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"La Vie de Galilée" © Vincent Pontet, "Dans ma chambre" © Christophe Raynaud de Lage

Spectacle vivant : Dans ma chambre "un one-man-show efficace sur le sexe et la solitude"

56 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute dédiée au spectacle vivant : "La Vie de Galilée" à la Comédie Française et "Dans ma chambre" au Théâtre du Petit Saint-Martin. Enfin, un Petit Salon de Lucile Commeaux et un coup de coeur de Thomas Corlin consacré à "£¥€$".

"La Vie de Galilée" © Vincent Pontet, "Dans ma chambre" © Christophe Raynaud de Lage
"La Vie de Galilée" © Vincent Pontet, "Dans ma chambre" © Christophe Raynaud de Lage

"La Vie de Galilée" jusqu'au 25 juillet à la Comédie Française (Richelieu)

"La vie de Galilée" © Vincent Pontet, coll. Comédie-Française
"La vie de Galilée" © Vincent Pontet, coll. Comédie-Française

De : Bertolt Brecht     Mise en scène : Éric Ruf

Présentation officielle : Près de trente ans après la dernière mise en scène qui marqua l’entrée au Répertoire de « La Vie de Galilée », Éric Ruf s’intéresse à cette parole sur la nécessité fondamentale du doute.

« Aujourd’hui, 10 janvier 1610, l’humanité inscrit dans son journal : ciel aboli » : accompagné d’un enfant, le mathématicien Galilée observe à la lunette le firmament. Dix ans auparavant, le philosophe Giordano Bruno a été brûlé à Rome pour avoir soutenu l’idée d’un univers infini et sans centre, sur la base des travaux de Copernic. À force d’observations et de calculs, Galilée cherche des preuves à son hypothèse d’un système cosmique où la Terre est « un corps céleste ordinaire, un parmi des milliers ». De Padoue à Venise, le mathématicien ébranle des certitudes en affrontant la puissance d’une Église qui souhaite maintenir son pouvoir absolu dans les «sphères de cristal» où Ptolémée a jusque-là enfermé le monde. Si les découvertes de Galilée sur l’astronomie et la physique passionnent le peuple, le savant les abjurera sous la menace de la torture. L’Inquisition aura eu raison de lui, non de sa science.

L'avis des critiques : 

Un spectacle d’un bel académisme emmené avec brio par Hervé Pierre (…) J’aime le traitement que fait Eric Ruf du texte que je n’ai pas souvent vu monter de la sorte. Anna Sigalevitch

Une lecture respectueuse d’un texte de la Comédie-Française et un texte d’une puissance toujours renouvelée. (…) Toutefois, je ne comprends pas le choix d’avoir voulu insister sur le côté bon vivant de Galilée qui est déjà dans le texte. Le travail de ce personnage est un peu binaire. Thomas Corlin

J’ai trouvé que le spectacle posait assez peu de questions. Je n’ai pas entendu la complexité du texte. Il ne prenait pas de relief dans la mise en scène. Il y a quelque chose qui fait écran à une efficacité brechtienne. Lucile Commeaux

"Dans ma chambre" à partir du 25 mai au Théâtre du Petit Saint-Martin

"Dans ma chambre" © Christophe Raynaud de Lage
"Dans ma chambre" © Christophe Raynaud de Lage

D'après le roman de Guillaume Dustan     Mise en scène : Hugues Jourdain

Présentation officielle : « J’ai été assez négatif sur le thème de l’art, j’ai dit que l’art, je m’en foutais. Le gros con mondain m’a demandé : Et qu’est-ce qui t’intéresse alors ? Ce qui m’intéresse, c’est la baise du siècle. »

La chambre de Dustan est mon théâtre. Un théâtre du corps, de la liberté, de l’exploration de soi-même et de ses propres limites. Le temps m’est compté, et je suis seul. Pour tout expérimenter. Tout éprouver. Et traverser cet amour manqué.
Un seul en scène sur l'incapacité à être seul, sur le désir de vivre, libre, vite, et fort.

Interdit aux moins de 16 ans

L'avis des critiques : 

Un one-man-show très efficace sur le sexe et la solitude qui relève le défi d’adapter un texte assez radical. (...) Entre la simplicité de la forme et la personnalité du comédien, Hugues Jourdain trouve le ton juste. La fragilité ou la légèreté de l’interprétation font la force de la pièce. Thomas Corlin 

C’est un spectacle étonnant. Hugues Jourdain évite tous les écueils qui pourraient avoir lieu car il ne cherche pas à coller l’image provocatrice et désagréable de Guillaume Dustan et qui ne cherche pas non plus à le réhabiliter. Là est toute l’intelligence. Anna Sigalevitch 

En prenant ce texte par le biais de l’émotion, Hugues Jourdain m’a fait entendre des choses que je n’avais pas lu dans le texte et qui est la structure classique de roman d’initiation amoureuse. Cette manière de la rendre sensible et lyrique est très belle. Lucile Commeaux

Je ne suis pas touché par l‘écriture de Guillaume Dustan mais je suis impressionné par la maîtrise et la virtuosité d’Hugues Jourdain. Sa façon de tenir la scène est extrêmement impressionnante. Arnaud Laporte 

LE COUP DE COEUR DE THOMAS CORLIN : "£¥€$" de la compagnie Ontroerend Goed du 5 au 14 juillet au Festival d'Avignon 

Portrait © Eva Vermandel
Portrait © Eva Vermandel

Présentation officielle : Fondée en 1994 à Gand, la compagnie flamande Ontroerend Goed dont Alexander Devriendt est le directeur artistique, écrit et produit des spectacles. où chaque contributeur devient « co-propriétaire » de l'oeuvre, toujours à la lisière du théâtre et de la performance. Incisives, imprévisibles et souvent interactives, leurs créations, qui tournent dans le monde entier, A Game of You, Fight Night, Are we not drawn onward to new erA... questionnent la place et les rapports des individus dans nos sociétés. Ontroerend Goed est invitée pour la première fois au Festival d'Avignon.

Autant par le dispositif que dans le jeu délibérément équivoque des performers, c’est une proposition maligne et efficace qui provoque des réactions qui en disent long. Thomas Corlin

LE PETIT SALON DE LUCILE COMMEAUX : "Existe-t-il encore de la subversion sur les scènes de théâtre ?"

La Casa de la Fuerza © Christophe Raynaud de Lage
La Casa de la Fuerza © Christophe Raynaud de Lage

L'avis des critiques : 

Il faut distinguer subversion et provocation. Tandis que la provocation déstabilise le spectateur et ne génère pas de pensée, la subversion doit générer une réflexion de fond.  Il est très rare que que la subversion m'ait troublée dans ma vie de spectatrice. Mais je l'ai été en voyant le premier spectacle d'Angelica Liddell, "La casa della fuerza", qui a créé une sorte de séisme en moi. Il y a également Roméo Castellucci, un metteur en scène qui cumule selon moi subversion et provocation. Anna Sigalevitch

Cela fait partie des missions du théâtre public de représenter une certaine forme de critique du pouvoir en place. D'un des point de vue des mœurs, il est aujourd’hui difficile de choquer quelqu'un.  La dernière chose qui peut encore choquer est la forme théâtrale elle-même. Thomas Corlin

En opéra, il y a eu beaucoup de productions notamment sous la direction de Gérard Mortier qui étaient sifflées à leur première et qui sont devenues en quatre ou cinq ans des productions applaudies par le même type de public. La subversion ne dure jamais très longtemps. Arnaud Laporte 

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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