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Spectacle vivant: Le Misanthrope et Chassez le naturel...

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir La Dispute s’intéresse au spectacle vivant en présence des critiques suivants :

  • Joëlle Gayot (France Culture)

- Anna Sigalévitch (France Culture)

- Didier Méreuze (La Croix)

Seront abordés les spectacles suivants :

- Le Misanthrope de Molière mis en scène par Jean-François Sivadier au Théâtre de l'Odéon du 22 mai au 29 juin.

Le Misanthrope
Le Misanthrope

Nous ouvrons cette Dispute en nous rendant à l’Odéon Théâtre de l’Europe, dans sa salle historique du 6ème arrdt de Paris, une salle plus jeune d’une bonne centaine d’années que la pièce qui s’y joue en ce moment : « Le misanthrope », de Molière. C’est Jean-François Sivadier qui signe la mise en scène.On retrouve sur le plateau nombre de ses comédiens habituels, Nicolas Bouchaud et Norah Krief en tête, mais aussi une nouvelle venue, Christèle Tual.Rappelons que l’on découvre au tout début de la pièce Alceste en grande conversation avec son ami, Philinte.Alceste proclame qu’il hait l'humanité tout entière, que l'hypocrisie, la couardise et la compromission ambiante le révulsent. Mais il pourtant amoureux de Célimène, coquette et médisante, participant pleinement de ce monde qu’Alceste dénonce.Pourra-t-il lui faire entendre raison, et l’amener dans le camp de la vertu et de la probité, contre celui des apparences et des flatteries ? La partie parait difficile pour Alceste…

Pour l’amateur habitué du théâtre, cette pièce recèle bien des richesses.On rappelle que Molière l’écrit dans la foulée du scandale provoqué par Tartuffe, interdite par le Roi, sous la pression des dévots.Le Misanthrope est écrit en même temps que Molière écrit une nouvelle version de son Tartuffe, qui pourrait passer la censure.Et l’on voit bien comment le scandale Tartuffe contamine le Misanthrope, puisque Alceste dénonce de façon très violente les mœurs des courtisans, le mensonge comme art de vivre. Mais Alceste est faible. Ce n’est pas Timon d’Athènes, et son projet de retraite n’a rien à voir avec celui du héros shakespearien.Ce faisant, la pièce interroge aussi la question de l’acteur et de son rôle, dans une forme de mis en abime qui est renforcée, ici, par les partis-pris de Sivadier, les interrogations qui sont les siennes dans chaque spectacle : qu’est-ce que jouer ? qu’est-ce que cela signifie d’être sur un plateau ? qu’est-ce qu’une représentation ?Et c’est aussi cela que pointe Alceste, qui ne veut pas, littéralement, jouer la comédie.

Arnaud Laporte

- Chassez le naturel... de Jacques Bonnaffé, Jonas chéreau avec des textes de Jean-Cristophe Bailly et Jean-Jacques Rousseau du 14 mai au 9 juin au théâtre de la Bastille.

Chassez le naturel...
Chassez le naturel... Crédits : Radio France

C'est au théâtre de la Bastille, à Paris, que l'on peut découvrir un nouveau spectacle signée du duo artistique formé par le comédien Jacques Bonnaffé et le danseur Jonas Chéreau.Nouveau, ou presque, puisque l’on peut dire qu’il s’agit plutôt d’un deuxième état d’un spectacle précédent, « Nature aime à se cacher », déjà présenté au Théâtre de la Bastille, à l’automne 2011, après avoir fait partie du programme « Sujets à vif », coproduction du Festival d’Avignon et la SACD. Petit rappel sur le programme « Sujets à vif », qui passe commande à un artiste, le laissant libre de choisir avec qui il ou elle veut collaborer, pour aboutir à une forme au départ courte, mais dans le souci de faire se rencontrer des disciplines différentes. Musicien, comédien, danseur, artiste du cirque, de multiples combinaisons sont possibles. « Nature aime à se cacher » se présentait donc comme un propos dansé par Jacques Bonnaffé avec Jonas Chéreau à partir du texte « Le visible est le caché », de Jean-Christophe Bailly.Depuis, les deux artistes ont continué à travailler ce matériau, et y agréger, par collages, d’autres éléments, notamment un prologue qui doit beaucoup à Jean-Jacques Rousseau.

Celles et ceux de nos auditeurs qui sont familiers de l’œuvre de Jean-Christophe Bailly savent que dans les livres de cet auteur on trouve autant de philosophie que de poésie, qu’on s’y promène dans de nombreux paysages, et que les animaux y occupent une part très importante.Bonnaffé ne cache d’ailleurs pas que la raison première de ce spectacle, pour lui, est de faire entendre ce qu’écrit JC Bailly, et que c’est en soi une raison suffisante pour aller voir ce spectacle. Je confirme.

Arnaud Laporte

Ainsi que les coups de cœurs :

  • de Joëlle Gayot :

Maria Casares, une actrice de rupture de Florence M. Forsythe (Actes Sud, série Le Temps du Théâtre)

Maria Casares, une actrice de rupture
Maria Casares, une actrice de rupture

- de **Didier Méreuze : **

L'après-midi d'un foehn de Phia Ménard avec la compagnie Non Nova au Théâtre Montfort du 21 mai au 8 juin

et en complicité avec le Centquatre du 11 au 15 juin.

L’après-midi d’un foehn
L’après-midi d’un foehn

Sans oublier l’irremplaçable revue de presse culturelle d’Antoine Guillot.

Et le coup de fil passé à Jean Joël Le Chapelain, directeur de l'Apostrophe, scène nationale de Cergy-Pontoise, au sujet du spectacle Hand Storie s de Yeung Faï qui sera joué le vendredi 14 et le samedi 15 juin à l'Apostrophe dans le cadre du Cycle Théâtre et Politique.

Pastille introductive : Michel FAU

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