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en haut : "La Ménagerie de verre" (© Pascal Gély), en bas : le diptyque de Simon Abkarian (© Antoine Agoudjian)

Spectacle vivant : "C'est flamboyant, grandiloquent, pêchu… et couillu"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute consacrée au spectacle vivant : Le Petit Salon de Lucile Commeaux : "Est-il encore possible de monter un Racine ?", le diptyque de Simon Abkarian : "Le dernier jour du jeûne" et "L'envol des cigognes", et enfin "La ménagerie de verre" mis en scène par Charlotte Rondelez.

en haut : "La Ménagerie de verre" (© Pascal Gély), en bas : le diptyque de Simon Abkarian (© Antoine Agoudjian)
en haut : "La Ménagerie de verre" (© Pascal Gély), en bas : le diptyque de Simon Abkarian (© Antoine Agoudjian)

Le Petit Salon de Lucile Commeaux : "Est-il encore possible de monter un Racine ?"

L'avis des critiques :

Pas facile d’affronter Racine quand on est metteur en scène. Est-ce que Racine est voué à se cantonner au petit classique de l’école ? Lucile Commeaux

On a l’impression que pour dire le contemporain, les metteurs en scène préfèrent Shakespeare. Les grands problèmes sont entre autres : l’incarnation, le côté un peu trop parfait dans l’équilibre des tragédies, cette musique qui est un peu rébarbative. Philippe Chevilley

Le sens vient de la poésie même des vers. Le sens doit provenir de la musicalité des choses, par l'alchimie mystérieuse des sons, des phrases, des mots. C’est en cela pour moi que Racine est unique. Fabienne Pascaud

"Le dernier jour du jeûne" et "L'envol des cigognes" jusqu'au 14 octobre au Théâtre du Soleil

Ecrit et mis en scène par : Simon Abkarian

Présentation officielle :

Le Dernier Jour du jeûne et L’Envol des cigognes tissent, sous forme de diptyque, le fil d’une fabrique des mythes pour raconter l’histoire méditerranéenne d’une même famille ballottée entre guerre et exil sur une période de dix ans.

"Le dernier jour du jeûne" : À travers cette tragi-comédie de quartier, Simon Abkarian célèbre ses racines méditerranéennes et rend hommage au théâtre de la Grèce antique. Dans cette fresque contemporaine, (première partie indépendante du diptyque) les femmes jouent un rôle de premier plan. Elles ne veulent plus subir l’enclos de la tradition et c’est en se heurtant à un patriarcat millénaire qu’elles forcent la porte de leur destin. C’est en affûtant leur langue qu’elles croisent le fer avec les hommes et font trembler l’ordre établi jusque dans ses fondements. Les discussions sont âpres et ardentes, les images fleuries et les sentiments extrêmes. Le printemps est à portée de main. Mais un terrible secret pèse sur le quartier. Qui le mettra à jour ? Qui donnera à la vérité les ailes de son émancipation ? Les femmes.

Avec : Simon Abkarian, Ariane Ascaride, David Ayala, Assaâd Bouab, Pauline Caupenne, Délia Espinat Dief, Marie Fabre, Océane Mozas, Chloé Réjon, Catherine Schaub-Abkarian, Igor Skreblin.

"Le dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian (© Antoine Agoudjian)
"Le dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian (© Antoine Agoudjian)

"L'envol des cigognes" : C’est la même famille, le même quartier dix ans plus tard. Dans leur maison, la guerre est entrée comme par effraction. La ville agonise sous ses propres décombres. Les rêves de jeunesse ne sont plus que cendres. Les uns restent et meurent d’autres fuient et se perdent dans l’exil. Ici, il est question de survie. C’est le quotidien qui n’offre plus aucun espoir à cette famille déjà rompue à l’adversité. Pourtant l’humour est le dernier à déposer les armes. La pénurie règne sans partage. Mais on rit. Tout fait défaut. L’eau, le pain, le tabac, le sucre, le café, l’électricité mais aussi les vertus qui font de l’humain un être digne de son titre. Sous un ciel en lambeaux, la ville s’est muée en un vaste marché où tout s’échange et se troque. Un paquet de cigarettes contre une saucisse, une bière contre un baiser, une vie épargnée contre une conscience, une danse contre une mort, certains rêvent de paix et de justice, d’autres de terrain de golf et d’autres encore ne rêvent plus de rien. Pendant que les hommes sont occupés à se détruire les femmes continuent de célébrer ce qu’il reste de ce paradis perdu.

Avec : Simon Abkarian, Maral Abkarian, Ariane Ascaride, Serge Avédikian, Assaâd Bouab, Pauline Caupenne, Laurent Clauwaert, Délia Espinat Dief, Marie Fabre, Victor Fradet, Eric Leconte, Eliot Maurel, Océane Mozas, Chloé Réjon, Catherine Schaub-Abkarian, Igor Skreblin.

"L'envol des cigognes" de Simon Abkarian (© Antoine Agoudjian)
"L'envol des cigognes" de Simon Abkarian (© Antoine Agoudjian)

L'avis des critiques :

C’est très impressionnant comme projet. J’ai eu du mal au début à rentrer dans ce langage fleuri. Il y a quand même des passages extrêmement lyriques et des effets de répétition dans ce théâtre qui m’épuisent un peu. Lucile Commeaux

On a le sentiment d'un théâtre qui nous est offert avec générosité. J'ai eu un moment de faiblesse au début de la deuxième partie, dont le début est un peu laborieux avec plus de naïveté. Mais on est pris par cette histoire et par ces comédiens. Philippe Chevilley

Il mélange une histoire familiale qui pourrait être celle d’une série avec de la tragédie antique. C’est tellement bien joué qu’on entre dans cette famille. C’est fleuri, claudélien. C’est flamboyant, grandiloquent, pêchu… et couillu. Fabienne Pascaud

"La ménagerie de verre" actuellement au Théâtre de Poche-Montparnasse

"La Ménagerie de verre" de Tennesse Williams, mis en scène par Charlotte Rondelez
"La Ménagerie de verre" de Tennesse Williams, mis en scène par Charlotte Rondelez

De : Tennesse Williams Mise en scène : Charlotte Rondelez

Traduction de : Isabelle Famchon

Présentation officielle :

À Saint-Louis, en pleine tourmente des années 1930, on découvre l’équilibre fragile d’une famille, dont le père s’est volatilisé. La mère Amanda, et ses deux enfants, Tom et Laura sont tels des funambules, refusant le vide, l’espoir en balancier et le point d’équilibre accroché à leurs rêves.

Cet équilibre bascule lorsque Tom, à la demande pressante d’Amanda, invite un galant pour Laura : un employé de l’entrepôt, Jim. Le temps d’une soirée, les rêves prennent vie, les fantômes ressurgissent et la réalité s’immisce, alors que, pourtant, on ne l’avait pas invitée.

Il s’agit probablement de la pièce la plus émouvante de Tennessee Williams. Premier succès public du dramaturge, il y a mis beaucoup de lui-même. Elle narre l’histoire d’une famille au plus profond de ses sentiments, de ses conflits, des joies et des peines qui la traversent.

Avec : Cristiana Reali, Ophélia Kolb, Charles Templon et Félix Beaupérin.

L'avis des critiques :

J’ai été agréablement surpris. C’est assez biscornu, [Charlotte Rondelez] va utiliser des effets vidéos, de lumières. Sans que cela soit très appuyé, on a une atmosphère onirique permettant de créer un décalage et d’éviter le pathos. Philippe Chevilley

Cette pièce raconte une mémoire trouée. On est dans le domaine du rêve, de la réminiscence et du regret. Pour moi il y a trop de réalisme dans une mise en scène trop incarnée. C’est trop vrai. Les comédiens pour autant sont formidables. Fabienne Pascaud

J’ai été assez soufflée par le jeu des acteurs, que je trouve vraiment très bons dans l’interprétation des personnages. Ce petit salon produit un effet d’étouffement total. Je trouve que l’espace rend parfaitement la tristesse de la pièce. Lucile Commeaux

>> LE COUP DE COEUR DE FABIENNE PASCAUD : "De si tendres liens" de Loleh Bellon, mis en scène par Laurence Renn Penel, jusqu’au 20 octobre au Lucernaire

C’est une succession d’instants, d’impressions, de souvenirs… C’est une histoire proustienne, mais du côté des femmes et des filles. Il y a des scènes d’une cruauté qui peuvent détruire une vie entière et en même temps, tant de tendresse. Fabienne Pascaud

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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