte d'Eric Zanetacci avec une mise de Julie Lopes Curval et Hélène Vincent actuellement au Théâtre du Petit Saint Martin.

Hélène Vincent
Hélène Vincent

Hélène Vincent est seule sur le plateau au milieu d'un décor des plus sommaires. C'est une actrice rare dont la présence en scène relève du miracle. Miracle mis au service de la transmission d'une mémoire qui nous est commune, celle de la Shoah. Hélène Vincent est bouleversante.

La dernière tentation d'Arnaud Laporte:

- L'Opéra Platée , de Rameau, mis en scène par François Raffinot à l'Opéra Royal de Versailles le 17, 19 et 22 février.

Platée
Platée

Allez voir "Platée" de Rameau, à l'Opéra Royal de Versailles!Je vous le conseille sans l'avoir encore vu, ce qui est rare, mais la première était hier.Je ne pourrais donc rien vous dire de la mise en scène de François Raffinot.Par contre, je peux presque garantir que musicalement, cette production vaut le détour, et pour plusieurs raisons évidentes.D'abord l'ouvrage est vraiment merveilleux, drôle et brillant.Dans la fosse, Jean-Claude Malgoire, à la tête de l'ensemble qu'il a créé en 1966 : la grande écurie et la chambre du roy, avec qui il a remis au goût du jour tout un pan du répertoire baroque.Cette production fait également appel à l'ensemble vocal de l'atelier lyrique de Tourcoing, un atelier lui aussi créé par le chef d'orchestre, en 1981, et avec lequel il mène un travail exceptionnelle.Sur scène, un habitué du rôle titre, le ténor et haute contre écossais Paul Agnew, qui a brillé notamment dans ce rôle de grenouille dans la mise en scène de Laurent Pelly.Aux côtés de cette star confirmée, l'étoile française montante, la jeune Sabine Devieilhe, qui fut une irrésistible Lakmé à Montpellier voici quelques mois, et qui reprendra d'ailleurs ce rôle, hélas dans une autre mise en scène, prochainement à Paris.Sabine Devieilhe est nommée dans la catégorie espoirs aux Victoires de la Musique Classique, et nous menons campagne pour elle dans cette émission.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d’Antoine Guillot: "Bataille de Nez"

Et le coup de fil de Seham Boutata passé au metteur en scène David Géry , pour la pièce Fahrenheit 451 , de Ray Bradbury présentée à la Scène Nationale de Sénart du 19 au 23 février.

Pastille introductive : Jean-Marie BESSET.

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