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en haut : "La Dame aux Camélias" (© Philippe Chancel), en bas : "Western" (© Jean-Louis Fernandez)

Spectacle vivant : "Il aurait dû aller au bout de son théâtre musical"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute spectacle vivant : un Petit Salon de Lucile Commeaux, mais aussi "La Dame aux Camélias" mis en scène par Arthur Nauzyciel, "Western" mis en scène par Mathieu Bauer et "Campana" du Cirque Trottola.

en haut : "La Dame aux Camélias" (© Philippe Chancel), en bas : "Western" (© Jean-Louis Fernandez)
en haut : "La Dame aux Camélias" (© Philippe Chancel), en bas : "Western" (© Jean-Louis Fernandez)

Le Petit Salon de Lucile Commeaux : "Après l’ouverture de la Scala à Paris : quoi de neuf dans le théâtre privé ?"

L'avis des critiques :

Économiquement c’est un sacré pari, la Scala repose exclusivement sur des fonds privés. Un animal bizarre donc, dans le monde du spectacle vivant. Alors pour vous, de quoi cette Scala est-elle le signe ? Lucile Commeaux

On a un phénomène qui a l’air d’être une tendance de fond. On aurait d’un côté le désinvestissement du secteur public dans le théâtre vivant, de l'autre un investissement nouveau du privé. On assiste à l’irruption de très gros acteurs sur ce marché-là, avec un modèle économique vertical. On est face à une question irrésolue. La stagnation et le manque d’élan politique en faveur de la création, conduit à l’implication de grandes entreprises dans le spectacle vivant. René Solis

Dans l’absolu c’est très bien d’avoir un théâtre qui ouvre. Ici, il se déploie avec de grandes déclarations et du storytelling en connexion avec le parcours, les origines et les aspirations des nouveaux propriétaires. C’est comme si la majorité des journalistes s’était laissée berner, ou avait prolongé ce discours-là. Caroline Châtelet

"La Dame aux Camélias", jusqu'au 21 octobre aux Gémeaux, Scène Nationale de Sceaux, puis en tournée

"La Dame aux Camélias" (© Philippe Chancel)
"La Dame aux Camélias" (© Philippe Chancel)

D'après : Alexandre Dumas fils Mise en scène : Arthur Nauzyciel

Présentation officielle : C’est le récit d’un drame amoureux, celui d’un jeune bourgeois Armand Duval, subjugué par la beauté de Marguerite Gautier, courtisane.

C’est un récit hanté par ce qui a été, ce qui aurait pu être. Dans cet espace ambigu entre vérité et mensonge, réalité et illusion, Arthur Nauzyciel a souhaité mettre en scène La Dame aux camélias sans pathos, avec âpreté même, pour en faire émerger des dimensions parfois masquées : la place de l’argent dans les rapports d’oppression et de soumission entre les hommes et les femmes ; la dimension triviale du dialogue derrière un langage fleuri et romantique ; comment une classe sociale, la bourgeoisie de l’époque (le Second Empire), a conçu pour ses propres divertissements cette machine infernale, la marchandisation du corps et en même temps sa moralisation. Où l’on retrouve un Dumas fils, au complexe roman familial, tour à tour défenseur des filles perdues et pourfendeur de la dissolution des mœurs. Par la force sensuelle et poétique de son écriture scénique, Arthur Nauzyciel ouvre ainsi des espaces pour donner voix aux absents, corps aux disparus.

Avec : Pierre Baux, Océane Caïraty, Pascal Cervo, Guillaume Costanza, Marie-Sophie Ferdane, Mounir Margoum, Joana Preiss et Hedi Zada

Prochaines dates : 

  • 11 > 21 octobre : Les Gémeaux, Scène Nationale de Sceaux
  • 28 > 29 novembre : La Comédie de Valence
  • 04 > 05 décembre : La Comédie de Reims – CDN
  • 11 > 13 décembre : La Comédie de Clermont-Ferrand, Scène nationale
  • 16 > 17 décembre : Le Parvis – Scène Nationale Tarbes-Pyrénées
  • 22 > 25 janvier : Lyon, Théâtre des Célestins
  • 31 janvier > 02 février : Théâtre National de Nice
  • 13 > 15 mars : Théâtre Vidy-Lausanne
  • 20 > 21 mars : Comédie de Caen – CDN
  • 28 mars > 04 avril : Théâtre National de Strasbourg
  • 18 > 19 avril : Nouvelle scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise
  • 10 > 11 mai : TANDEM, Scène nationale Arras-Douai
  • 17 > 18 mai : La Criée – Théâtre National de Marseille 17 05 – 18 05 2019

L'avis des critiques :

Je trouve que c’est un très beau roman et c’est résolument le roman qui prime dans l’adaptation. En entrant dans la salle, on est face à un rideau de tulle rouge. Le décor donne une impression de porno chic qui m’a fait énormément peur au premier abord. Pendant la première heure j’ai été égarée. C’est toutefois un spectacle totalement antiromantique et du point de vue politique, de ce que cela raconte de la société, est passionnant. Lucile Commeaux

Ce n’est pas une œuvre sur laquelle il y a tant de choses à chercher aujourd’hui. D’un point de vue littéraire cela reste un mélo. Cette question des corps demeure très intéressante. Ce qui m’a intéressé dans ce spectacle, c’est la façon dont on peut y donner corps aujourd’hui. Il y a beaucoup de tableaux de groupe et d’étreintes dans une sorte de lenteur et de mouvement chorégraphié très réussi. René Solis

L’histoire pivot dans La Dame aux Camélias est celle de la pièce de théâtre. Le roman offre une vision plus âpre, une critique de la société. C’est vraiment un montage qui est pour moi fin et intelligent et qui se déroule dans une forme de beauté pure aussi bien formelle qu’esthétique. Les personnages sont dans un monde de la jouissance à la douceur perpétuelle. C’est un monde complètement fermé sur lui-même, sur la satisfaction de ses désirs. Caroline Châtelet

Western, jusqu'au 26 octobre dans le diptyque "Une Nuit américaine" au Nouveau Théâtre de Montreuil - CDN

"Western" (© Jean-Louis Fernandez)
"Western" (© Jean-Louis Fernandez)

D'après : André De Toth Mise en scène : Mathieu Bauer 

Présentation officielle : Dans un village montagneux du Wyoming, enfoncé dans la neige et coupé du monde, l’éleveur Blaise Starret s’oppose farouchement à des fermiers qui prévoient d’installer des barbelés autour de leurs terres, consacrant ainsi la naissance, au pays des grands espaces, de la propriété privée. L’arrivée soudaine de sept bandits pourchassés par les autorités, commandés par un certain Jack Bruhn, fait taire les hostilités et contraint fermiers et éleveurs à s’unir contre le danger. Blaise Starret imagine un piège susceptible d’égarer Jack Bruhn et ses hors la-loi.

Jugé enfantin et parfois méprisé, le western opère admirablement le pont entre un cinéma populaire et un cinéma plus intellectuel. Il dégage, quand il est hissé au niveau des plus grands, une force inouïe, proche de la tragédie. Tourné en 1959 par celui qu’on surnommait "le quatrième borgne d’Hollywood", La Chevauchée des bannis est de ceux-là. Le film nous promène à travers trois parties qui se succèdent, en changeant de cap, sans crier gare, opérant de stupéfiantes bifurcations. Il entraîne le spectateur plus avant, dans la tension d’un scénario qui met en jeu et dissèque à merveille les rapports tendus d’une communauté en prise aux formes de violences qu’elle génère ou qu’elle subit.

Le film La Chevauchée des bannis est traversé par les grandes thématiques du western qui, pour la plupart — et fortes de l’influence des États-Unis sur nos sociétés — sont à l’origine d’un monde dans lequel nous vivons encore. Je pense à l’opposition entre individu et collectivité, à la naissance de la propriété privée et de la loi, à la légitimité de l’usage de la violence, à l’omniprésence d’un certain ordre moral, à la place des femmes dans des rapports dictés par la virilité, à la conquête de nouveaux territoires, ou encore à la construction d’une ville et par extension à l’organisation de nos sociétés. (...)

Avec : Eléonore Auzou-Connes, Clément Barthelet,Romain Darrieu, Rémi Fortin, Johanna Hess, Emma Liégeois, Thalia Otmanetelba, Romain Pageard, Maud Pougeoise et Adrien Serre

Prochaines dates : 

  • 9 novembre : Scène nationale de Sète
  • 17 > 18 janvier : Théâtre du Gymnase, Marseille (Western)
  • 19 janvier : Théâtre du Gymnase, Marseille
  • 24 > 26 janvier : Théâtre de la Croix Rousse, Lyon
  • 1er janvier : Scène Nationale de Belfort
  • 12 > 13 mars : Comédie de Clermont-Ferrand

L'avis des critiques :

La complexité des rapports sociaux, de tout ce qui se joue est inouïe. J’étais extrêmement content d’entendre cela. Le public était d’ailleurs scotché par l’histoire. La question que je me suis posée est celle du rapport à la musique de Mathieu Bauer. Pour moi il aurait dû aller au bout de son théâtre musical et pourquoi pas commander un opéra contemporain. René Solis

Je pense que la piste principale est de dialoguer avec le film et le genre même du western. L’écart induit par le changement de medium nous est rappelé. Plutôt que de prétendre ou d’imiter, il assume l’artifice et le jeu perpétuel avec les moyens théâtral. Tous les signes extérieurs du western sont ramenés à leur plus grande simplicité, comme un concentré. Pour moi les micros disent aussi la facticité de ce monde-là. Caroline Châtelet

En voyant ce spectacle, je voyais bien ce qu’il voulait faire en questionnant ce que ce genre-là pouvait produire au théâtre. Si on prend la question du micro à la main et du haut-parleur en bandoulière, il y a quelque chose qui ne marche pas. Ce n’est pas vraiment un gag, mais quelque chose de gênant. On a peut-être l’idée de retrouver une forme de VF d’époque. Arnaud Laporte

Je pense que la piste principale est de dialoguer avec le film et le genre même du western. L’écart induit par le changement de medium nous est rappelé. Plutôt que de prétendre ou d’imiter, il assume l’artifice et le jeu perpétuel avec les moyens théâtral. Tous les signes extérieurs du western sont ramenés à leur plus grande simplicité, comme un concentré. Pour moi, les micros disent aussi la facticité de ce monde-là. Caroline Châtelet

>> LE COUP DE CŒUR DE CAROLINE CHATELET : "Campana" du cirque Trottola, en tournée jusqu'au 4 juin 2019

De : Bonaventure & Titoune

Présentation officielle : Quand le cercle est là, les êtres avec l’œil et le cœur sont là, coude à coude, regardent le geste, écoutent le silence, le claquement du bruit, le verbe, la musique, alors… Alors on tente, nous tous, en rond, avec l’acrobate, le clown, le salto, l’apesanteur, le danger, de tordre la réalité, de la repousser, de la braver pour qu’apparaisse, juste un instant, l’étincelle dans l’œil qui soudain devine l’incommensurable : le cirque.

Alors, avec une tente, quelques cordes sur un violon, un tambour, une musique au galop, avec nos mains, nos regards, nos os, du très haut aux bas-fonds, du trapèze à la main rattrapée, de l’étonnante pirouette aux maladroites prouesses, avec soulier verni ou pas, avec bousculades et glissades ridicules, avec instants suspendus, accolades, disparitions, rôle à jouer et à déjouer, avec une sacrée énergie, et une envie de rire, de surprendre, avec tout cela nous allons « sonner La Campana »… Bonaventure & Titoune, créateurs et artistes du Cirque Trottola

Prochaines dates : 

  • 9 > 24 octobre : Les Deux Scènes, Besançon
  • 23 novembre > 15 décembre : Le Centquatre, Paris
  • 6 > 10 février : Festival les Elancés, Istres
  • 19 > 23 février : Théâtre Molière – Scène Nationale Archipel de Thau, Sète
  • 9 > 13 mars : Festival Spring, Elbeuf
  • 23 > 27 mars : Villes en Scène et Festival Spring, Villedieu-les-Pôeles
  • 3 > 10 mai : Les Quinconces – L’Espal – Scène Nationale, Le Mans
  • 29 mai > 4 juin : Le Sillon, Clermont-l’Hérault
  • Plus de dates...

Dans un monde qui est plongé dans la semi pénombre, les numéros s'enchaînent. Leurs gestes et leurs paroles disent l'angoisse du temps qui passe. Le spectacle fait référence à d'autres œuvres et à d'autres artistes, mais aussi à l'enfance, avec une fragilité inquiète. Caroline Châtelet

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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